ARCHIVES
1996

JANVIER N°1
Condense
Jean-Yves Pick

FEVRIER N°2
Orlan
Michel Vericel

MARS N°3
Bastard
Têtes Raides
David s Ware
Vuillemin
Patrick Le Mauff
Les Trois Huit

AVRIL N°4
Taha

Saint Germain
Guillaumon

MAI N°5
Assassin
Portobello
La Voix Humaine
Illusions et Desillusions

JUIN N°6
Lubat
Noël Akchoté
Cie Lhoré Dana
Virginie Despentes

JUILLET N°7
Gary Clail
Musique Action
Gabriel Yacoub

SEPTEMBRE N°8
Frank Margerin
Break, Hip-hop et Cie
Fred Bendongué
Guy Darmet
Image Aigue

OCTOBRE N°9
Metamkine
Dominique A
Couleurs sur Paris
Condense
Michel Raskine

NOVEMBRE N°10
Têtes Raides
Les Nigauds

DECEMBRE N°11
Magma
Pez Ner
Turak Théâtre

  MAI N°5  


Photo : Caro

 

Portobello

Si on te frappe sur l’oreille droite, tends l’oreille gauche ?
Deux fois que les Portobello Bones descendent de Tours pour vous exploser les tympans. A l’aller vous avez eu droit au concert avec Garlic Frog Diet à l’occasion de la sortie du Split 45t qui les réunissait. (Merci qui ? Merci les 7 Piliers !) Au retour vous les retrouverez le 9 mai au C.C.O avec Skull Duggery (excellentissimus hardcore de Bordeaux) et Cut (Poitiers) ! Organisation Silly Hornets !
Alors tu la veux ta claque ?


Après cinq ans d’existence, quelles sont tous les mots qui vous viennent à l’esprit ?
Jérémy : Rencontres, voyages, échanges.
Franck : Le but du jeu au-delà d’un concert quand une assos te fait jouer, c’est de rencontrer des gens. Quand on joue quelque part, s’il n’y a pas eu d’échange, c’est assez frustrant, ce qui est assez rare, on aime bien à la fin qu’il y ait une bonne tablée, à la gauloise, on discute tous, avec les autres groupes.
La musique c’est le prétexte pour la tournée ou la tournée c’est le prétexte pour faire de la musique ?
Jérémy : La musique c’est surtout un prétexte pour tourner, pour voyager, comme on dit souvent, le groupe c’est un peu comme une agence de voyage.
Franck : C’est pas loin du club med, ça nous permet d’aller dans des pays où nous n’aurions pas pu aller. Nous sommes souvent hébergés chez l’habitant. Quand nous sommes partis à l’étranger en octobre, la plupart du temps, nous avons fait que des nuits blanches, les gens voulaient discuter, il y avait vraiment cet échange, surtout quand nous avons joué dans les pays de l’est. Ils posent plein de questions, sont très au courant de ce qui ce passe en France.
En ce moment, on entend dire que la scène hardcore française explose avec des groupes comme Burning Head, Condense, qu’est ce que ça veut dire exploser pour vous ?
Lionel : Pour moi les Burning, c’est vraiment un groupe qui a explosé, ils sont arrivés à vendre
10 000 albums en France, quand on sait qu’il y a deux milles personnes en France qui achètent des disques de groupes français, qui peuvent acheter Condense, Portobello, Prohibition. Les huit mille autres ne sont pas attirés par ce type de musique, et là, ils ont réussi à intéresser un autre public. C’est là que c’est une explosion, deux mille albums c’est quedal, mais en même temps c’est énorme. Demain, si on vendait dix mille albums, ça ne me dérangerait pas le moins du monde. Après on peut remettre en question comment faire pour vendre dix mille albums, quel budget promo...
Tu ne crois pas que c’est un milieu fermé, qui se regarde le nombril, comment faire pour en sortir honnêtement ?
Lionel : Du moment où tu es dans un groupe tu as des concessions à faire. Il y a des assos avec qui nous n’avons pas envie de jouer, on le fait quand même, parce que c’est une ville où nous n’avons jamais joué, mais des concessions tu en fais tous les jours aussi. Je n’estime pas personnellement faire partie d’un milieu punk-rock, je fais de la musique, on est dans un groupe, on joue pour que les gens nous écoutent. Après, c’est vrai qu’il y a l’art et la manière de le faire. Nous on fait notre musique, elle est comme ça, il y a des gens qui n’aiment pas, peu importe. Après, il y en a d’autres qui voudraient bien faire de la tune en vendant plus de disques, ils vont essayer d’arrondir les angles, je n'irai pas leur cracher dessus, ces mecs là ils sont dans un groupe, c’est une autre histoire, ils décident de faire ça autrement. Il faut arrêter d’être faux cul, il y a des supers bons groupes en France, ce n’est pas une éthique punk-rock qui va te nourrir, il faut arrêter de délirer. Tant que tu vends des disques par correspondance, là ça va, mais dès que tu te retrouves en magasin, tu es une pute et ça je ne le comprends pas. Que Offspring ait vendu des millions d’albums, je trouve ça bien. A l’étranger, un mec écoute de tout, tu peux écouter du hardcore, de la pop, de la dance, c’est un faux problème, en France, c’est plein de petits clans.
Vous avez un mot à dire à Raymond Barre ?
Lionel : Oui, j’ai quelque chose à dire. Je sais qu’à Lyon, il n’y a pas longtemps il y a une rave qui a été annulée, c’est surtout aux boites de nuits de Lyon qui ont signé la pétition, pour interdire la rave, eh bien voilà, je conchie les boites de nuits qui ont signé cette pétition.

Propos recueillis par Philou