ARCHIVES INDEX

LIONEL MARTIN

Blue Taxi : Éthiopie et hommage à Taxi Blues de Pavel Lounguine…

C’est grâce à ce film que je joue de la musique aujourd’hui, grâce à Sidney Bechet, bien sûr, et Yves Bleton d’Agapes… Le taxi bleu, c’est le taxi éthiopien, l’emblème de uKanDanZ, le projet d’éthiojazz-groove avec notre chanteur Asnaque Guebreyes, d’Addis-Abeba, qui me fait sortir les tripes. De l’énergie, du gros son, une longue progression qui emmène les gens à la transe et la danse. Alors comme dit Novecento (le Pianiste d’Alessandro Baricco) : “Au Cul le Jazz !” Je suis enfin dans la transversalité sans compromis, celle que je recherchais depuis des années. Pas besoin de discours, la musique fait le lien ; nous jouons aussi bien dans les festivals de musiques du monde que dans les festivals rock, jazz ou SMAC. Ce que je retiens de ces dernières années, c’est que plus tu avances, plus tu donnes, mais plus tu es obligé de gérer ton énergie, alors tu fais des choix pour aller encore plus loin dans l’engagement : la musique doit être sans concession, la vie aussi, c’est trop précieux… Je ressemble de plus en plus à ce que j’étais, chaque jour je me réveille avec encore plus d’énergie. Il y a des expériences qui te perdent pour peut-être mieux te faire avancer. J’ai besoin de me frotter aux choses, d’essayer pour savoir ce que je ne veux pas, c’est un long processus… Et puis il y a des déclics, une expo, un concert, un événement qui rallume ta flamme intérieure. C’est à la mort de mon grand-père que j’ai réalisé, mais bon sang qu’est-ce que je fais, c’est quoi ces compromis ? J’ai pensé à lui et à sa manière d’être avec les autres et avec lui-même, et là je me suis dit : “On arrête tout, on repart à zéro, on va construire du Pur.” Je crois au côté Sacré de la Musique. Il faut tout montrer, se donner entièrement, envoyer la purée ! Nous travaillons sur la musique des Stooges avec le trio Msphere avec le guitariste Fred Meyer et le batteur Thibaut Martin. Je regrette de ne pas avoir connu Iggy Pop plus tôt. Y en a marre des musiciens, artistes je déteste ce mot, d’ailleurs, qui profitent d’un système qu’ils accaparent sous prétexte de le défendre en le saignant à vif ! Il faut envoyer de la sauce, convaincre… J’en veux beaucoup à tous ces projets qui n’ont ni queue ni tête ; montés de toutes pièces, sans fondements artistiques, qui non seulement ne sont pas attirants pour le public, mais qui en plus décrédibilisent tout un travail de fond. À quand une société tournée vers les jeunes, les vrais, pas ceux qui ont 30 ans… Quand tu vois comme ça joue, le niveau, la cohérence et l’esprit de groupe chez “ceux qui arrivent” en musique en théâtre en danse… Faites-les jouer ! Subventionnez-les !!! Si tu as quelque chose à dire tu prends ton sax, ta batterie, ta peinture, tu descends dans la rue et tu t’exprimes ! Il faut attaquer ! Tu hurles ou tu prends ton surf, ta planche à voile et tu vas faire le point… Quand tu es sur une vague ou dans un couloir tu y crois ou tu es mort, pour la musique ce doit être la même chose… Il faut s’éclater, c’est à nous de faire sortir les gens de toute cette morosité ambiante… Je reviens toujours sur le même discours : s’il n’y a pas de kiosques à musique en ville (ça coûterait moins cher que des rondes de policiers et ça aurait de l’impact sur la santé mentale des gens…), n’at-tendez pas qu’ils soient créés, jouez dans la rue ! Les gonzes ils sont tous attachés à leur Facebook, leur portable, et il n’y a jamais eu si peu de communication, il faut que ça cesse ! Parlez, chantez, ouvrez les yeux, c’est pas beau tout ça ! Je vais bientôt remonter dans un arbre, ou trouver autre chose, d’ailleurs. C’était une sacrée expérience, les gens m’en parlent encore. Il faut envisager la musique comme le font les plasticiens, il faut chercher de nouvelles formes pour la donner, la crier. Où sont les fous ?
Pour terminer, il faut que je parle de ma rencontre avec l’Afrique, l’Éthiopie plus particulièrement. Je n’ai pas fini d’être bouleversé. Quelle leçon d’humanité, tout le monde devrait aller y faire un stage… Tu as rien mais tu as tout, à toi de jouer !
Merci à tous les gens qui m’ont donné un sou quand j’en avais besoin, à ceux qui me font confiance, tous les gens qui me soutiennent depuis le début ! (Et il y en a beaucoup…)
Prochains rendez-vous dans la région pour le festival À Vaulx Jazz au mois de mars avec uKanDanZ, Asnaque Guebreyes et la Maîtrise du conseil général de la Loire ; sinon, pour ceux qui aiment bouger, tournée éthiopienne tout le mois de janvier.

Liens Internet www.myspace.com/lionelmartin www.myspace.com/ukandanz www.myspace.com/mspheretrio www.myspace.com/dallegresbarbares


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JANVIER N°155
Festival du Film Court
Le Rize
Sylvie Mongin Algan
Le Sonic

FÉVRIER N°156
Gilles Verneret
Agapes-Jazz
Karelle Prugnaud
Sandrine Lano

MARS N°157
Thierry Serrano
Jean Lacornerie
Cathy Bouvard
Printemps Hurlants

AVRIL N°158
Reperkusound
Assises Internationales du Roman 2010
Gilles Chavassieux
Brain Damage

MAI N°159
Margot Carrière
Claire Rengade
Catherine Hargreaves
Clara Arnaud
Genevieve Brissac
Sophie Broyer

JUIN N°160/161
Les Invites
Musiques Innovatrices
Balades d'été
François Beaune

SEPTEMBRE N°162
Bruno Amsellem
Paroles de metteur en scène
Biennale de la danse 2010
Stéphane Bonnard

OCTOBRE N°163
Amphithéâtre de l'Opéra
Claire Rengade
Jean-Philippe Salério
Vincent Bady

NOVEMBRE N°164
Sarah Fourage
Bruno Boëglin
Gislain Drahy
Brion Gysin

DECEMBRE N°165
Lionel Martin
Alfredo Arias
Nicolas Ramond
Martin Zimmerman