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COMPAGNONS
DU NTH8

 

Le Nouveau Théâtre du 8e (NTH8) recrute ses compagnons en ce début d’année. Depuis près de 10 ans maintenant, la compagnie des TroisHuit s’entoure en effet de jeunes artistes qu’elle contribue à former et qu’elle accompagne, donc, pendant 2 ans. Beaucoup de comédiens, de metteurs en scène, comme Géraldine Bénichou, SamuelHercule, ont depuisfait un beau chemin. Sylvie Mongin Algan et sa troupe organisent pour l’occasion le festivalSinguliers/Singulières.Ils’agit de montrerle travailen cours d’anciens compagnons comédiens, et celui de la génération qui s’en va. Pendant 4 semaines, les spectacles succéderont aux spectacles, il y en aura beaucoup, une vraie fête du théâtre dans ce lieu particulier qu’enfin le tram dessert, et qui, le jeudi, propose toujours l’entrée gratuite. Alors même que le Théâtre de la CroixRousse, du 19 janvier au 6 février, donnera à voir son sublime Lambeaux, avec Anne de Boissy, Sylvie Mongin Algan montrera, chez elle, ses Œdipe Stories.
Rencontre avec la metteuse en scène et directrice du NTH8.

Du 21 janvier au 13 février, ce sont 4 semaines assez particulières pour vous ?
L’idée, c’est d’abord notre 5e recrutement. Nous faisons travailler des groupes d’acteurs, nous les observons, puis nous proposons un stage de 10 jours avec les meilleurs. Puis, parmi ceux-là, nous en choisissons 8, en fonction de critères nombreux. Nous savons qu’il faudra vivre pendant 2 ans ensemble, il faut donc que nous en ayons chacun le désir. Il nous faut savoir si les candidats, outre leurs qualités artistiques, sont mûrs pour ce temps de compagnonnage, ils ne doivent être ni trop jeunes ni trop formés… Bref, c’est un moment crucial, dans la vie de notre théâtre, que marque le festival Singuliers / Singulières.
Vous avez programmé pas moins de 8 spectacles avec des anciens compagnons… C’est une promotion de votre système de formation ?
En effet, les compagnons, lorsqu’ils partent, continuent leur cheminement artistique, et nous sommes très heureux de les retrouver, de les voir travailler dans des spectacles très différents. Ainsi, pendant le festival, nous annoncerons tous les spectacles en cours des anciennes générations d’élèves, et nous montrerons au théâtre 6 projets d’anciens compagnons, en plus du PourLouisdeFunès, de Novarina, par Vincent Bady, dont le sujet est le métier d’acteur, et mon Œdipe Stories.
Parlez moi de ce spectacle, Œdipe Stories. C’est une reprise ?
Tuer le père, ce sera d’abord le symbole de la fin d’un compagnonnage. Ce n’est pas tout à fait une reprise. Guy Naigeon et moi avons travaillé Œdipe en 20072008 pour Quais du polar. C’était la plus grande enquête de tous les temps : comment les circonstances avaientelles pu converger à ce point qu’Œdipe en arrive à épouser sa mère et tuer son père ? Et puis nous l’avons repris dans une Nuit du NTH8, en feuilleton. On était partis d’Œdiperoi de Didier Lamaison, et puis nous avons monté plusieurs fins, comme celles proposées par Cocteau, Sophocle, Robert Garnier, Nancy Huston ou Joël Jouanneau… Ce spectacle est en mouvement, d’année en année, ce n’est jamais le même, car il est conçu pour le plaisir de la variation, avec, bien sûr, une structure assez solide pour tenir tout ça. Il y a une part d’improvisation, comme le jazz, avec des thèmes et des gimmicks, c’est une forme joyeuse, très libre. On verra si nous réussissons à résoudre cette énigme, enfin.
Il y a des points communs, entre les choix artistiques des compagnons, qui seraient comme le signe de leur passage chez vous ?
Si l’on regarde les différentes propositions, on peut remarquer, je crois, surtout la diversité des inspirations. Ils aiment multiplier les langues, la LSF, le roumain… Ils mobilisent des moyens techniques légers, ce qui est nécessaire puisque nous avons programmé jusqu’à 3 spectacles par jour, mais cela ne les freine pas, ils s’intéressent à la vidéo, ils convoquent la danse, les arts plastiques… Ce sont des artistes curieux de tout, qui ne fuient pas non plus l’engagement politique.
Comment vous est venue cette idée de compagnonnage ? À quel besoin, quel désir cela répondil ?
Aux TroisHuit, les choses se construisent en se faisant. À l’époque, dans notre friche villeurbannaise, nous avons constaté qu’il n’y avait plus de formation à Lyon. Nous avons donc imaginé un tour, pas de France car c’était compliqué, mais des théâtres. Nous avons alors signé des contrats de professionnalisation. Puis nous nous sommes réunis dans un GEIQ (groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification) où nous sommes aujourd’hui une douzaine, avec le TNP, SaintPriest, Vénissieux, et puis Françoise Maimone, la Nième, le Grabuge, les Transformateurs… Pour nous, c’est une rencontre avec des artistes, à qui nous avons tant de savoirs à transmettre, et qui nous transforment, eux aussi, en retour, par leur contact, par leur talent.

Du 21 janvier au 13 février au NTH8, 04 78 78 33 30

Étienne Faye


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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