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Condense
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FEVRIER
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Bastard
Têtes
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Les Trois Huit
AVRIL
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Portobello
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Illusions et Desillusions
JUIN
N°6
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Cie Lhoré Dana
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JUILLET
N°7
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SEPTEMBRE
N°8
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Break, Hip-hop et Cie
Fred Bendongué
Guy Darmet
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OCTOBRE N°9
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Couleurs sur Paris
Condense
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NOVEMBRE
N°10
Têtes Raides
Les Nigauds
DECEMBRE
N°11
Magma
Pez Ner
Turak Théâtre |
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Photo : David Anémian
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Patrick
Le Mauff
La
noce chez les petits bourgeois
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Parents
et amis se retrouvent autour d'une table pour célébrer
ce jour qui devrait être le plus beau d'une vie de couple. Et
tout le monde de faire comme si, jusqu'à ce que les gestes, les
paroles,
les attitudes trahissent les angoisses, les jalousies, les bassesses
de chacun. La noce chez les petits bourgeois mise en scène par
Patrick le Mauff,se marie idéalement au grand chapiteau qui abrite
depuis trois ans le travail
de la compagnie Place Publique.
Comme
pour tous les mariages, cela commence gentiment, poliment. Chacun à
sa place et vive la mariée ! Puis l'alcool aidant, les comportements
retrouvent leur légitimité. Les histoires drôles
deviennent gênantes, les cadeaux - ô comme c'est gentil
- encombrent la table et la robe de la mariée d'un blanc virginal
finit par céder sous la pression d'un ventre coupable.
Les verres se renversent, les langues se délient, les mains se
baladent, même les meubles fait maison se démontent, s'affaissent...
piètre décor.
La pièce de Bertold Brecht ne s'intéresse pas au mariage
en tant qu'institution mais elle donne l'occasion de mettre en scène
les comportements, les dérapages d'une classe moyenne qui s'oublie
le temps d'une noce. Comme cette robe de mariée qui à
défaut de cacher une grossesse bien avancée, souligne
la tentative dérisoire de sauvegarder les apparences. Autre époque,
Patrick Le Mauff pose sur ses personnages un regard plus complaisant,
plus affectueux que celui de Bertold Brecht qui, parlant de la pièce,
disait de ses compatriotes :
en Allemagne nous ne trouvions pas le moindre indice d'une sensualité
raffinée... La noblesse allemande était frigide, et la
bourgeoisie qui la remplaça, idéalement puritaine, c'est
à dire , réellement cochonne.
Moins encline à la métaphore, la langue allemande, il
est vrai, propose des dialogues plus féroces, plus cyniques que
le texte français. Et c'est plutôt dans la comédie
américaine que Patrick le Mauff trouve son inspiration. Sa pièce
se veut un spectacle qui aime faire le vide. Un éloge de la catastrophe.
Et dans une proximité bienheureuse, le spectateur se sent vraiment
de la noce, reconnaissant forcément un ami ou un parent parmi
les neufs personnages interprétés.
Après avoir passé tout le temps du spectacle à
la régie, la comédie est une mécanique qui demande
beaucoup de temps de réglage, Patrick Le Mauff s'installe sous
le grand chapiteau, gradins et scène vides. Aucune anxiété
ne transparait sur son visage : on a fait ce qu'on devait faire.
Le mariage pour ou contre ?
Le mariage c'est comme le Mont Blanc, on ne peut être ni pour,
ni contre... Il est là. C'est un rituel fondamental pour le corps
social. Comme pour la famille, il y a l'aspect communautaire et l'aspect
aliénation. Dire on est pour ou on est contre n'avance pas à
grand chose. D'ailleurs cette pièce ne parle pas uniquement du
mariage, c'est une pièce sur les comportements. On pourrait ramener
ces petits personnages dans un univers plus proche, et l'on verrait
que lon nest pas très loin d'eux. Quel que soit le
milieu, on a tous un désir de se distinguer tout en fonctionnant
par mimétisme. Vous allez dans une soirée culturelle et
bien il y a des modes de comportement. Il ne faut pas faire telle chose,
il faut serrer la main à untel, il ne faut pas dire de bêtises...
Ce n'est pas le propre des petits bourgeois.
Vous semblez avoir une réelle tendresse pour vos personnages,
même s'ils ne sont pas toujours très sympathiques ?
Oui... Beaucoup... Difficile d'avoir un point de vue critique sur des
personnages sans les aimer profondément. Qui n'a pas mis dans
une soirée de la musique un peu fort par peur d'un moment de
silence, qui n'a pas essayé de faire boire ses invités
parce que la discussion n'était pas intéressante ? On
ne peut être féroce qu'avec des êtres dont on ne
se sent pas complètement éloignés.
De travailler sous un chapiteau influe-t-il sur le choix de vos pièces
?
Oui, il faut les choisir en fonction de cela... les adapter. Par exemple
pour la noce, nous ne pouvions jouer de manière frontale. Donc
il nous fallait trouver la mise en scène qui s'adapte le mieux
au chapiteau... pour qu'il paraisse indispensable à la pièce.
On a mis du temps pour trouver la disposition idéale de la scène,
afin que chaque réaction soit lisible par le public même
si les personnages sont à table et lui tournent en partie le
dos. Avec cette disposition le spectateur se sent presque à table
sans pour autant que nous utilisions le mode participatif qui met souvent
mal à l'aise. Avec le chapiteau, il y a aussi des imprévus.
Au début de la représentation de ce soir, il pleuvait
et cela résonne vite sous le chapiteau. Cela peut créer
une distance avec le public qui doit tendre un peu l'oreille... Alors
petit à petit, on adapte, on apprend à jouer avec le public
et le lieu. Chaque soir on est sur une corde raide.
Fabienne
Swialty
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