JANVIER
N°1
Condense
Jean-Yves Pick
FEVRIER
N°2
Orlan
Michel Vericel
MARS N°3
Bastard
Têtes
Raides
David s Ware
Vuillemin
Patrick Le Mauff
Les Trois Huit
AVRIL
N°4
Taha
Saint Germain
Guillaumon
MAI N°5
Assassin
Portobello
La Voix Humaine
Illusions et Desillusions
JUIN
N°6
Lubat
Noël Akchoté
Cie Lhoré Dana
Virginie Despentes
JUILLET
N°7
Gary Clail
Musique Action
Gabriel Yacoub
SEPTEMBRE
N°8
Frank Margerin
Break, Hip-hop et Cie
Fred Bendongué
Guy Darmet
Image Aigue
OCTOBRE N°9
Metamkine
Dominique A
Couleurs sur Paris
Condense
Michel Raskine
NOVEMBRE
N°10
Têtes Raides
Les Nigauds
DECEMBRE
N°11
Magma
Pez Ner
Turak Théâtre |
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Ph : Céline Mahé
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Gary
Clail
On le
reconnaîtrait à ce seul regard étrangement pénétrant
et à son léger strabisme. Fort de ses années de
travail
et recherches chez On-U-Sound, enfin compris et heureux chez Yelen,
sa nouvelle maison de disque, Gary Clail vient de quadriller notre cher
hexagone, histoire de nous présenter son Keep the faith.
491 la rencontré et lui a volé quelques sacro saints
instants dinterview !...
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Gary Clail, qui est-ce ?
Né à Bristol, jai grandi avec ma mère au
sein de la communauté jamaïcaine. Jai appris à
vivre au milieu de ces gens, leur musique, leur chaleur... Ma mère
tenant un petit bar, jy rencontrais tous styles de gens. Dès
16 ans, jai commencé à fréquenter les clubs
blues (et reggae) ou sheebeems, lieux de rencontres plus ou moins clandestins.
Unique blanc entouré de gens de couleur, je my sentais
pourtant en sécurité. Dans ces endroits, les DJs
étaient très populaires, mixant des disques importés
de la Jamaïque et informant la population locale des potins et
nouvelles du coin. Un soir que javais un peu bu, jai demandé
le micro, je lai saisi et jai raconté à quoi
pouvait ressembler la vie dun chômeur blanc dans ce pays
: ça a marché. Jai alors pris lhabitude décrire
quelques chansons. Puis ce fut la rencontre avec Mark Stewart (fondateur
du Pop Group), qui ma présenté à Adrian (Sherwood)
qui venait de se lancer dans le On-U-sound...
Comment es-tu devenu Gary Clail, un des membres actifs du On-U-Sound
?
Je nétais pas musicien, mais entouré de musiciens
de talent. Jai vite réalisé quil fallait que
je crée quelque chose. Jai alors commencé à
stocker des bandes denregistrements studio de nombreux artistes
et jai constitué mes premières collections de sound-system.
Naturellement, les gens mont demandé de jouer dans des
clubs : jai pu gagner de largent. Cest alors quon
ma proposé de faire un disque chez On-U-Sound. Gary Clail
était né, et avec lui albums, remix, singles... Keith
Leblanc, Skip Mc Donald, Doug Wimbish, Paul Oakenfold... autant de noms
qui ont contribué au phénomène Gary Clail.
Que peux-tu nous dire de toi personnellement ?
Je suis quelquun de sincère et dhonnête avec
moi même. Tu vois, je nai pas supporté dêtre
traité comme un objet de marketing, lorsque jétais
chez RCA, et de perdre ma propre individualité. Je détestais
être pris pour une star et perdre le contrôle de mes actions
et réalisations. Cest alors que RCA a trouvé à
redire à mes paroles, même si ma musique plaisait ! Plus
de maison de disque, ma carrière au statu quo, le néant
pendant 2 ans. Après cette période de remise en question,
jai eu la chance de rencontrer Patricia Bonnetaud et... jai
signé chez Yelen, qui me laissait libre arbitre artistique. Jai
peur du succès. Cela me gêne vraiment dêtre
une star reconnue. Je hais le showbizz. Les gens perdent leur foi dans
ce monde... Mais je me bats aussi contre la pauvreté, la violence,
la drogue...
Gary, le gentil hooligan ; Gary, respectueux des autres ; Gary, le
gypsy : autant de termes qui pourrait te définir ?
Jai grandi dans un environnement social défavorisé,
entouré par la violence, les crimes, la prison, sans éducation
(jai ouvert mon premier livre à 28 ans), livré à
moi même : je nai jamais voulu faire partie de ces gens
là ; je me suis battu pour men préserver. Je bois
beaucoup, sauf que je ne suis pas violent ! Tu peux être un peu
hooligan, tout en restant gentil et charitable. Et je suis heureux de
cette force en moi. Il faut que les gens apprennent à se respecter,
à tolérer et accepter leurs différences. Quant
à Gary, le gypsy... Jai été marié
à une gitane. Et son père trouvait que je pensais, vivais
un peu comme eux : jétais gitan à ma manière,
je faisais partie de la famille ...
Et tes projets davenir ?
Un jour, un agent ma dit, la longévité est la clé
du succès dans la musique. Mon Dieu ! Mon premier disque sécoute
encore, les gens dansent dessus et lapprécient toujours.
Cela fait 12 ans que je suis dans le circuit ; et je pense être
là dans les 15 prochaines années à venir...!!!
Thanks, Gary, for your kindness and. for remaining so simple and
natural and being yourself...
Propos
recueillis par Anne Huguet
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