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CATHERINE HARGREAVES
Young and pretty
Catherine Hargreaves est de ces jeunes talents issus des formations de l’Ensatt – l’École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre, installée dans le 5e à Lyon – qui, forcément, hantent les salles de spectacle de la région. La mise en scène, qu’elle pratique depuis l’école, n’est peut-être pas son métier, puisqu’elle est comédienne, mais est devenue très vite, et presque naturellement, son activité principale. Depuis les mises en lecture, au festival des Européennes du Théâtre des Ateliers, jusqu’à la pièce Un grand nombre, dans ce même lieu, où elle montra une assez lumineuse maîtrise de ce texte complexe de Caryl Churchill et une simplicité de bon aloi… puis avec la pièce Réalisme, d’Anthony Neilson, auThéâtre de l’Élysée, qui convainquit les Célestins de programmer Le Monde merveilleux de Dissocia, du même auteur, en janvier dernier… l’artiste, en peu de temps, s’impose comme une metteuse en scène qui compte. La jeune Anglaise, traductrice de la plupart des pièces qu’elle monte, comédienne pour un Électre créé à Nancy dans les mois qui viennent, a un emploi du temps qui commence à être fort chargé. Elle fait aussi partie d’un collectif d’artistes, les 7 Sœurs, avec David Mambouch, Laure Giappiconi, Blandine Pinon et Yann Lheureux, qui créera fin mai une Nuit des 7 Sœurs au Nouveau Théâtre du 8e (le NTH8). L’occasion de faire connaissance avec Catherine Hargreaves.
Vous êtes une jeune femme dont les débuts sont très prometteurs… Avez-vous cependant le sentiment qu’être une femme peut vous être défavorable, dans le milieu du théâtre ?
Je me dis d’abord qu’il est difficile de mettre en scène, avant de savoir s’il est difficile d’être une femme. C’est a posteriori, cependant, que je me rends compte, en ne cherchant surtout pas de fausses excuses, sans pouvoir donner d’explication précise ou d’anecdote, que c’est plus dur quand on est une femme. Ce n’est pour moi qu’un sentiment diffus, mais je crois que oui, pour une femme, réussir, dans ce métier, avoir une reconnaissance, cela prend plus de temps. En fait, dans l’absolu, j’essaie de ne pas penser à ça, je ne veux pas penser à moi, de toute façon, et je préfère me concentrer sur ce que j’ai à faire.
Justement, à ce propos, vous montez, avec vos complices, une Nuit des 7 Sœurs ?
C’est la rencontre entre 2 collectifs, celui des Trois-Huit, qui nous accueille, et le nôtre. Il y a matière à réflexion, d’ailleurs, je crois que c’est très féminin comme mode de fonctionnement, le collectif. Ce qui ne veut pas dire que nous ne sommes pas ambitieuses, ni qu’on est tous copains-copines. Bref. Nous sommes 5 artistes, nous venons pour la plupart de la promotion 63 de l’Ensatt, et puis Blandine Pinon vient du CNSMD [ndlr : Conservatoire national supérieur de musique et de danse], ce qui veut dire aussi que la compagnie promeut 5 projets indépendants. Mais, pour cet événement, nous allons travailler tous ensemble, avec nos idées, nos sensibilités différentes. Avec les techniciens, cela représente une quinzaine de personnes, une belle équipe. Nous nous sommes mis d’accord sur 2 thèmes, qui couperont la Nuit en 2 : d’abord la nuit au cinéma, ensuite la fête. Je ne peux pas dire grand-chose de plus, nous travaillerons ce spectacle dans l’urgence, au mois de mai. Ce que je peux dire, c’est que nous allons rejouer des scènes de nuit précises du cinéma, avec des personnages qui iront de l’une à l’autre, et que l’esprit sera celui des cabarets…
Le 29 mai au NTH8, 04 78 78 33 30
Étienne Faye
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