JANVIER
N°1
Condense
Jean-Yves Pick
FEVRIER
N°2
Orlan
Michel Vericel
MARS N°3
Bastard
Têtes
Raides
David s Ware
Vuillemin
Patrick Le Mauff
Les Trois Huit
AVRIL
N°4
Taha
Saint Germain
Guillaumon
MAI N°5
Assassin
Portobello
La Voix Humaine
Illusions et Desillusions
JUIN
N°6
Lubat
Noël Akchoté
Cie Lhoré Dana
Virginie Despentes
JUILLET
N°7
Gary Clail
Musique Action
Gabriel Yacoub
SEPTEMBRE
N°8
Frank Margerin
Break, Hip-hop et Cie
Fred Bendongué
Guy Darmet
Image Aigue
OCTOBRE N°9
Metamkine
Dominique A
Couleurs sur Paris
Condense
Michel Raskine
NOVEMBRE
N°10
Têtes Raides
Les Nigauds
DECEMBRE
N°11
Magma
Pez Ner
Turak Théâtre |
|

|
|
Têtes
Raides
Côté
cour, côté jardin
|
Sept
ans après un timide débarquement à Oullins, des
passages dans une boîte de strip-tease et dans les rades de
la Croix-Rousse, les Têtes Raides, un Olympia et un album en
poche seront le 30 novembre au Théâtre de Vénissieux.
Les salles changent mais l'esprit reste. Histoire d'Atmosphère...
" La première fois que je les ai vus, c'était dans
un bistrot au Printemps de Bourges, devant pas mal de bières.
Trois jours plus tard ils sortaient leur premier album en carton.
En 15 ans au Printemps, c'est le seul disque que j'ai acheté.
J'ai tout de suite été fasciné par leur créativité.
Leur press-book commençait en format 21/29,4, la seconde page
était plus petite et la dernière grande comme un timbre
poste. Il y avait aussi leurs lumières qu'ils actionnaient
avec une ficelle, leurs affiches qui se lisaient dans les deux sens,
c'est sûr, ils n'étaient pas comme les autres..."
Patrick Millat programmateur à la M.J d'Oullins s'est rarement
trompé dans ses choix... De fait, c'est chez lui que les Têtes
Raides firent leur première date dans le coin, devant un bien
maigre public. C'était il y a 7 ans. Les cinq albums déposés
chez un disquaire d'occase ayant été achetés
par un seul fan, ceux qui jouaient affublés de masques en carton-pâte,
une table avec gros rouge sur scène, des tôles en ferraille
qu'ils flagellaient à coups de chaînes n'avaient pas
d'alternative pour manger et se faire entendre sur Lyon : taper la
manche dans les bistrots de la Croix-Rousse.
Après une petite résidence d'une semaine dans un cabaret
à strip-teaseuses, avec un gendarme hors service à la
sécu, nos gaillards ont donc sillonné les pentes, leurs
ferrailles sur l'épaule et sans micros en poche, se forgeant
une réputation comme une toile d'araignée, à
coups de bouche à oreille, de pétages de plombs à
la Boulange en concerts du siècle au Chapeau-Claque, avec pour
seule arme un regard fusillant quand un spectateur se montrait un
petit peu trop bruyant. Après avoir francisé l'Albion,
déniaisé le Bockson, guéri la Mi-Graine, asséché
les Loufiats, éclairé le Clair Obscur ou retourné
le Monde à l'Envers : les Têtes ont marqué leur
territoire pour finalement réussir à se faire adopter
par le quartier. Pas une mince affaire pour des Parisiens...
Et puis, il leur a bien fallu déménager, descendre en
ville, Eclanovas pour un concert gagné par chaos, pour se faire
un petit Transbo, puis un grand avec une date émouvante en
mars dernier, presque une messe.
Avec leur nouvel album "Le bout du toit", une vitesse supérieure
enclenchée et une programmation au Théâtre de
Vénissieux le 30 novembre à la clef, on les croyait
perdus pour les Canuts. Et puis il y a eu une date, ce jeudi d'octobre
à l'Atmo. Un truc gratos annoncé la veille au soir,
une seule affiche collée, la foule, toujours grâce au
fabuleux bouche à oreilles. Plein comme un uf l'Atmo,
un public chauffé au demi depuis deux heures et pas de sono...
Le casse pipe parfait. Et pourtant ils l'ont fait, "on n'a pas
de micros, faudra nous aider" a balancé Christian avant
d'aller au charbon. Et là il s'est passé une chose incroyable
: les poches ont calmé leur hoquet, les filles ont arrêté
de piailler, et pendant leurs morceaux on pouvait entendre les mouches
voler... Un exploit et un joli cadeau pour ceux qui ont su rester
bouche bée pendant plus d'une heure et demi.
A Vénissieux ce ne sera pas pareil. La totale, les éclairages,
le retour de la violoncelliste, leur film d'animation en première
partie... On s'y rendra rassuré : les Têtes n'ont pas
changé, n'ont pas oublié la Croix-Rousse et les bars
"Chez Lucien". Côté cour, côté
jardin, les Têtes Raides seront toujours chez eux chez nous...
Spécial Respect.
Entretien avec Christian
Après la sortie du "Bout du toit", vous avez
commencé une tournée. Puis après un break cet
été, vous reprenez la route. Vous défendez toujours
l'album ou c'est une nouvelle aventure ?
On avait décidé à la sortie du disque de le faire
vivre au moins un an. Il n'y avait que quelques dates cet été,
du coup on a préféré faire une coupure. Mais
au niveau musical, on n'était pas vraiment satisfait... Là
on a retravaillé en résidence, Anne Gaëllen, notre
violoncelliste d'origine est revenue et c'est reparti.
Chez vous on a l'impression que les musiciens n'arrivent pas à
s'éloigner du groupe, qu'ils reviennent toujours...
C'est vrai, le trombone Pierrot à un moment, Zézé
au son ou Anne Gaëlle... Sans remettre en cause le travail des
personnes qui l'ont remplacée, elle a un truc Tête-raidien...
La coupure a été bénéfique, elle avait
besoin de respirer, pour retrouver l'énergie d'il y a quelques
années. C'est vrai, chez les Têtes Raides, les gens sont
souvent marqués par quelque chose, qui reste. Pourtant ce n'est
pas toujours facile, même si en ce moment ça roule à
fond, y' a toujours des moments très durs.
On a l'impression que vous êtes toujours sur le fil du rasoir...
Peut-être... sûrement... y'en a toujours besoin, pour
les premières dates, certains d'entre nous ont retrouvé
le trac. Ça c'est un bon signe.
Cette tournée justement...
On tourne jusqu'en Mars pour une cinquantaine de dates avec le Trianon
à Paris du 3 au 7 décembre. Une longue période
pour pouvoir se fixer, des temps précis, que certains d'entre
nous puissent prévoir autre chose. Cette tournée, c'est
pas du superflu, y'a encore plein de gens qui ne nous connaissent
pas, ou alors juste le dernier album.
Les théâtres, l'ambiance socio-cu', c'est pas un peu
énervant ?
Pour l'instant ça se passe bien, on rencontre un autre public...
On verra. C'est vrai que l'idéal c'est quand la salle peut
accueillir une moitié du public assis, l'autre debout. Mais
si ça bouge seulement sur les côtés, c'est gagné.
Toi, personnellement, tu n'as pas envie d'embrayer sur une carrière
solo ?
Non, pas du tout. Aujourd'hui, si le groupe arrêtait, je pense
que j'arrêterai la musique... Même si c'est pas facile
tous les jours à vivre, le plus grand truc, c'est quand les
gens du groupe arrivent à retrouver le plaisir de jouer ensemble...
Les projets du groupe : films d'animation, albums...?
Le montage du clip est terminé. On va essayer de bazarder ça
aux T.V. en espérant qu'il va se passer quelque chose. Ensuite
on va entrer dans la deuxième phase, travailler sur un dix
minutes avec bande son originale, avec bouts de textes... Ça
formera comme une première partie et ça devrait être
prêt pour le Trianon.
Sinon on est en pleine discussion pour sortir un live. Ensuite dans
un an, enregistrement et sortie en février-mars 98.
A la sortie du "Bout du toit" tu disais que c'était
l'envol ou le crasch. Vous en êtes-où aujourd'hui ?
Ça va décoller, c'est sûr, mais là, on
est encore sur la gouttière.
Olivier
Ambass
|
|
|