A l'occasion de la sortie de son nouveau disque Diwân, Rachid
Taha vient à St Etienne pour un concert qui s'annonce haut en
couleur, mélangeant plein de rythmes et de styles orientaux.
"Sur scène, on est sept, c'est un vrai groupe. Depuis
que j'ai commencé à faire de la musique, j'avais envie
de faire un disque de reprises et j'ai eu la possibilité de le
faire l'année dernière. L'idée principale, c'est
de faire partager certaines choses que je connais et que d'autres ne
connaissent pas. Faire le point par rapport à la musique raï.
On ne sait pas que dans la musique nord-africaine il y a plein de tendances,
il y a de nombreuses choses. (Ndlr : Comme si la France se réduisait
à la musette, ah les médiats !). Quand j'ai fait ce disque-là,
j'avais envie de partager mes souvenirs, ou bien mes désirs.
Comment j'ai appris la musique arabe ou maghrébine ? Moi, j'ai
un souvenir assez particulier. C'est peut-être une manière
assez politique de le dire, mais quand mon père rentrait le soir
à la maison, il écoutait de la musique. Ce n'était
pas par un pick-up ou une chaîne stéréo, il cherchait
les stations qui diffusaient des programmes en arabe. Cela faisait des
bruits et tout... Cela me rappelait la France quand elle était
occupée, elle cherchait la voix de la résistance, la voix
de Londres. Effectivement c'est ce souvenir-là que j'ai. A croire
que mon père ou ma mère cherchaient une voix qui leur
disait : vous pouvez rentrer chez vous, il y a du travail et revenez
de l'exil ! Cela m'a un peu rapproché de cette histoire et cela
peut avoir un rapport politique."
Propos
recueillis par Ben Saglio