Virés
d'Atlantic l'année dernière, Samiam revient avec son
dernier album Pop-Core en poche ("You Freaking Me Out")
pour démontrer une nouvelle fois sur scène leur détermination
à rebondir dans l'allégresse. Depuis leur premier passage
à Lyon en 90 avec Parkinson Square et Ultraman, que de chemin
parcouru et de sueur partagée et spécialement ici-bas
avec Sylvie Hornette. Pour l'occasion laronée, nous avons coincé
Sergie (guitare) entre les gouttes et les dates de la tournéepréparatoire
suédoise (juillet) pour qu'il réponde à nos inepties.
Place au fauve.
Tout d'abord comment se passe la tournée ?
Parfait pour l'instant c'est une petite tournée pour deux semaines
en Suède du fait de notre signature sur Burning Heart Rds.
Nous ne jouons qu'avec des groupes locaux rencontrés un an
auparavant et donc on fait la fête tout le temps. Le clou fut
une after il y a quelques jours, nous nous sommes retrouvés
avec une trentaine de personnes dans un parc d'attractions aquatiques
à hurler comme des dingues toute la nuit. Les lumières
dans l'eau rendaient l'atmosphère extraterrestre (glups !).
Après quasi 10 ans de tournées, le meilleur et le pire
de vos souvenirs !
Rien de précis si ce n'est beaucoup de moments forts un peu
partout et spécialement en Europe. Pire ou meilleur, ce qui
compte ce sont les gens rencontrés, les échanges qui
se poursuivent années après années. Back home,
nous avons une vie banale à végéter devant la
télé et pas tant d'amis que ça; la vraie vie
c'est dans l'ailleurs au fil de la route et des gens !
Quelque chose à dire à des jeunes groupes qui cherchent
à signer sur une major (Atlantic par exemple) ?
Dans tous les cas la circonspection s'impose. Dans un passé
proche, beaucoup de groupes de heavy metal et de rap avaient ce but;
ils jouaient de la musique pour les $, le public, le sexe etc... mais
surtout pas pour eux. C'est une réalité qui est complètement
différente de notre vision des choses, au départ Samiam
ne cherchait pas à signer sur une major. Aux nouveaux groupes
je dirais cela : Il faut vraiment être préparé
à s'investir dans un énorme travail et à considérer
les engagements en terme de vente; il faut être sûr qu'on
a envie d'être populaire; la musique doit coller à un
grand public, à une "norme", il faut arriver à
vendre le disque autant aux camionneurs qu'aux gamins des terrains
de foot, donc à tout le monde comme le fait si bien un groupe
comme Offspring. De toute façon il n'y a pas que des diables
ou des trous du cul au sein des majors, c'est simplement un monde
différent. C'est pas comme dans un rêve, le fait que
l'on se soit fait mettre n'a rien à voir. La division Europe
d'Atlantic n'a rien fait pour nous pousser mais à la fois tout
bonnement nous n'avions pas assez de succès. L'enfer, ce fut
surtout pour récupérer cet enregistrement (ce dernier
album) : dix mois de discussions interminables pour faire baisser
le prix pour qu'un autre label puisse enfin le sortir; maintenant
c'est fait, c'est l'avenir qui m'intéresse.
Y a-t-il par chez vous des boutiques d'alcool et des églises
à tous les coins de rues ?
(liquor's stores & churches in "Mr Walker")
Je sais que c'est différent en Europe; Jason (le chanteur)
a voulu transcrire dans cette chanson la dualité entre le bien
et le mal si flagrante aux Etats-Unis. Le positif et le négatif
à tous les coins de rues : il y a autant de gens qui croient
en l'alcool qu'en dieu; et ce sont souvent les mêmes. l'hypocrisie
a de beaux jours devant elle...
Qu' a-t-il fait de sa vieille Simca ?
En fait Jason est un vrai gamin qui a eu une quinzaine de voitures
qu'il a bousillées pour les trois quarts. Sa vieille Simca
bleue qu'il avait eue pour pas cher est une des rares survivantes
de tous ses crashs et il a pu la revendre pour cause de manque de
pièces. Elle était super, elle faisait un bruit d'enfer.
Cette chanson c'est aussi l'histoire des gars qui bricolent à
longueur d'années motos et voitures pour bourlinguer jusqu'à
plus soif.
Crazy Driver ?
No, he's just a crazy person....
Des groupes que vous aimez particulièrement ?
C'est complètement éclectique entre nous, sauf pour
les Beatles où on est tous OK (cf. une reprise dans l'album)
sinon pour ma part : Doggy Style, Sonic Youth, Dinosaur Jr, Pavement,
etc...
Qu'est-ce qui te fout les boules (freaking you out) actuellement
?
Je vais te raconter l'histoire de ce titre. À l'époque
où l'on enregistrait, certains soirs notre batteur avait besoin
d'aller décompresser autour d'un verre : Il se retrouva dans
un festival ska-mods (annuel à San Francisco) dans le cadre
d'un magnifique vieux théâtre à l'italienne avec
des lustres de partout. Raide accroché au bar, il rêvassait
emporté qu'il était par l'atmosphère magique
se dégageant du lieu. C'est alors qu'au hasard des regards
il tomba sur une fille à la beauté interstellaire...
il n'a pu par la suite l'alcool aidant, la quitter des yeux. Le problème
étant que dans son trouble, il n'a visiblement pas compris
les signes qu'elle lui donnait en retour. Lorsqu'elle s'est présentée
à lui, il s'attendait à un : tu me payes un verre beau
gosse ... et n'a eu droit qu'à un : tu me fous les boules,
disparais ! Il a failli en tomber à la renverse, comme quoi...
cette expression (que l'on peut traduire de différentes façons)
nous a frappée car elle s'applique à beaucoup d'autres
situations autrement moins risibles. (cf. la pochette) à vous
de voir.
Sur
le Grill avec Juju Roy Bean et Lucky Zine