ARCHIVES
1998

JANVIER N°23
Abou Lagraa
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Samuel Hercule
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FEVRIER N°24
Louis Sclavis
Elliott Sharp
Nicolas Ramond

MARS N°25
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AVRIL N°26
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MAI N°27
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JUIN N°28/29
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Sur les routes de l’Art contemporain
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SEPTEMBRE N°30
8ème Biennale de la Danse
Abou Lagraa
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OCTOBRE N°31
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Sloy

DECEMBRE N°33
Observatoire international des prisons
Lhasa
Mad's Collectif
Cirque Plume

  FEVRIER N°24  


Charlotte et Cie©

 

Elliott Sharp

Souvenir, il y a un peu plus d’un an, c’était les débuts du Pez ner et un journal peu regardant annonçait déjà la venue d’Elliott Sharp (E#). Le 25 fevrier, ce rêve (on peut probablement rêver de ce qu’on ne connaît pas... et dans ce cas ce serait plutôt un cauchemar) sera bien réel. E# jouera en solo en première partie du Matt Darriau’s Paradox Trio, oui en première partie, il est donc conseillé de malmener nos chères traditions et venir avant 23h (21h sur le programme).Ce serait trop bête de rater ce musicien sans équivalents, sorte de Nosferatu high tech vampirisant les sons à l’aide de sa guitare et de trois tonnes d’effets. Un déluge sonore qu’on prend droit dans l’estomac. Si E# a joué, improvisé avec toute la scène new yorkaise, Zorn & co, il dépasse largement ce cadre (capable d’enregistrer des albums de blues étonnants par exemple). Soirée réservée donc, d’autant que Matt Darriau devrait poursuivre sur un autre registre (jazz contemporain new yorkais joyeux, tendance balkanique,(cf 491 no6) et réchauffer les cœurs.

Ton premier concert à Lyon c’était déjà en solo en 93, coincé entre les Deity Guns et les Cop Shoop Cop et devant un public rock qui découvrait ta musique. Ce genre de public c’était nouveau pour toi ?
J’ai beaucoup aimé ce concert et ce public de Lyon. J’ai commencé à faire du rock très jeune, en 66, en jouant des chansons des Yardbirds et des Rolling Stones, et plus tard de nombreux groupes psychédéliques. Puis, j’ai été impliqué dans les débuts du hardcore à NYC en 81 avec mes groupes I/S/M, The HiSherriffs Of Blue & Crazy Hearts, donc cette scène n’a rien de nouveau pour moi.
Pour le Pez ner, quelque chose est prévu ?
Ce sera mon projet solo Tectonics avec mon portable lançant des séquences et des samples et ma guitare basse 8 cordes au traitement électronique. Quelques éléments figurent sur mon nouveau CD Tectonics : Field & Stream
J’adore l’album solo Sferics en hommage à Sonny Sharrock.
Sonny Sharrock fut très tôt une inspiration (je l’ai entendu pour la première fois en 68 avec Herbie Mann), je l’ai rencontré à NYC en 81, nous sommes devenus amis et nous avons collaboré de nombreuses fois.
C’est pour moi le guitariste historique du Free Jazz, mais quand je pense à E# c’est plutôt l’ambient ou la techno. Que penses-tu de ces courants maintenant reconnus ?
Enfant, je pensais devenir scientifique et j’ai commencé à travailler avec les ordinateurs très jeune. Mon implication avec divers types de musiques électroniques remonte à peu près à la même époque où je commençais la guitare (à travers l’utilisation d’effets et de feedback). J’ai toujours senti une affinité pour l’emploi de l’électronique et je suis un des premiers fans de techno & acidhouse. Jungle & Drum’n bass m’ont énormément passionné -c’est la première grande innovation rythmique depuis longtemps ! Atavistic va sortir une sélection de mes musiques faites par ordinateur entre 86 et 89, ARC3 : Cyberpunk & the virtual stance, qui regroupe des morceaux de mes enregistrements Virtual Stance & Looppool I plus des inédits.
Utilises-tu toujours la suite de Fibonacci (0,1,2,3,5,8,13,21....) pour t’accorder, et penses-tu que maths et musique sont liées ?
Maintenant j’utilise quelquefois la suite de Fibonacci comme un outil structurel mais ça a surtout changé ma façon d’entendre, d’accorder, de composer depuis l’époque où je m’en servais abondamment donc je l’intègre inconsciemment, et c’est pareil pour mes travaux avec les fractales ou la théorie du chaos. Maths et musique sont où ne sont peut-être pas profondément liées, cela dépend de quels aspects et de quels types de musiques tu parles.
Au Pez ner, tu joueras avant le groupe de Matt Darriau dont quelques membres ont travaillé avec toi...
J’ai fait un duo chez Tzadik, Revenge of the stuttering child avec le poète juif-iraqien Ronny Someck et on y retrouve le percussionniste Saido Salisoski. Le violoncelliste Rufus Capadocia a joué dans l’Orchestra Carbon  (Rheo~Umbra disponible en février chez zOaR).
On a pu faire cette interview grâce à internet, tu l’utilises beaucoup ? certains y voient un danger...
Cela fait 8 ans maintenant que j’utilise internet. C’est très utile pour les communications, pour le travail et pour le plaisir (c’est aussi parfois une grande perte de temps !). Qu’est-ce qui est dangereux ? la nouveauté effraie toujours les esprits étroits.

Propos recueillis par Vincent Domeyne (merci à Luc)