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GILLES VERNERET
TENTE L’AVENTURE
DE L’IMAGE
LA GALERIE LE BLEU DU CIEL

C’est vrai que beaucoup de photographies fascinent l’œil à cause de ce bleu insondable, de ces bleus, devrais-je dire, dont la palette semble infinie. Le ciel, pour cela, recèle tant encore de trésors visuels, de nuances, de photographies, qu’il méritait sans doute de s’afficher au fronton d’une galerie. Cette galerie, dirigée par Gilles Verneret, existe depuis 11 ans sur le plateau de la Croix-Rousse, puis, aussi, rue Burdeau, et a commis plus d’une soixantaine d’expositions. Visiter le Bleu du ciel est un plaisir d’amateur, certes, puisque de nombreux artistes contemporains y montrent des travaux parfois très expérimentaux. Mais c’est aussi un plaisir de promeneur, comme dans cette rue Burdeau où les galeries pullulent. Gilles Verneret insiste sur son rôle de service public, lui qui ne s’est jamais vu comme un vendeur et, surtout, lui qui dirige un lieu qui ne vit que de subventions. Rendez-vous est donc pris avec lui.

Vous allez ouvrir une nouvelle salle le 4 février, une salle de projection ?
Il ne s’agit pas à proprement parler d’une nouvelle salle. Nous recyclons la grande pièce en haut de notre local de la rue de Cuire pour la transformer, oui, en salle de projection permanente. Vous savez, sur le modèle du cinéma permanent d’autrefois. Il y aura des horaires affichés en bas, les gens monteront comme ils veulent, resteront une demi-heure ou moins. Les films montrés seront bien sûr expérimentaux, comme ceux de Georges Rey, du 4 février au 5 mars. Il faut absolument voir, par exemple, cette vache qui rumine, tranquille, dans son pré, s’intéresser très progressivement à la caméra qui la fixe, c’est très drôle. Cette nouvelle initiative me fait dire que le Bleu du ciel ne s’intéresse pas seulement à la photographie, mais à l’image, à l’aventure de l’image.

Votre programmation est plutôt contemporaine, j’ai l’impression.
C’est vrai, nous aimons les expérimentations. Par exemple, nous exposons souvent de jeunes artistes des Beaux-Arts de Lyon, une école vraiment excellente. Mais nous ne sommes pas du tout allergiques au classicisme et nous organisons chaque année l’exposition d’un photographe au style, disons, plus académique. Je suis également à l’origine d’une exposition intitulée “Lyon des photographes”, qui sera accrochée au rez-de-chaussée de la rue de Cuire pendant toute la durée des séances permanentes de Georges Rey, avec des photos noir et blanc parfois anciennes, prises par ma génération de photographes, la soixantaine d’années, quoi, pour le plus jeune. Mais c’est vrai qu’à côté de cela, nous organisons, en mars, une monographie d’Éric Rondepierre. C’est un des artistes contemporains français les plus connus dans le monde. À New York, à Tokyo, on connaît et surtout on l’apprécie, les plus grands musées du monde achètent des images signées Rondepierre. Bien sûr, nous sommes très fiers de l’exposer, rue Burdeau, ce sera une expo intitulée “Seuils”. Il mélange des photogrammes de cinéma avec ses propres clichés, c’est très surprenant.

Quel est alors le point commun entre tous ces artistes ?
L’homme. Le fil conducteur, c’est l’homme. Je m’explique. L’art, je m’en contrefous, et le marché de l’art, encore plus. Le Bleu du ciel est une institution, à Lyon, nous vivons de subventions et je suis bénévole : c’est ce qui nous permet une telle indépendance, nous n’appartenons à aucune chapelle. Nous avons deux lieux d’exposition, un rue Burdeau où nous proposons des artistes internationaux comme Elinor Carucci, Éric Rondepierre, Philippe Chancel (“Dubaï”, en mai), un autre rue de Cuire où nous proposons des gens moins connus. C’est aussi notre rôle de montrer le travail des artistes de la région. J’aime l’image lorsqu’elle est belle, mais aussi quand elle est pensée. Les images que je donne à voir ne sont pas toujours techniquement très bien réalisées. Par contre, elles ont toujours, au centre, cette préoccupation de l’autre qui me passionne tellement. Je suis un admirateur de Doisneau, qui fut le parrain de la galerie il y a 11 ans. On ne fait plus les images comme lui, c’est une époque, mais ce qu’il y a d’intemporel dans ses clichés, c’est l’humanisme qui en sourd.

Cette année est celle de la Biennale de la danse et donc de Septembre de la photographie, festival créé à votre initiative avec la Ville de Lyon. Quel en sera le thème, cette année ?
L’Amérique ! Et comme il se doit, nous l’inaugurerons le 11 septembre. Ce n’est pas anodin ! La Biennale s’appellera donc “US today, after Katrina”. Ce qui nous intéressera, c’est l’Amérique après Bush, un regard assez social… mais aussi un regard international, car l’Amérique est partout dans notre quotidien, dans celui de toute la planète. Une vingtaine de lieux d’exposition sont pressentis, cela veut dire beaucoup de propositions, de styles, et des artistes du monde entier.

Le Bleu du ciel, 04 72 07 84 31

Étienne Faye


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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