LA RUE DES ARTISTES
Festival des arts confondus, convivial et familial par essence, la 14e édition de la Rue des Artistes devrait ensoleiller Saint-Chamond du 16 au 19 juin. Entretien avec Mustapha Kerroua, son directeur artistique.
L’évolution ?
C’est à partir de la 10e édition (2007) que l’événement a pris une certaine ampleur via la programmation de véritables têtes d’affiche (les Skatalites, puis Touré Kunda, Sinsemilia… et cette année Alpha Blondy), ce qui nous a aussi permis de fidéliser un public de plus en plus nombreux. Cette évolution s’est néanmoins faite crescendo, sans sacrifier la vocation du festival ni l’accompagnement de jeunes artistes que nous réalisons depuis 15 ans avec l’association Atout Monde, qui pense et organise la Rue des Artistes.
La vocation, justement ; s’agit-il de concevoir un programme véritablement bigarré et destiné à un public de 7 à 77 ans ?
Oui. Et nous faisons en sorte que les gens puissent venir en famille. Sachant que le festival est à la fois la finalité et un bon résumé du travail de formation et sensibilisation artistiques que nous effectuons toute l’an-née auprès des différentes populations de la ville. Entre les arts plastiques, les musiques populaires, le cirque et les spectacles de rue, notre programmation est on ne peut plus pluridisciplinaire. Et lorsqu’en 2009 nous proposons le même soir Bill Deraime et Didier Wampas, c’est qu’il s’agit bien pour nous de mélanger les genres et les générations. Et ça marche ! Quand chacun apprend à respecter la sensibilité de l’autre. Ainsi, la vocation première de la Rue des Artistes est de créer du lien social, tout simplement.
Un travail initié en amont du festival, notamment avec le Cirque des quartiers ? Le cirque Piccolino est en effet intervenu dans les 4 quartiers de la ville en animant des ateliers de formation à la pratique circassienne, qui donneront lieu ensuite à des représentations inédites sous chapiteau partout dans Saint-Chamond ! Suivant cette logique, nous réfléchissons déjà à un grand défilé circassien qui réunira tous les habitants de la cité lors de la 15e édition en 2012.
Quant à 2011 ? Disons que la programmation est un peu rattrapée par l’actualité, ce qui ne gâte rien : Alpha Blondy en écho à la situation en Côte-d’Ivoire, HK et les Saltimbanks dont une chanson (On ne lâche rien) a été reprise lors de toutes les manifestations du 1er mai, ou les collectifs En Croq et Piano C qui proposeront des spectacles sur la vie des déchets urbains, miroir caricatural de notre société. Ajoutons à cela les chansons réalistes de Pigalle et le voyage breton initié par Tri Yann. Sans oublier les groupes régionaux : Td+, Sentinel et Rémo. Quant aux compagnies d’arts de la rue, au-delà des prouesses techniques, elles proposeront dans l’ensemble un certain regard sur nos façons de vivre ensemble. Et c’est exactement ce que l’on attend d’elles.
Le mot de la fin ?
Chapeau à tous les bénévoles qui font vivre le festival et bienvenue à tous en juin de par chez nous.
Du 16 au 19 juin à Saint-Chamond (42)
Laurent Zine
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