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Fred Chapotat©

 

Têtes Raides
Que les têtes tombent

Après le fabuleux Bout du Toit et une tournée mémorable, les Têtes Raides chamboulent tout sur un dernier album en forme de jeu de massacre plus proche de l'énergie des débuts. Deux semaines de résidence à Bourg en Bresse pour rôder tout ça. Entretien avec Christian, la tête des Têtes.

Vous venez juste de boucler le septième album. Chambouletou, ça correspond à quoi ?
A la volonté de changer certaines choses. On tire sur les "Têtes" un peu comme aux jeux de massacre de la fête foraine. C'est-à-dire qu'on fait tout tomber et on recommence, musiques et textes.
Concrètement ?
Certains musiciens essaient d'autres instruments. Anne-Gaël qui joue du violoncelle, s'est mise au violon et à la contrebasse. Serge, le guitariste, au piano et au banjo. On a rajouté des percus et beaucoup plus de cuivres. Dans l'esprit, après Le Bout du Toit, on a surtout voulu retrouver une énergie plus proche des débuts.
Les textes ?
Plus de dérision, plus de distance. Ils restent liés au présent tout en étant intemporels.
Des chamboulements dans le groupe ?
Un seul changement depuis Le Bout du Toit. Scott, le trompettiste/accordéoniste est parti faire une carrière solo. Il a été remplacé par Edith la sœur de Serge au tuba, au trombone, à l'orgue et au piano. On reste à sept.
Pour rôder tout ça, troisième résidence à Bourg en Bresse du 1er au 13 avril. Pourquoi et pour quoi faire ?
C'est un endroit où on a passé des moments super autant avec les gens qui nous ont accueillis que ceux qu'on connaissait sur place. A Bourg, on va préparer les prochains spectacles, remettre toutes les lumières à plat, bosser les musiques... Je ne sais pas si on aura le temps de faire autre chose.
Aujourd'hui, dans quelle mouvance se situeraient les Têtes ? Est-ce que vous avez l'impression d'être devenus une référence pour tous les groupes à qui l'on vous compare ?
La référence, c'est une histoire de calendrier. Il y a douze ans qu'on existe, on était les premiers. Au début, on nous a étiqueté "chanson française", puis "chanson réaliste", puis "chanson surréaliste"... Aujourd'hui, c'est vrai que la période bouge, que d'autres groupes comme la Tordue, les Casse-Pipes ou Edgar de l'Est se retrouvent dans cet univers particulier. Beaucoup de choses nous rapprochent : le fait d'être des groupes de scène et d'accorder une place essentielle aux textes. On se situe dans cette mouvance-là.
Le Bout du Toit s'est vendu à 30 000 exemplaires. Malgré la critique et un bouche-à-oreille très favorables, difficile de toucher le "grand public"...
Le problème est que notre son ne passe pas en radio. La FM correspond à une certaine oreille et à ce niveau, il y a encore du travail à faire ! On sait aussi que les achats de disques sont déterminés par un public jeune qui n'est pas forcément le nôtre. Mais il y a une nette évolution, vers l'élargissement de ce public. Le mouvement existe et tant qu'il y a mouvement, ça reste intéressant.

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