L'album ne commence pas par un morceau mais par une intro. Pourquoi
ce choix ?
Robb : Nous voulions vraiment commencer cet album par quelque chose
d'incroyable, de spectaculaire. Nous avons pensé que nous avions
créé un album énorme et spectaculaire, et nous
voulions une intro qui pourrait annoncer l'ensemble de l'album comme
tel. Quelque chose qui sonnerait "épique". Des gens
nous ont dit que lorsqu'ils entendaient ça, ils se représentaient
un écran géant avec les mots "Machine Head : sortie
prochainement" et ça m'a fait plaisir !
On peut même dire qu'il y a deux intros à cet album,
puisque le premier morceau démarre lui-même par les riffs
que vous jouiez en intro de vos concerts ?
Robb : On fait cette intro depuis si longtemps que je me suis dit
: "arrête d'être paresseux et fais-en une chanson".
Robb, sur plusieurs morceaux tu as un chant rap, ce qui n'est pas
nouveau pour toi, puisque tu l'as déjà fait auparavant. Peux-tu nous expliquer ta passion pour le rap ?
Robb : Ce n'est pas une passion, c'est juste un style de musique que
j'aime et que j'ai toujours aimé. Pour la plupart, les fans
de Machine Head savent qu'il y a toujours eu un élément
hip-hop et pour moi, c'est une progression naturelle tout en gardant
les mêmes bases. Si les gens n'aiment pas, que puis-je y faire
? On ne peut pas satisfaire tout le monde et d'ailleurs on ne plaira
jamais à tout le monde. On énerve pas mal de gens et
c'est bien aussi.
Ahrues, est-ce que tu aimes le rap aussi ?
Ahrues : Oui, mais je ne suis pas aussi fan de rap que Robb. J'aime
pas mal de choses et je pense que c'est de la bonne musique : j'aime
le rythme, le beat ; etc, c'est cool.
Pourquoi avoir choisi d'appeler l'album The Burning Red ? Ça
rappelle le titre du premier album Burn my Eyes.
Ahrues : Burn my Eyes et The Burning Red ont des sens très
différents : le rouge est la couleur de la colère, du
sang, et d'un autre côté, c'est aussi la couleur de l'amour,
du désir, de la passion. Cet album représente les deux
extrêmes : des choses très belles tout autant que des
choses brutales et choquantes. C'est la couleur rouge qui résume
le mieux ces deux aspects : elle concentre les deux extrêmes,
tout comme l'album. The Burning Red signifie que c'est encore plus
intense, c'est la couleur rouge puissance 10.
Robb : L'adjectif "burning" est un plus pour intensifier
le "rouge".
Vous avez hésité à inclure le morceau The
Burning Red sur l'album. Aviez-vous peur que les gens pensent que
vous aviez vendu votre âme au diable de la musique commerciale
?
Robb : Nous avons vendu notre âme au diable de la musique commerciale,
ou nous avons simplement vendu notre âme au diable ! (rires)
Pour te dire la vérité, on ne se soucie pas de l'avis
des gens à ce sujet. Si tu penses que nous sommes vendus, pense
ce que tu veux. Pour nous, c'est juste une très bonne chanson.
Honnêtement c'est la chanson que j'ai le plus hésitée
à mettre sur l'album, parce qu'elle est si douce, et c'est
ce morceau qui fait de l'album un chef-d'uvre.
Est-ce que c'est difficile pour vous aux Etats-Unis ?
Robb : En fait, le marché américain est meilleur que
jamais en ce moment pour la musique rock. C'est en train de devenir
énorme aux States, et ce, pour la première fois depuis
quatre ou cinq ans. C'est vraiment cool, c'est un très bon
moment pour être Machine Head.
Est-ce que vous pensez que Ozzy est à l'origine de ce renouveau
du metal au Etats-Unis ?
Robb : Bien sûr, il y a beaucoup contribué. Personne
ne peut nier que c'est la tournée la plus grosse et la plus
vendeuse de ces deux dernières années, plus énorme
que le Lollapalooza, et même que le Lillith Fair ! C'est la
preuve que même si la presse mainstream ne se sentait pas concernée,
les fans, eux, le sont.
Les vocaux mélodiques sont plus développés
cette fois-ci. Comment les as-tu travaillés ?
Robb : Vendre son âme au diable, ça aide beaucoup ! (rires)
Le principal était que je ne me soucie pas vraiment de certaines
choses dans mon esprit et que je laisse venir naturellement. Ne pas
me soucier de ce que pensent les gens et continuer à avancer.
C'est la différence principale. Ce n'est pas que je ne pouvais
pas le faire avant, j'avais juste choisi de ne pas le faire. Cette
fois, je me suis dit "je vais faire ça" et si ça
dérange quelqu'un, je m'en fous.
A propos des paroles, je sais qu'elles sont importantes pour toi.
Est-ce que tu les écris avant la musique, ou inversement ?
Robb : Parfois, mais 9 fois sur 10 j'écris les paroles après.
La musique m'inspire les paroles. Par exemple, pour Ten Ton Hammer,
j'ai écrit les paroles avant mais je ne trouve pas de morceau
pour lequel ça s'est passé ainsi sur cet album.
Peux-tu nous décrire les thèmes principaux abordés
sur cet album ?
Robb : Ça concerne beaucoup moins ce qui se passe autour de
nous, c'est beaucoup plus personnel.
Comme sur les deux premiers albums ?
Robb : A mon avis les deux premiers albums traitaient plus les thèmes
d'actualité, ils parlaient de choses que j'avais vues, quelles
qu'elles soient, c'était des commentaires urbains. Cet album
est beaucoup plus personnel.
Personne d'autre dans le groupe n'écrit de textes ?
Robb : Non, j'écris tous les textes.
Pourquoi ?
Robb : Parce que je suis égocentrique ! (rires) non, en fait
je pense que si je vais chanter, je dois me sentir concerné
par les textes et je me sens plus concerné si je les écris.
Je tiens compte des autres quand j'écris, nous avons des morceaux
écrits en groupe.
Que représente pour vous Police et pourquoi avoir repris
Message in a Bottle ?
Robb : Nous l'avons repris principalement pour étonner les
gens. La plupart des gens s'attendaient à ce que Machine Head
reprenne un morceau punk-rock ou un morceau de Slayer par exemple,
et on adore ça, mais personne ne s'attendait à une reprise
de Police et ça avait un certain intérêt pour
nous parce qu'on les aime. Je pense aussi qu'on devait faire des changements
et marquer la différence avec beaucoup de ces groupes qui copient
notre style, et donc faire ressortir notre différence pour
surprendre tout le monde. Ne vous habituez pas trop à ce qu'on
fait car vous allez devoir vous attendre à l'inattendu et c'est
ce qu'on a réussi à faire : rester devant tous ces autres
groupes.
Quand pensez-vous tourner en Europe ?
Robb : Je crois que notre manager a dit que l'on tournerait en Europe
en octobre ou novembre.
Avez-vous déjà joué avec le nouveau line-up
?
Ahrues : Nous avons fait deux concerts : un sous le nom Ten Ton Hammer,
qui a été mon premier concert, et un autre avec le nom
de Machine Head. Beaucoup de gens qui ont vu le concert de Machine
Head sont venus me voir et m'ont dit que c'était le meilleur
concert de leur vie. Pas juste le meilleur concert de Machine Head
mais le meilleur concert de leur vie.
Interview
réalisé par Johann
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