JANVIER
N°23
Abou Lagraa
Géraldine Bénichou
Samuel Hercule
Laurent Vercelletto
FEVRIER N°24
Louis Sclavis
Elliott Sharp
Nicolas Ramond
MARS
N°25
Frida Kahlo
AVRIL
N°26
Têtes
Raides
Rachid Taha
Tortoise
Henri Texier
Pez Ner
MAI
N°27
Dick
Annegarn
Burning Heads
Fred
Frith
Sur les pistes du travail
JUIN
N°28/29
NTM
Sur les routes de lArt contemporain
Turak
SEPTEMBRE
N°30
8ème Biennale de la Danse
Abou Lagraa
Borah Bergman
Pascal Comelade
Carla Bley
Noël Akchoté
OCTOBRE
N°31
Zebda
World Press Photo 98
Virginie Despentes
Sixteen Horsepower
NOVEMBRE
N°32
Denis Plassard
Casse Pipe
Dror Endeweld
Jean-Bernard Pouy
Sloy
DECEMBRE
N°33
Observatoire international des prisons
Lhasa
Mad's Collectif
Cirque Plume |
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Tortoise
La
conviction d'avoir raison
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Lorsque
la peur de rester incompris vous ronge, la tentation de s'enfermer un
peu plus sur soi est trop grande. Face au non-choix apparent de la consommation
culturelle de masse et à la violence du matraquage consensuel,
la colère et le dépit semblent être les dernières
ressources. De quoi faire jubiler tous ceux qui pensent que la qualité
se mesure au chiffre d'affaire engrangé et finalement leur donner
raison. Si l'avant-garde (toutes les "avant-gardes") fait
peur, c'est parce qu'elle juge à la mesure d'ellemême ce
qui lui déplaît et préfère rester incomprise.
Malheureusement la démarche, l'exploration et l'en-avant d'une
personnalité différemment créative ne pèsent
pas lourd face à l'argument économique qui justifierait
tous les succès. Ecoutez-moi, j'existe! L'existence, ça
se mérite... répondrait le premier grossiste venu en musiques
lyophilisées. Et ici comme ailleurs, l'idée du mérite
est désespérément la même. Que reste-t-il
alors à cette contre culture, à cet autrement ? La conviction
d'avoir raison suffit-elle pour résoudre tous les problèmes,
toutes les difficultés ? J'aurais bien aimé répondre
oui, si la crainte d'écraser par mégarde mon voisin ne
me poursuivait. D'ailleurs, je ne crois pas que l'on puisse imposer
(quel vilain mot) des idées nouvelles en un jour, et faire des
reproches aux millions de lyonnais qui risquent de bouder le concert
de Tortoise, friserait l'injustice caractérisée.
Il ne me reste qu'à vous inciter à vous rendre le 20 avril
prochain au Pez ner pour voir et écouter Tortoise, figure emblématique
d'un courant qualifié par certains de "post rock",
mais qui au-delà de toutes les étiquettes et au gré
d'une instrumentation originale et d'un traitement du son immédiatement
reconnaissable, a su faire et refaire ce que beaucoup ont oublié
: de la musique instrumentale sans être cinématographique,
de la musique simple mais rigoureuse, de l'émotion mais sans
pathos. La magie de quelques individus réunis autour d'une belle
idée. Leur troisième album TNT est disponible depuis début
mars et démontre une nouvelle fois toute l'étrangeté
dont la musique de Tortoise est capable mais possède aussi ce
caractère immédiatement compréhensible (universel
?) qui fait toute la valeur du groupe. En première partie : Isotope
217, petits frères des susnommés présentant une
version plus jazzy listening de ce son manufacturé à Chicago
et qui aujourd'hui influence tant de monde.
Guillaume
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