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Vuillemin
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MAI N°5
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JUIN
N°6
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JUILLET
N°7
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SEPTEMBRE
N°8
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Break, Hip-hop et Cie
Fred Bendongué
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OCTOBRE N°9
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Couleurs sur Paris
Condense
Michel Raskine
NOVEMBRE
N°10
Têtes Raides
Les Nigauds
DECEMBRE
N°11
Magma
Pez Ner
Turak Théâtre |
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Vuillemin
Vuillemin
Président d'Angoulême.
Rencontre avec cet individuqui n'a rien à voir avec ses personnages
de bande dessinée, heureusement pour moi d'ailleurs. Chevelu
comme un guitariste de hard rock, une élégance un rien
aristocratique, le regard vif.
Bref un mec discret et plein d'humour. |
Retour d'Angoulême, Vuillemin président, comment
cela s'est-il passé?
Vuillemin : Ça s'est passé, je me suis mis sur le toit,
je me suis fait cuire une face a, une face b. C'est fini, on ne m'en
parle plus.
OK ! on en parle plus. Quand tu dessines est-ce que tu te donnes
des limites, tu te dis à un moment, trop de cul, trop de couilles
?
V : Non, je ne me pose pas ce genre de questions, et puis on remarque
bien que ce n'est pas que du cul et des couilles. Quand je fais un dessin,
c'est surtout l'idée, en fait, dessiner un cul ou une couille
ça ne m'intéresse pas. C'est vrai, je le fais, mais j'essaye
de le faire avec élégance, savoir où la mettre,
comment mettre son petit caca, là où il faut. Sinon, je
ne me pose pas ce genre de questions. Un dessin, il est drôle
ou il n'est pas drôle. Je ne fais pas d'auto-censure, je me casse
déjà le cul pour trouver une idée. Après
ça peut traiter de sujets délicats, si ça tient
debout les gens comprennent.
Pourquoi, Vuillemin en cassette vidéo, les enfants vont vouloir
la regarder, c'est un dessin animé, on les laisse regarder ?
V : Moi, j'ai un gosse, mais sa mère, elle ne veut pas qu'il
regarde quoi que ce soit. J'ai remarqué que les gamins, ils sont
un peu moins... des gamins de 14 ou 15 ans sont souvent plus ouverts
que leurs parents. Quand, j'avais 12/13 ans, je regardais des trucs
interdits, ce nest pas pour ça que je suis devenu un psychopathe
ou un assassin de petites vieilles. Pour les Sales Blagues, ça
n'était pas une idée de moi, c'était une idée
des Studio Rooster. Comme ce sont des potes, j'ai travaillé sur
les scénarios, les dessins, on a travaillé ensemble. Un
travail de plusieurs années, et puis on n'avait pas trop d'argent.
Comme tu sors d'Angoulême, l'avenir de la BD, tu le vois comment
?
V : J'en ai lu beaucoup, quand j'étais gamin. J'en ai fait après
comme mes camarades, un peu le même cheminement. Cela a toujours
été encroûté dans ce côté traditionnel
qui trace toujours le même sillon. Fantasy ou d'autres, ce sont
des dessins interchangeables, mais les scénarios sont toujours
identiques.
De la bande dessinée avec des références uniquement
de bande dessinée, cela existe depuis longtemps. Il y a beaucoup
de dessinateurs qui font cette BD, dessinent pour des lecteurs qui lisaient
ça gamin et ces lecteurs veulent retrouver la même ambiance.
C'est un peu autiste, ce truc là ne m'intéresse pas. J'ai
beaucoup vu cela à Angoulême, j'ai reçu toute la
production de BD européenne, ce sont des trucs que je ne lis
pas. J'ai toujours été plus attiré par les comics,
Hara-kiri, je viens plus d'Hara-kiri que de cette frange là.
Tintin et milou, c'était bien quand j'étais gamin, mais
bon... basta ! Il y a toujours ce truc là qui est très
lourd, j'appelle ça la bande dessinée belge, mais ça
n'est pas belge. Ça m'a toujours bassiné, il y a des choses
nouvelles en ce moment qui m'intéresse, comme l'association Cornélius,
ce sont des jeunes mecs, des gens qui parlent du réel. Il y a
eu une grosse explosion en 80 avec Métal Hurlant. Il y a des
types que j'aime énormément et puis beaucoup d'américains
en ce moment.
Comment as-tu atterri dans la bande dessinée ?
V : J'ai commencé à l'Echo des Savanes en 77, à
l'époque du Baron noir, Pétillon. Je dessinais pas mal
à côté, et un jour j'ai proposé une histoire
à Yves Got qui était prof à l'école d'Arts
Appliqués à Paris, il l'a passée tout de suite
dans l'Echo des Savanes. Voilà comment a commencé ma carrière,
je ne pensais pas à ce que j'allais faire plus tard. Ensuite,
il m'a proposé de bosser régulièrement à
l'Echo, puis j'ai fait un album, Reiser est tombé dessus, à
l'époque j'étais fan de Charlie Hebdo et d'Hara-kiri,
ils étaient déjà mes préférés,
et je ne pensais pas un jour pouvoir dessiner là-dedans. Quand
Reiser m'a proposé de travailler à Charlie Hebdo, je me
suis retrouvé avec une bande de jeunes mecs au bout de la table,
il y avait les vieux de l'autre côté qui travaillaient,
nous on essayait de les faire rire en faisant des petits dessins. Choron
s'est intéressé à mon cas, c'est là qu'on
m'a enlevé la paille des sabots. Quand je bossais à Hara-kiri,
je ne faisais pas que de la BD, je faisais la régie pour les
romans-photos, ou je les faisais moi-même, je m'occupais un peu
de tout. Maintenant, je m'aperçois après coup, de tout
le travail que je faisais là-bas, les histoires courtes genre
comics américains, c'est Hara-kiri qui a généré
un peu ce truc là. C'est là que je me suis aperçu
que c'était un métier qu'on pouvait faire en glandant.
On gagne des ronds en racontant des conneries.
Les sales blagues, est-ce que tu vas continuer dans ce style, ou vas-tu
aller vers des scénarios plus longs ?
V : Les sales blagues, au départ, c'était tenu par Reiser
et Coluche. Quand l'Echo est reparu, on m'a proposé de reprendre
ça. Choron, il me dit comme à Reiser d'ailleurs "c'est
pas le meilleur que t'as fait !", et alors qu'est-ce que cela peut
faire ? Je vais reprendre des grands dessins, j'aime bien le cartoon,
souvent une image c'est plus directe qu'une bande, je vais aussi revenir
à de plus grandes histoires.
Ton public, tu le vois comment ?
V : Je vois des gens, mais je ne sors pas trop, et puis il y a des gens
intelligents que je rencontre, c'est ça qui me rassure. Je me
suis aperçu qu'il y a pas mal de gens qui savaient ce que je
faisais à côté des Sales Blagues. Ça me fait
plaisir de voir des femmes et des hommes avec le regard clair et intelligent,
il y a quelques cas spéciaux, des gros béberts, mais je
n'ai rien contre un gros con, tant qu'il ne me fait pas chier, c'est
agréable à regarder et puis c'est toujours rigolo, je
ne les inviterais pas tous les jours à manger.
Et la musique dans tout ça, où ça en est, des projets
?
V : Il y a un disque en préparation, Les Hommes du Président,
un groupe de dessinateurs, Jano, Margerin... et un autre groupe qui
s'appelle les Ambassadeurs, où là je fais plus la musique
qui
correspond à ce que j'écoute.
La musique que tu écoutes, c'est quoi ?
V : Je suis tombé dans le garage band des années 60/70
et je n'en suis pas vraiment sorti. En gros j'ai découvert la
musique avec le punk en arrivant à Paris. Avant je n'écoutais
rien du tout, j'ai entendu les Stones, les Who en 85, et j'ai aimé
ça tout de suite, pour moi c'est relativement neuf. C'est quand
même assez secondaire, je ne me lève pas la nuit pour écouter
de la musique. J'ai toujours aimé la guitare, j'en joue, je n'aime
pas les mecs qui tricotent comme des bêtes, en guitare classique,
oui ! Satriani, au bout de cinq minutes, je pique du nez. Je préfère
les choses plus brutes, plus bancales, qui sentent un peu le cambouis.
Propos
recueillis par Bruno Pin
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