JANVIER N°12
Noël Akchoté
Outlaws in Jazz
Jean-Luc Godard
Cie Lhoré Dana
FEVRIER N°13
Prohibition
Acting Out
Jacques Roman
A la corbeille
MARS N°14
Musiques en scène
Diabologum
Rashied Ali
Didier Daeninckx
Denis Plassard
Les Trois Huit
Philippe Vincent
Dominique Lardenois
AVRIL N°15
Benoit Poelvoorde
Wladislaw Znorko
Virginie Despentes
MAI N°16
Christophe Miossec
Fred Frith
No One is Innocent
Thierry Robin
Cie Accrorap
Jean-Paul Delore
JUIN N°17
Tom Cora
Faust
SEPTEMBRE
N°19
Maguy Marin
Samiam
Tchangodeï
Biennale d'art contemporain
Traction Avant Cie
Les quatres saisons
OCTOBRE
N°20
Joêlle Léandre
Jean-Rochard
NOVEMBRE N°21
Jean-François
Duroure
Louise Attaque
Les Thugs
Turak Théâtre
DECEMBRE
N°22
Tindersticks
Jim O'Rourke
HP 905
L'Usage de la vie |
|

Steve Gullick©
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|
Tindersticks
Ecrire,
chanter, jouer avec Tindersticks est une expérience qui me
nourrit jusquau plus profond. Je ne me suis jamais senti aussi
vivant quaujourdhui.
Stuart
Staples |
Sil
est un rendez-vous à ne point manquer en cette fin dannée,
cest le passage tant attendu à Lyon des anglais de Tindersticks,
qui seront au Transbordeur le 5 Décembre 1997.
Après six albums et 5 années de travail ensemble, les
Tindersticks continuent den imposer. Dabord parce quils
ont réussi la dure gageure de sortir trois albums daffilée
(dont leur inénarrable Curtains). De plus, ils
continuent de fasciner leurs auditeurs avec la même constance
car ils ont su conserver cette espèce daura mystérieuse
qui fait lessence dun groupe ; et ce malgré les
interviews, malgré les articles...
Lhistoire de ce groupe commence doucement en 1992, avec la mort
dune autre formation, the Asphalt Ribbons, précédente
incarnation originaire de Nottingham. La principale faiblesse
de ce premier groupe était de trop en faire pour essayer dimpressionner,
résume brièvement Stuart Staples. Leçon de vie
rapidement mise en application avec Tindersticks qui adoptera un principe
de conduite : ne jamais parler à tort ou à travers,
être notoirement prétentieux ou faire des prédictions
inconsidérées.
Année 92, Milky teeth/Patchwork, Marbles
: 2 singles et déjà la presse britannique sempare
du phénomène et leur réserve un accueil dithyrambique.
Les singles se succèdent (EP Unwired, City
sickness, Marriage made in heaven) et Tindersticks
saffirment de plus en plus comme un groupe singulier, qui se
démarque fortement ; ils cultivent cette différence.
Enfin, fin 93, leur premier album (77 mn) éponyme sort, sacré
: album de lannée par le Mélody Maker. Album représentatif
du style Tindersticks, présenté comme une soirée
en 4 actes. Alterneront ensuite singles (toujours sur de petits labels,
comme Tippy Toe (le leur), Domino, This Way Up), opus personnels et
albums live. Tindersticks a la réputation de faire passer une
magie pendant ses concerts. Dabord par la présence sur
scène de ces six musiciens, habillés par Timothy Everest
tels des dandys des temps modernes. Ensuite, Stuart Staples (parolier
et chanteur) a cette prestance, ce charisme sur scène qui fait
que tout chavire quand il se met à chanter car il sait communiquer
à son public une émotion et une intensité dramatique
puissante. Les meilleurs concerts sont ceux que nous attaquons
dans le bruit alors que le public ne fait pas attention à nous.
Puis il se passe quelque chose qui les arrête et nous finissons
la chanson dans un silence total, telle est la définition
du bon concert par Stuart.
Aujourdhui, leur nouvel album Curtains est une perle
de plus à leur palmarès, uvre fiévreuse
jusquau-boutiste, sophistiquée, intime et émouvante
qui couvre un registre impressionnant de styles. Plus nous avançons,
plus nous prenons conscience des possibilités de chacun dans
le groupe. Comme on sencourage mutuellement, cela nous pousse
à sortir des choses du plus profond de nous-mêmes,
rapporte Stuart Staples, qui ajoute aussi je sens que nous pouvons
encore avancer, créer, nous renouveler. Pour Dave Boulder
: on veut être capable de jouer différents styles
et de les combiner. Cest en quelque sorte la manière
dont notre musique se démarque aujourdhui.
Avant leur venue à Lyon, petite discussion avec Dickon le violoniste
des Tindersticks (qui prépare un doctorat en Littérature
mexicaine ; musicien très humble moi-même; jestime
que ma technique au violon nest pas très bonne
qui se charge de tous les arrangements cordes du groupe) :
Comment vivez-vous la scène ? Quelles sont vos relations
avec le public ?
Dhabitude, une bonne relation. Si nous jouons bien. Mais cela
dépend vraiment de lendroit où lon joue
! Par exemple, en Allemagne, le public sera différent de celui
de Paris, ou dune autre région de France. Cela dépend
de la manière dont tu joues, où tu joues, si on est
assis ou debout, quel est le jour de la semaine... Avoir une relation
privilégiée avec ton public, cest aussi fonction
de ce public, sil est intéressé par le concert
et a envie de sinvestir, de se laisser porter par notre musique.
Dans ce cas-là, notre jeu est dautant plus fort et profond.
Bien plus quen studio !
Nos prestations sont dépendantes dun grand nombre
déléments incontrôlables faits dhumeurs
fragiles, de sentiments et démotions. Tous nos textes
sont en rapport avec un instant, un jour, une impression. Nos chansons
sont vraiment influencées par lhumeur., tel est
lavis de Stuart.
Vous préférez jouer en studio ou sur scène
?
Les deux sont importants, en fait. Jouer en live, cela exige une certaine
spontanéité. Si tu joues un morceau, tu ne peux pas
revenir en arrière et changer quelque chose qui ne te va pas,
comme tu peux le faire en studio. Cest plus excitant. Une des
autres caractéristiques du live, cest que tu peux ressentir
la réaction des gens ; il y a quelque chose de spontané.
Alors quen studio, on est beaucoup plus introverti, on peut
être aussi plus introspectif. En studio, on a la possibilité
dexplorer de nouveaux horizons musicaux, créer de nouveaux
sons... Sur scène, tu es beaucoup plus limité : tu dois
jouer les chansons quils connaissent, dans la limite de ce quils
savent.
Y-a-t-il un message particulier dans votre musique ?
La musique est une sensation personnelle, pour des gens différents,
des individualités propres. Nous nattendons pas des gens
quils réagissent tous de la même manière.
Il ny a pas de message dans notre musique, ni bonne manière
découter Tindersticks. Cest plus une question de
feeling, par rapport à tes émotions, à
ta vie personnelle, à tes sentiments...
Avez-vous une philosophie de vie à la Tindersticks ?
A cause du succès, nous avons des philosophies de vie différentes.
Mais je ne crois pas que lon puisse parler vraiment de philosophie
de vie ; ce sont plus des lignes de conduite, des principes de vie.
Il y a des grandes lignes de conduite dont on change constamment.
On ne sattache pas particulièrement à une manière
dêtre ou de penser... Il ne faut pas oublier que tout
ce quon est, ce quon pense, se façonne et évolue
en fonction de la vie ; la vie qui est perpétuellement en train
de changer.
Anne
Huguet
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