JANVIER
N°23
Abou Lagraa
Géraldine Bénichou
Samuel Hercule
Laurent Vercelletto
FEVRIER N°24
Louis Sclavis
Elliott Sharp
Nicolas Ramond
MARS
N°25
Frida Kahlo
AVRIL
N°26
Têtes
Raides
Rachid Taha
Tortoise
Henri Texier
Pez Ner
MAI
N°27
Dick
Annegarn
Burning Heads
Fred
Frith
Sur les pistes du travail
JUIN
N°28/29
NTM
Sur les routes de lArt contemporain
Turak
SEPTEMBRE
N°30
8ème Biennale de la Danse
Abou Lagraa
Borah Bergman
Pascal Comelade
Carla Bley
Noël Akchoté
OCTOBRE
N°31
Zebda
World Press Photo 98
Virginie Despentes
Sixteen Horsepower
NOVEMBRE
N°32
Denis Plassard
Casse Pipe
Dror Endeweld
Jean-Bernard Pouy
Sloy
DECEMBRE
N°33
Observatoire international des prisons
Lhasa
Mad's Collectif
Cirque Plume |
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Borah
Bergman
Enfin un piano à queue au Pez Ner ! |
Le
Pez ner sest déjà révélé
à plusieurs reprises comme le lieu idéal pour accueillir
des musiciens issus de cette musique quon peut encore appeler
le jazz mais qui na que peu de rapport avec les messes de Wynton
Marsalis. Celle quont toujours jouée Louis Amstrong,
John Coltrane, Chet Baker ou Albert Ayler et encore Anthony Braxton
ou Tim Berne aujourdhui, par forcément du free jazz,
loin de là, mais une musique toujours en mouvement depuis ses
débuts noirs américains il y a près dun
siècle... Doù vient cette certitude dentendre
parfois du jazz et pas de la musique improvisée ou contemporaine
? Peut-être simplement dune petite couleur blues ou dune
pulsation rythmique qui na rien à voir avec celle du
rock par exemple, sans parler de la notion ringarde de swing utilisée
à tort et à travers (le fameux : ça swingue
pas, ce nest pas du jazz). En tous cas, que ce soit le
duo acoustique dAssif Tsahar avec Susie Ibarra ou lun
des derniers concerts du batteur Dennis Charles avec Thomas Borgman
et Wilber Morris, ce furent de très grands moments jazz vécus
lannée dernière au Pez ner (équipé
pour ces occasions de fauteuils très appréciables !).
Il nest pas question darrêter et le concert du 21
sannonce comme un événement avec la venue de Borah
Bergman. Si le jazz se caractérise aussi par une kyrielle de
musiciens injustement méconnus (Dewey Redman, Julius Hemphill,
Sam Rivers...) le pianiste Borah Bergman est franchement inconnu en
Europe. Cest pourtant lun des rares à avoir envisagé
laprès Cecil Taylor. Les grands pianistes se distinguent
souvent par leur usage de la main gauche : les pompes de Fatz Waller,
les accords de Bud Powell, les arpèges de Bill Evans ou les
nappes de Mc Coy Tyner, Borah Bergman lui, ne se limite pas à
une main gauche qui accompagne les digressions de la droite, ses deux
mains sont totalement indépendantes. Chacune peut jouer la
mélodie et si la droite sy colle, la gauche se fait un
malin plaisir à parasiter lautre, comme des taches sur
une peinture, ces blessures rendent sa musique bouleversante. Cela
peut être éprouvant mais il faut oser simmerger
dans ce dialogue parfois tumultueux pour y découvrir le lyrisme
de Borah Bergman. Habitué des duos, sa puissance lui permet
de rivaliser sans peine avec des batteurs comme Andrew Cyrille (The
Human Factor) ou Hamid Drake (Reflections on Ornette Coleman), il
a également croisé les saxophonistes Evan Parker dans
le furieux Fire Tale ou Roscoe Mitchell dans le très intimiste
First Meeting.
Au Pez ner il sera avec le saxophoniste alto et soprano Oliver Lake.
Fondateur du World Saxophone Quartet en 1976 avec David Murray, Hamiet
Bluiett et Julius Hemphill (ce dernier sera remplacé depuis
sa mort par John Purcell), il fait partie de la loft generation des
années 70, celle qui simplique politiquement, du Black
Artist Group à lAACM de Muhal Richard Abrams. Mais ses
multiples talents lui font déborder le cadre du jazz, vers
le reggae avec le groupe Jump Up, la musique contemporaine avec le
Kronos Quartet ou le rock avec Lou Reed, il a même été
sollicité par Björk. Jouer avec Bergman pose certainement
des problèmes, difficile à suivre tant son jeu peut
être rapide et dense, le pianiste nest vraiment pas un
adepte des jeux question réponse un peu niais auxquels se résument
parfois les duos, une solution serait de hurler dans le sax en rivalisant
dénergie, chose que Oliver Lake sait faire mais cet héritier
de Jackie Mc Lean aime trop jouer de son instrument pour sarrêter
à ce genre de clichés. Décidément ce duo
nest pas simple mais le bonheur quil devrait procurer
à ceux qui prendront la peine de lécouter sera
évident
Vincent
Domeyne
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