ARCHIVES
1996

JANVIER N°1
Condense
Jean-Yves Pick

FEVRIER N°2
Orlan
Michel Vericel

MARS N°3
Bastard
Têtes Raides
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Patrick Le Mauff
Les Trois Huit

AVRIL N°4
Taha

Saint Germain
Guillaumon

MAI N°5
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La Voix Humaine
Illusions et Desillusions

JUIN N°6
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JUILLET N°7
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Musique Action
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SEPTEMBRE N°8
Frank Margerin
Break, Hip-hop et Cie
Fred Bendongué
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OCTOBRE N°9
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Couleurs sur Paris
Condense
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NOVEMBRE N°10
Têtes Raides
Les Nigauds

DECEMBRE N°11
Magma
Pez Ner
Turak Théâtre

  FEVRIER N°2  

Orlan crève l'écran


Cybermorphose en fin de cycle Adamique. Depuis les années 70 , une nouvelle génération d’artistes, tels que Julia Pane (USA), les actionnistes Viennois, Journiac (mort 10/95, « Messe pour un corps » 1969) et Orlan en France s’imposèrent au monde de l’Art en déchirant la toile bidimentionnelle de l’univers du « peintre-apprenti » et chaussant la nudité de leur corps, s’orientèrent vers la performance un « soi-disant » Art Corporel.
« L’artiste a toujours été un intervenant nécessaire à la cohésion sociale... L’art doit changer le monde ». Orlan
La performance a réintégré le langage universel, avec des rituels contemporains occidentaux, s’appropriant le corps humain et le plaçant au centre de toute action véritable, essentielle. Orlan est une œuvre ‘d’Artotale », ultime provocation dont le but n’est pas de nous scandaliser, mais de nous questionner. Après tout que savons-nous de notre propre métamorphose ?
Qui étions-nous avant « notre chute dans le temps » (Cioran) ? et où allons-nous avec ce corps corruptible et mortel qui fixe dans la chair les stigmates du temps et des époques « viandues » (Violantes) comme la machine nazie, la bombe d’Hiroshima, et actuellement le trafic d’organes communément appelé : le marché de la mort directement lié au « nettoyage ethnique » ?
« Le corps n’est qu’un sac... Je travaille sur le vieux mythe de la métamorphose, mais nous ne pouvons pas encore changer d’apparence. Le corps est obsolète ». Orlan
Pour Orlan le corps est un matériau, un corps-outil, un tube de couleur, couleur rouge sang primordial, un pinceau « poil humain » destiné à créer l’invisible écran d’une réalité déguisée, normalisée, légalisée. En Occident le corps a toujours été le « Théâtre de la cruauté » (Artaud). Le corps s’hypertrophie et se culpabilise sous la pression apparemment insignifiante mais significative, efficace des idéologies et techniques modernes « scalpelliques ». En faisant pression sur le corps, Orlan agit hors de l’aiguille du temps et des idées reçues. Elle refuse le « s’accepter soi-même » formule tronquée du 20ème siècle, la psychanalyse moderne est ignorante, la vraie formule étant Gnôthi Seauton, connais-toi toi-même ; sois toi-même ton propre terrain d’expérience, aucune science exotérique ne sera un remède à la souffrance intérieure.
« Ceci est mon corps, ceci est mon logiciel » Orlan
Orlan utilise les nouvelles technologies pour nier le Système lui-même. Le cybernétique, le monde virtuel est un miroir piégé où les choses visibles sont notre envers et il n’appartient qu’à nous de réinventer notre endroit. Orlan brandit l’aiguillon de la science comme une épée à double tranchant en faisant de son corps le séjour d’un ultime débat.
Le corps d’Orlan est une offrande qui offense le « père-mère », ce qui présente l’intérêt de nous interroger sur notre double identité. Ne sommes-nous pas les rejetons d’une blessure originelle ? Nous demeurons étranger à nous-mêmes, cherchant désespérément sur la surface de nos écrans, de notre « miroir à recoudre les plaies » le reflet de notre véritable « por-trait ».
«Je suis optimiste inquiète ou une inquiète optimiste». Orlan
Prochaine performance-Chirurgicale.
« Je voudrais faire ma prochaine performance au Japon, car culturellement les Japonais ont l’habitude de regarder la souffrance, la mort en face. Techniquement aussi ils sont plus capables d’augmenter un nez et mon prochain nez devrait partir du milieu du front. Mon but, ni masochiste, ni suicidaire, n’est pas de faire des opérations toute ma vie, mon visage a changé, il exprime ce que je veux dire et mon corps est devenu le lieu d’un débat public ; je veux voir réagir les différentes mentalités et essaimer ailleurs. J’aime l’idée du vaste monde. » Orlan 12/95
Il faut reconnaître qu’Orlan est une femme actionniste « extra-ordinaire », touchant le point sensible, faible de l’être humain, son « érotisme christique » au moment clé de l’ère transfer-t- (Kali Yoga - Hindoue - L’âge sombre/âge de fer), (Fente -sexe féminin originel-, Fracture - sociale-, Fissure -atomique-) dans un monde qui se déroule de plus en plus vite sous nos pieds, cette accélération qui caractérise l’agonie d’un monde. Si nous sommes encore les maître du Jeu, il nous appartient de nous munir d’un « passeport autre », par la pratique d’un yoga essentiel, un art corporel, réconciliateur, la Transmutation du Corps Souffrant en Corps Transfiguré. (Journiac)
L’HOMME N’EST PAS PARFAIT MAIS PERCEPTIBLE ;
Orlan expose à la 3ème Biennale d’Art Contemporain jusqu’au 18 février 1996

M.C. Cordat (Actionniste Gnostique - Ancienne du B.A. de Dijon)