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Sang d'Encre
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DECEMBRE
N°44
Keiichi Tahara
Internet outil démocratique |
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Caroloine Vernyère©
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Abou
Lagraa
KRAFT,
Cie La Baraka
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Le
public la surtout découvert lors de la dernière
Biennale de la Danse, à Lyon. Violatus était cette dernière
création dont émergeait quelque chose de nouveau, comme
de lindicible et pourtant si présent. Quelque chose que
lon attendait au détour des spectacles dans la danse en
France. Sans aucun doute une écriture chorégraphique nouvelle
et qui va se poser, espérons-le, autour de ce jeune chorégraphe.
Il le dit lui même, une des forces de Violatus sappuyait
sur son instinct chorégraphique. Kraft est au contraire, une
mise à nu qui lui apprend la construction, lui demande plus de
réflexion. Avec Kraft, Abou Lagraa commence à comprendre
Si cette pièce na rien à voir avec le propos de
Violatus, il demeure quand même une constante, en filigrane, dans
lesprit et la vie du chorégraphe, à savoir limportance
de la relation aux autres, dêtre avec les autres et la solitude
aussi qui, loin de nous éloigner doit nous aider à la
tolérance pour mieux retrouver le monde
KRAFT, cest un mot allemand ?
Cest exact, Kraft signifie force en allemand, cest la force
des êtres qui simpose dans un espace. Cette force est matérialisée
sur scène par un socle métallique, un cercle qui dégage
de lénergie, une énergie qui vient aussi de la chorégraphie.
Ce socle est sur le milieu de la scène durant tout le spectacle
car javais envie dun rapport nouveau à la mise en
scène, quelque chose qui diffère du mouvement .
Vous avez construit le spectacle sur deux parties ?
Oui, la première partie se trouve dans un état durgence,
la partie du chacun pour soi qui vient sexprimer dans le cercle.
Les danseurs ne se touchent pas, ils nont pas de contact. On est
plus dans labstrait, là où les danseurs sont eux-mêmes
de lénergie. Une énergie qui se dégage à
lintérieur ou à lextérieur. La deuxième
partie est plus poétique plus charnelle, les corps se touchent
et se trouvent. Le mouvement est plus rond, plus en périphérie.
Tout cela pour dire que le fondamental pour moi cest dêtre
ensemble, avec les autres, de ne surtout pas loublier et de ne
pas se laisser envahir par une société trop matérielle,
trop technologique qui nous empêcherait de communiquer. Dans le
spectacle, cest donc le métal qui représente ce
matérialisme. Lénergie quil sen dégage
peut être froide mais les rencontres la transforment.
Une dernière question à propos dun mot que lon
emploie souvent, lénergie cest quoi pour
vous ?
Une sphère qui maintient notre corps vivant. Dans un cercle,
on tourne, on vit. On ne tourne pas en rond, on va à linfini.
Martine
Pullara
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