ARCHIVES
1997

JANVIER N°12
Noël Akchoté
Outlaws in Jazz
Jean-Luc Godard
Cie Lhoré Dana

FEVRIER N°13
Prohibition
Acting Out
Jacques Roman
A la corbeille

MARS N°14
Musiques en scène
Diabologum
Rashied Ali
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Les Trois Huit
Philippe Vincent
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AVRIL N°15
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MAI N°16
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Fred Frith
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Cie Accrorap
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JUIN N°17
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Faust

SEPTEMBRE N°19
Maguy Marin
Samiam
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Biennale d'art contemporain
Traction Avant Cie

Les quatres saisons

OCTOBRE N°20
Joêlle Léandre
Jean-Rochard

NOVEMBRE N°21
Jean-François Duroure
Louise Attaque
Les Thugs
Turak Théâtre

DECEMBRE N°22
Tindersticks
Jim O'Rourke
HP 905
L'Usage de la vie

  DECEMBRE N°22  



 

Jim O’Rourke
et Loren Mazzacane Connors

La guitare électrique a marqué le siècle (avec le rock au moins), mais on a toujours voulu l’enterrer, en plein boom des synthés au début des années 80 elle devait déjà y passer et maintenant, avec l’avènement des samples, de l’électronique, la même rengaine revient... mais le bout de bois est coriace et se renouvelle même plus que tout autre instrument. Pour s’en persuader, le Pez Ner accueille ce mois deux de ces aventuriers du manche : les américains Jim O’Rourke et Loren Mazzacane Connors.
Le premier s’échappe volontiers de cet instrument, il s’essaie au piano, à d’autres sources de bruit. Car il s’agit bien de ça, avec notamment une recherche constante sur la guitare préparée. Contrairement à beaucoup de ses collègues J.O.R. n’a pas de passé rock, son univers est plus celui de Derek Bailey ou Tony Conrad. De Gastr del Sol au projet solo (relire à ce propos la chronique de Guillaume dans le n0 18) sa musique brouille les piste. Parfois faite de cassures, son jeu récent évoque plutôt une machine qui aurait des problèmes à l’allumage et chaufferait lentement. L’ambiance qui en résulte est assez surprenante et il n’est pas toujours facile de s’immerger dans ce bain sonore.
Loren Mazzacane Connors est dans un tout autre registre. On le découvre depuis peu ici, mais il a déjà enregistré des tonnes de disques introuvables, (souvent sous le nom de Guitar Roberts). Son originalité est de ne jouer que du blues, jusqu'à l’obsession. Mais un blues qui doit autant à Muddy Waters qu’à J.S. Bach (LMC considère d’ailleurs ses dernières messes comme des blues). Dans “Long Nights ” disque récent paru chez Table of Element (label également de JOR) certains morceaux sont justement traités comme des fugues : entrelacement de phrases lentes avec un son proche de Neil Young, sale et tout en puissance contenue. Le résultat est très émouvant, un blues mis à nu.
Celui qui dit vouloir faire exploser le blues en morceaux pour le repenser, intéresse la scène expérimentale, il a joué avec Keiji Haino, Thurston Moore... et Jim O’Rourke.
Ces deux guitaristes n’ont pas le même langage mais le même désir d’explorer toujours plus loin leur monde musical. La discussion devrait être passionnante.

Vincent Domeyne