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Condense
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FEVRIER
N°2
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Bastard
Têtes
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Vuillemin
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AVRIL
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MAI N°5
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Portobello
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Illusions et Desillusions
JUIN
N°6
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Cie Lhoré Dana
Virginie Despentes
JUILLET
N°7
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Musique Action
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SEPTEMBRE
N°8
Frank Margerin
Break, Hip-hop et Cie
Fred Bendongué
Guy Darmet
Image Aigue
OCTOBRE N°9
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Dominique A
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Condense
Michel Raskine
NOVEMBRE
N°10
Têtes Raides
Les Nigauds
DECEMBRE
N°11
Magma
Pez Ner
Turak Théâtre |
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Ph : Brunault©
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La
Voix humaine
C'est
l'histoire d'une femme qui chiale, disent ceux qui gardent un vague
souvenir du personnage de la Voix humaine créé par Jean
Cocteau. Bien sûr, c'est l'histoire d'une femme amoureuse, d'une
femme abandonnée, d'une femme qui supplie, interpelle son amant
mais le personnage joué par Catherine Vial et mis en scène
par Sarkis Tcheumlekdjian de la compagnie Premier Acte est beaucoup
plus complexe, plus ambigu et surtout beaucoup plus émouvant
qu'une simple pleurante. C'est un ange mi-homme, mi-femme qui se consume
dans la perte de l'être aimé. |
Catherine Vial : avec Sarkis, nous ne voulions surtout pas une interprétation
du style d'Anna Magnani dans le film de Rossellini, qui joue cette femme
abandonnée à corps et à larmes perdus. C'est très
beau, très impressionnant mais nous ne sommes pas allés
dans ce sens. Pour nous, cette femme est prête à mourir,
elle a donc ce sursaut d'énergie qui saisit parfois les mourants.
D'ailleurs quand elle parle à son amant, elle répète
souvent qu'elle est forte, très forte. Et une femme qui dit ça,
ne peut pas le dire en pleurant. Une des difficultés a été
d'imaginer les paroles, les silences et les troubles de l'interlocuteur
qui sont symbolisés par des points de suspension dans le livre.
On a travaillé le texte comme une partition de musique. On s'est
inspiré des chansons d'amour, celles de Brel, Piaf, Aznavour.
Pas tellement pour les paroles mais pour la manière de les dire,
de placer la voix, de bouger le corps. Nous avons aussi supprimé
les accessoires, le téléphone, le lit... `
Et pourquoi ?
C'était à une époque où Sarkis faisait un
important travail sur l'acteur seul avec son corps, sa voix et la lumière
face à un texte. L'espace devait être vide mais pas avec
un plateau nu. D'où l'idée de mettre le personnage sur
une tour, au dessus du vide.
Vous êtes-vous inspirés de la vie de Cocteau ?
Oui, on a été à la rencontre de cet homme très
ambigu, très controversé. Un mondain éclectique
et excentrique avec une vie sentimentale particulière, puisque
homosexuel. En regardant les photos de Cocteau, j'ai remarqué
qu'il avait un tic vestimentaire, qu'il relevait toujours les manches
de sa veste. Je me suis appuyée sur ces photos pour créer
le physique, les postures, les vêtements du personnage. Mais plus
je lisais ses livres et notamment sa correspondance avec Jean Marais,
plus je m'interrogeais sur le personnage de la Voix Humaine. Je me demandais
: et si c'était un homme qui parlait ? C'est comme ça
qu'on a créé un personnage androgyne.
Androgynie qui semble avoir séduit la critique, en 90 ?
Oui,
même si tout n'était pas volontaire de notre part. C'est
le mystère du théâtre. C'est vrai que la critique
nous a renvoyé une analyse qu'on trouve juste, mais nous n'avions
pas poussé aussi loin le concept, c'était un cheminement
avec des intentions qui nous échappaient. Comme on le reprend
six ans après, on tient compte de cette analyse. On a précisé
des choses qui étaient floues à l'époque.
Pourquoi avez-vous eu envie de reprendre ce spectacle ?
Parce que cette année, par manque d'argent, nous ne faisons pas
de création . Sarkis a depuis plus d'un an un projet autour des
Mille et une nuits, mais il n'a pas trouvé suffisamment de coproducteurs
donc c'est reporté à la saison prochaine. Mais il fallait
quand même travailler et on navait pas le temps de faire
une nouvelle création. On avait ce spectacle dans notre répertoire.
Avec une forte envie de le faire tourner, de le vendre... de se faire
un peu de sous pour la prochaine création. C'est très
mercantile..., mais en même temps j'avais très envie de
me retrouver seule sur scène et aussi de retrouver ce personnage.
Les comédiens trouvent-ils facilement du boulot sur Lyon ?
Je trouve que c'est de plus en plus difficile, les metteurs en scène
et les centres culturels ont de moins en moins d'argent pour faire des
coproductions. Ils choisissent des petites distributions, trois comédiens
maximum. Ensuite les comédiens travaillent 2 ou 3 mois dont un
seulement est payé. Les théâtres surtout à
l'extérieur de Lyon ont vraiment permis aux créateurs
lyonnais de s'exprimer. Certains directeurs font réellement confiance
aux metteurs en scène mais il y a un vrai problème d'argent.
Les subventions baissent alors les centres culturels programment des
concerts, des spectacles calibrés. Ils ne peuvent plus trop se
mouiller. Moi, j'ai du pot. Je travaille beaucoup mais plutôt
à Paris. C'est dommage car il y a de très belles créations
sur Lyon mais elles meurent au bout de 9 ou 10 représentations.
C'est terrifiant. Créer tous les ans, un nouveau spectacle ça
demande beaucoup trop d'énergie. L'an passé nous avons
monté les Bonnes de Jean Genet, nous avons fait un
travail fou autour de ce spectacle. Il y avait du monde aux représentations
mais il n'a été joué que 9 fois. Pour vivre, un
spectacle doit être joué au moins 60 ou 70 fois.
Propos
recueillis par Fabienne Swiatly
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