ARCHIVES
1998

JANVIER N°23
Abou Lagraa
Géraldine Bénichou
Samuel Hercule
Laurent Vercelletto

FEVRIER N°24
Louis Sclavis
Elliott Sharp
Nicolas Ramond

MARS N°25
Frida Kahlo

AVRIL N°26
Têtes Raides
Rachid Taha
Tortoise
Henri Texier
Pez Ner

MAI N°27
Dick Annegarn
Burning Heads
Fred Frith…
Sur les pistes du travail

JUIN N°28/29
NTM
Sur les routes de l’Art contemporain
Turak

SEPTEMBRE N°30
8ème Biennale de la Danse
Abou Lagraa
Borah Bergman
Pascal Comelade
Carla Bley
Noël Akchoté

OCTOBRE N°31
Zebda
World Press Photo 98
Virginie Despentes
Sixteen Horsepower

NOVEMBRE N°32
Denis Plassard
Casse Pipe
Dror Endeweld
Jean-Bernard Pouy
Sloy

DECEMBRE N°33
Observatoire international des prisons
Lhasa
Mad's Collectif
Cirque Plume

  AVRIL N°26  

Le Pez ner
Aujourd'hui et demain


Après 16 mois de suractivité, où en est l'aventure Pez ner. Le point avec Christophe pour essayer de comprendre de l'intérieur.

Bilan confondu
Le bilan est mitigé surtout par rapport à l'idée de départ de faire une salle spécialisée. Un lieu vraiment atypique très marqué artistiquement. Nous nous devions de prendre des risques au niveau de la programmation, c'était le moyen de légitimer notre action, entériner le projet culturel à l'origine du Pez ner. Mitigé parce que le public n'a pas toujours été au rendez-vous. Du monde pour Elliot Sharp, mais pas spécialement pour Oxbow, Alboth ou Goz Of Kermeur... Nous avons donc dû freiner les concerts Pez ner. A contrario, l'ouverture de la salle à d'autres musiques (via les locations et les coproductions) a contribué au fait que tous les publics (dub, pop, etc) se retrouvent ponctuellement au Pez ner. Chaque asso "motive ses troupes". A l'arrivée, ces collaborations et l'éclectisme musical qui en découle sont bénéfiques pour la salle. Il reste que la programmation doit rester cohérente et a priori c'est le cas. Sinon en chiffres, le Pez ner, c'est 10 000 adhérents l'an dernier, un chiffre d'affaire assez important et surtout un auto-financement supérieur à 80 %. Le décalage réside dans le fait qu'il ne génère pas encore d'emplois à plein-temps et considérant la masse de travail que fournit l'équipe, sa compétence accrue et la professionnalisation comme finalité, ce problème est primordial. L'opportunité pourra venir des nouvelles propositions Aubry, ces emplois jeunes qui devraient permettre certaines prises en charge à 100 %.
Communication et interaction
Le ton du Pez ner donné par Marie-Claire est vraiment "rentre dedans". S'il ne fait pas l'unanimité au sein de l'équipe, il reste bénéfique car il suscite obligatoirement des réactions... Pour ce qui est de l'édito de mars, qu'en est-il ? Depuis 16 mois, nous avons posé les bases d'une communication aussi avec des relais accessibles à tous comme 491. Le fait est que l'on espérait mieux au niveau de la curiosité des gens. La missive de Marie-Claire est avant tout un message personnel aux adhérents via le mailing. L'idée est d'aller chercher les gens chez eux. Le coup de gueule est ponctuel et "C'est une question d'éthique d'être en colère" (dixit Marie-Claire).
Rechercher la réaction du public c'est réaffirmer les bases d'une interaction essentielle. Il n'y a pas de barrières au Pez ner, ce n'est surtout pas un quelconque lieu de consommation, les gens sont invités à participer, à discuter. C'est cela qui est sous-jacent au message.

Demain, autrement
Il y a un projet à terme d'agrandissement du Pez ner : au niveau du type de lieu et non pas comme une simple augmentation de la capacité de la salle. Nous avons actuellement une configuration typée salle de rock qui parfois nous joue des tours (circulation interne). Le gain de place devra aussi permettre à un autre lieu annexe d'exister pour instaurer une ambiance plus conviviale, plus "reposante" avec un autre bar et une petite scène pour les afters, les DJ's, les spectacles différents (performances, etc...). Il n'y a pas eu d'effet escompté "boule de neige", quand à la découverte du Pez ner par le bouche à oreille. A nous peut-être de communiquer sur le lieu en lui-même, de se donner les moyens de sa convivialité renforcée. Sans oublier la programmation (musique et arts confondus) qui reste une priorité.
L'aventure Technologique
C'est une personne (David) qui a poussé à fond toutes les possibilités de l'informatique. Cela nous permet maintenant d'envisager une dimension multimédia du Pez ner. En l'espèce, ça veut dire : diffusion des photos et vidéos sur écrans récepteurs en simultané avec les concerts, retransmission de ces derniers en direct sur le net, CD live pour tous les groupes après leur prestation... Au-delà de l'éclectisme de la programmation, l'ouverture peut se faire aussi par ce côté novateur, trouver de nouveaux relais extérieurs (qui existent déjà de façon informelle au niveau régional entre les lieux, les assos...), atteindre finalement un autre échelon au niveau communication. L'objectif est toujours le même : faire découvrir.

Laurent Zine