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Mark Leialoha©


 

Machine Head

Machine Head est de retour avec une machine à broyer vos habitudes en matière de metal. Pour leur troisième bombe The Burning Red (Roadrunner/Sony) le groupe enfonce le clou de la perfection, attention accrochage immédiat. D'un Desire To Fire d'une impeccable vélocité à la reprise de Message in a Bottle de Police, Machine Head est de retour.

L'album ne commence pas par un morceau mais par une intro. Pourquoi ce choix ?
Robb : Nous voulions vraiment commencer cet album par quelque chose d'incroyable, de spectaculaire. Nous avons pensé que nous avions créé un album énorme et spectaculaire, et nous voulions une intro qui pourrait annoncer l'ensemble de l'album comme tel. Quelque chose qui sonnerait "épique". Des gens nous ont dit que lorsqu'ils entendaient ça, ils se représentaient un écran géant avec les mots "Machine Head : sortie prochainement" et ça m'a fait plaisir !
On peut même dire qu'il y a deux intros à cet album, puisque le premier morceau démarre lui-même par les riffs que vous jouiez en intro de vos concerts ?
Robb : On fait cette intro depuis si longtemps que je me suis dit : "arrête d'être paresseux et fais-en une chanson".
Robb, sur plusieurs morceaux tu as un chant rap, ce qui n'est pas nouveau pour toi, puisque tu l'as déjà fait auparavant. Peux-tu nous expliquer ta passion pour le rap ?
Robb : Ce n'est pas une passion, c'est juste un style de musique que j'aime et que j'ai toujours aimé. Pour la plupart, les fans de Machine Head savent qu'il y a toujours eu un élément hip-hop et pour moi, c'est une progression naturelle tout en gardant les mêmes bases. Si les gens n'aiment pas, que puis-je y faire ? On ne peut pas satisfaire tout le monde et d'ailleurs on ne plaira jamais à tout le monde. On énerve pas mal de gens et c'est bien aussi.
Ahrues, est-ce que tu aimes le rap aussi ?
Ahrues : Oui, mais je ne suis pas aussi fan de rap que Robb. J'aime pas mal de choses et je pense que c'est de la bonne musique : j'aime le rythme, le beat ; etc, c'est cool.
Pourquoi avoir choisi d'appeler l'album The Burning Red ? Ça rappelle le titre du premier album Burn my Eyes.
Ahrues : Burn my Eyes et The Burning Red ont des sens très différents : le rouge est la couleur de la colère, du sang, et d'un autre côté, c'est aussi la couleur de l'amour, du désir, de la passion. Cet album représente les deux extrêmes : des choses très belles tout autant que des choses brutales et choquantes. C'est la couleur rouge qui résume le mieux ces deux aspects : elle concentre les deux extrêmes, tout comme l'album. The Burning Red signifie que c'est encore plus intense, c'est la couleur rouge puissance 10.
Robb : L'adjectif "burning" est un plus pour intensifier le "rouge".
Vous avez hésité à inclure le morceau The Burning Red sur l'album. Aviez-vous peur que les gens pensent que vous aviez vendu votre âme au diable de la musique commerciale ?
Robb : Nous avons vendu notre âme au diable de la musique commerciale, ou nous avons simplement vendu notre âme au diable ! (rires) Pour te dire la vérité, on ne se soucie pas de l'avis des gens à ce sujet. Si tu penses que nous sommes vendus, pense ce que tu veux. Pour nous, c'est juste une très bonne chanson. Honnêtement c'est la chanson que j'ai le plus hésitée à mettre sur l'album, parce qu'elle est si douce, et c'est ce morceau qui fait de l'album un chef-d'œuvre.
Est-ce que c'est difficile pour vous aux Etats-Unis ?
Robb : En fait, le marché américain est meilleur que jamais en ce moment pour la musique rock. C'est en train de devenir énorme aux States, et ce, pour la première fois depuis quatre ou cinq ans. C'est vraiment cool, c'est un très bon moment pour être Machine Head.
Est-ce que vous pensez que Ozzy est à l'origine de ce renouveau du metal au Etats-Unis ?
Robb : Bien sûr, il y a beaucoup contribué. Personne ne peut nier que c'est la tournée la plus grosse et la plus vendeuse de ces deux dernières années, plus énorme que le Lollapalooza, et même que le Lillith Fair ! C'est la preuve que même si la presse mainstream ne se sentait pas concernée, les fans, eux, le sont.
Les vocaux mélodiques sont plus développés cette fois-ci. Comment les as-tu travaillés ?
Robb : Vendre son âme au diable, ça aide beaucoup ! (rires) Le principal était que je ne me soucie pas vraiment de certaines choses dans mon esprit et que je laisse venir naturellement. Ne pas me soucier de ce que pensent les gens et continuer à avancer. C'est la différence principale. Ce n'est pas que je ne pouvais pas le faire avant, j'avais juste choisi de ne pas le faire. Cette fois, je me suis dit "je vais faire ça" et si ça dérange quelqu'un, je m'en fous.
A propos des paroles, je sais qu'elles sont importantes pour toi. Est-ce que tu les écris avant la musique, ou inversement ?
Robb : Parfois, mais 9 fois sur 10 j'écris les paroles après. La musique m'inspire les paroles. Par exemple, pour Ten Ton Hammer, j'ai écrit les paroles avant mais je ne trouve pas de morceau pour lequel ça s'est passé ainsi sur cet album.
Peux-tu nous décrire les thèmes principaux abordés sur cet album ?
Robb : Ça concerne beaucoup moins ce qui se passe autour de nous, c'est beaucoup plus personnel.
Comme sur les deux premiers albums ?
Robb : A mon avis les deux premiers albums traitaient plus les thèmes d'actualité, ils parlaient de choses que j'avais vues, quelles qu'elles soient, c'était des commentaires urbains. Cet album est beaucoup plus personnel.
Personne d'autre dans le groupe n'écrit de textes ?
Robb : Non, j'écris tous les textes.
Pourquoi ?
Robb : Parce que je suis égocentrique ! (rires) non, en fait je pense que si je vais chanter, je dois me sentir concerné par les textes et je me sens plus concerné si je les écris. Je tiens compte des autres quand j'écris, nous avons des morceaux écrits en groupe.
Que représente pour vous Police et pourquoi avoir repris Message in a Bottle ?
Robb : Nous l'avons repris principalement pour étonner les gens. La plupart des gens s'attendaient à ce que Machine Head reprenne un morceau punk-rock ou un morceau de Slayer par exemple, et on adore ça, mais personne ne s'attendait à une reprise de Police et ça avait un certain intérêt pour nous parce qu'on les aime. Je pense aussi qu'on devait faire des changements et marquer la différence avec beaucoup de ces groupes qui copient notre style, et donc faire ressortir notre différence pour surprendre tout le monde. Ne vous habituez pas trop à ce qu'on fait car vous allez devoir vous attendre à l'inattendu et c'est ce qu'on a réussi à faire : rester devant tous ces autres groupes.
Quand pensez-vous tourner en Europe ?
Robb : Je crois que notre manager a dit que l'on tournerait en Europe en octobre ou novembre.
Avez-vous déjà joué avec le nouveau line-up ?
Ahrues : Nous avons fait deux concerts : un sous le nom Ten Ton Hammer, qui a été mon premier concert, et un autre avec le nom de Machine Head. Beaucoup de gens qui ont vu le concert de Machine Head sont venus me voir et m'ont dit que c'était le meilleur concert de leur vie. Pas juste le meilleur concert de Machine Head mais le meilleur concert de leur vie.

Interview réalisé par Johann