JANVIER
N°23
Abou Lagraa
Géraldine Bénichou
Samuel Hercule
Laurent Vercelletto
FEVRIER N°24
Louis Sclavis
Elliott Sharp
Nicolas Ramond
MARS
N°25
Frida Kahlo
AVRIL
N°26
Têtes
Raides
Rachid Taha
Tortoise
Henri Texier
Pez Ner
MAI
N°27
Dick
Annegarn
Burning Heads
Fred
Frith
Sur les pistes du travail
JUIN
N°28/29
NTM
Sur les routes de lArt contemporain
Turak
SEPTEMBRE
N°30
8ème Biennale de la Danse
Abou Lagraa
Borah Bergman
Pascal Comelade
Carla Bley
Noël Akchoté
OCTOBRE
N°31
Zebda
World Press Photo 98
Virginie Despentes
Sixteen Horsepower
NOVEMBRE
N°32
Denis Plassard
Casse Pipe
Dror Endeweld
Jean-Bernard Pouy
Sloy
DECEMBRE
N°33
Observatoire international des prisons
Lhasa
Mad's Collectif
Cirque Plume |
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Noël
Akchoté
Encore Noël Akchoté dans les pages de
491 ! |
Pourquoi
pas ? Est-ce notre faute si ce parisien aime Lyon et si Lyon a bien
besoin d'énergumènes dans son genre pour se remuer les
oreilles ? Et puis là, bing, 491 est partenaire de son concert
le 25 à Vénissieux, impossible d'y échapper donc.
Cette fois-ci, le guitariste est invité par la Tribu Hérisson,
tribu portée sur l'improvisation, les musiques nouvelles, dont
certains membres ont participé à l'aventure Impure avec
Fred Frith et l'ENM de Villeurbanne.
En attendant, petit blind-test improvisé sur une terrasse de
café à St Etienne avec Noël plus la compagnie de
Matt du groupe Stock Hausen & Walkman.
Après avoir reconnu sans problèmes j'aime pas le rock
(61) de Jean Yann, on passe au punk rock de Snuff Martin (95) : échec
total, juste le temps pour Matt de dire sa haine des Clash, puis Woody
Guthrie Riding on my car (40) reconnu in extremis, échec à
nouveau sur le bluesman Skip James Hard times killing floor blues
(65) : Matt tente plusieurs noms à base de "blind",
Noël : "C'est Alan Véga qui essaie de chanter juste
? ... je connais ça par cur...". Il faut reconnaître
qu'avec un walkman et deux enceintes ridicules plus les voitures qui
passent à un mètre, les morceaux sont franchement remixés,
mais les suivants seront reconnus immédiatement :
Eddie Van Halen Spanish fly (79) (solo ultra virtuose à la
guitare acoustique)
Noël : "Bizarrement c'est ce que je préférais
à l'époque, encore un peu sale par rapport au trio de
Mc Laughlin, Di Meola...c'était aussi juste avant tous les
Steve Vai.
Derek Bailey & Steve Lacy Abandoned 2 (76)
- "Le premier disque de Derek que j'ai acheté, c'est
aussi le moment où je me rendais compte que J Pass c'était
pas mon truc, et j'écoutais ce disque en me disant que c'était
du free jazz, mais il y avait quelque chose que je ne comprenais pas.
En même temps, il y avait le premier James Blood Ulmer avec
Ornette Coleman, ça c'était violent, mais c'était
plus clair pour moi. D'abord techniquement j'avais un problème,
ça faisait très relâché. Je ne l'ai quasiment
jamais réécouté ce disque, j'ai toujours repoussé
le moment... mais j'ai le souvenir que c'est absolument génial,
non ?"
- Oui, je n'ai pas pu couper le morceau... pour revenir à Van
Halen et à la virtuosité, Pascal Comelade a dit récemment
que son problème avec le jazz c'était la technique,
cette demande virtuose à la fois du public et des critiques
qui conduit à des choses obscènes.
- "Tout à fait d'accord. En ce moment je suis persuadé
que le plus grand problème du jazz c'est ça, cette espèce
de vulgarité technique qui pédale dans le vide : les
mecs ont de plus en plus les moyens de faire plein de notes et de
moins en moins d'idées, font de moins en moins corps avec leurs
notes. Je me souviens des gens qui ne travaillaient plus passé
un certain âge, ils jouaient. Barney Willen quand il faisait
un club, le premier jour il se souvenait comment ça marchait,
le deuxième jour il commençait à trouver des
choses..."
Pat Metheny & Ornette Coleman Song X duo (86)
"... et la musique elle venait, c'était la musique
qui amenait le moyen technique et pas l'inverse. Maintenant je ne
peux plus jouer ça, je peux jouer à jouer à ça
dans un truc improvisé mais ce rapport direct au bavardage,
je ne peux plus. Ornette là, c'est l'anti-bavardage."
- Et Metheny derrière ?
- "A l'époque où c'est sorti, je n'étais
pas encore totalement dans les trucs de Derek et j'ai trouvé
ça incroyable. Comme quand tu cherches quelque chose et tout
d'un coup quelqu'un le fait, le guitariste de Portishead avec Bashung
ça me fait ça en ce moment, j'ai réécouté
ce disque récemment et ça me le fait moins. Metheny
il a un peu ce côté Wes Montgomery : une terrible avancée
technique de l'instrument et en même temps un peu musicale,
mais quand même. Quand même il y a autre chose à
foutre, quand même si tu mets Led Zeppelin derrière avec
Jimmy Page et la douze cordes électrique... en tous cas ça
me paraît beaucoup plus évident en ce moment, même
si ce duo va très loin, comme Wes Montgomery et Johnny Griffin.
Mais c'est un vrai problème, ça ne m'arrive plus parce
que je ne le fais plus mais ça m'est arrivé d'être
dans des situations où il faut jouer comme ça, il faut
raconter une histoire avec des notes et c'est impossible, une espèce
d'aversion. Et puis c'est évident que si quelque chose reste
dans le jazz, ce n'est pas dans ce qui s'appelle jazz maintenant."
Eugène Chadbourne & John Zorn In memory of Nikki Arane
(80)
- "Chadbourne je pense qu'un jour on va le découvrir.
Il n'y a plus beaucoup de gens capables d'aller aussi loin dans le
crado pour voir ce qui en sortira, ça demande une grande force
pour moi. C'est physique, pas propre, pas rachetable, pas concept
: tu as beau l'emballer dans un beau paquet, ça ne changera
rien, c'est tout pourave dedans. Ce que j'ai essayé de faire
avec le disque de duos chez Winter, ce n'était pas de l'emballer,
mais de l'amener dans quelque chose où on peut l'entendre."
Au fait, Eugène Chadbourne et Noël Akchoté font
un duo la veille, le 24 au Kafé Mysik... c'était vraiment
impossible d'y échapper.
Vincent
Domeyne
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