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Photo : J-F. LABERINE

 

David S. Ware

David S. Ware et Steve Coleman le même soir, "A Vaulx Jazz" fait très fort.
Depuis quelques temps, David S. Ware enregistre beaucoup,
ses disques sont remarquables, mais, et c'est souvent le cas avec le free Jazz, le concert reste un moment privilégié
pour découvrir ce ténor. Comme à Vienne, ou à la Tour Rose l'an dernier, la force, l'évidence de cette musique s'imposent en direct : on est presque obligé d'y adhérer.
La première vie de David D. S. Ware se situe dans les années 70 aux côtés de Cécil Taylor ou Andrew Cyrille. Mais c'est au début des années 90 que cet ancien chauffeur de taxi New-Yorkais explose à la tête d'un quartette idéal : Mathew Shipp est un pianiste très attachant, maître des cassures rythmiques, capable du contrepoint le plus subtil, la Tour Rose lui doit peut-être son plus beau concert... Le Bud Powel de demain ? William Parker, c'est le bassiste free, toujours dans les bons coups, il réunit Taylor, Dixon, Gayle... Whit Dickey enfin est un batteur peu connu, mais essentiel dans ce groupe. En leur compagnie, Ware joue jusqu'à l'épuisement un free sans rémission, une musique urgente et dramatique qui vous transperce. Il faut entendre une fois dans sa vie le ténor de David S. Ware, ce son que l'on aimerait pouvoir sculpter.
Et après ça, on a besoin de souffler un peu. Le problème c'est qu'après, star système oblige, il y a Steve Coleman et Mystic Rythm Society. Ce groupe encore jeune est peut-être le projet le plus ambitieux du créateur du mouvement M'Base : un concept qui intègre naturellement différentes traditions, une musique qui tend vers l'universalité (mais pas une "World Music" !). Avec toujours au coeur des débats, cette pulsation rythmique, constante Colemanienne qui a fait le succès des Five Elements ou de Metrics. Steve Coleman est réputé comme une bête de scène, j'espère donc qu'il ne souffrira pas trop du cyclone qui l'aura précédé. En concert le 29 mars "A Vaulx Jazz"
"A Vaulx Jazz" programme également quelques valeurs sûres comme Kenny Barron (sorte de "Rolls" du piano, peut-être en solo à la Tour Rose...) Phil Woads, altiste extraordinaire invité par Ray Brown, Wallace Roney, et pour le blues, Luther Allisson.

Vincent Domeyne