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DENIS PLASSARD
“Je suis hyper joueur”
Après DéBaTailles, créé en novembre 2008 à la Maison de la danse, Denis Plassard, chorégraphe et danseur, présente cette année 2 soli au Théâtre Astrée, puis Le Terrier, d’après Franz Kafka, au Théâtre du Point du Jour… Manière de voyager d’un univers à l’autre, du hip-hop drôle et rosse de 5 gars en costard-cravate à des spectacles plus intimistes et tout près des textes.
Quoi de neuf après DéBaTailles ?
DéBaTailles va tourner, notamment, autour de Lyon, à Irigny et Corbas. Avec ce spectacle, on a retrouvé un rapport simple avec la danse, avec les musiciens qui nous accompagnent sur scène, le côté défi et cour de récréation des battles. Je suis hyper joueur et j’adore cet aspect ludique… Mais là, j’ai envie de trucs plus minimalistes et théâtraux… À l’Astrée, je présente 2 soli avec la comédienne Pauline Laidet. Le premier, que j’ai déjà créé, s’appelle Derrière la tête parce que je joue avec 2 têtes, l’une devant, l’autre derrière, et je porte un costume inversé dans le dos. Pour l’autre pièce, Critique, je me suis amusé à écrire 5 critiques d’un même court spectacle, qui sont dites par Pauline en même temps qu’elle réalise une chorégraphie de 4 minutes… et qui est précisément l’objet des critiques. Il y a le critique “local” qui parle de tout sauf du spectacle, la “très documentée” qui fait référence à l’art brut, celui qui démolit…
Ce n’est pas un peu caricatural ?
Ce qui m’amuse surtout, c’est de jouer avec le regard du public. Le rapport au regard est très volatile dans la danse. Mais comme l’interprète refait 5 fois la même chorégraphie, on voit chaque fois de nouvelles petites choses. D’autant que quand on est porté par le texte, on regarde un peu différemment. Le jeu est de frotter le mouvement et le sens… Pour moi, c’est aussi une manière de retourner au texte.
C’est pareil pour Le Terrier, qui a déjà été monté en 1998 ?
Cela faisait longtemps que le Théâtre du Point du Jour me le demandait. Ce duo a été créé avec la comédienne Nathalie Royer. Le Terrier est une nouvelle de Kafka qui raconte l’histoire d’un animal qui tourne en rond, prisonnier de son terrier. Il se fait tout un délire paranoïaque sur l’agencement de son terrier, et petit à petit, il entend un bruit, engage une enquête, fait des sondages. Il entre dans une espèce de paranoïa méticuleuse, un délire extrême… Et le texte oscille entre du délire pur et une réflexion sur la stratégie militaire. Ce duo est un vrai ovni, car il n’y a pas la comédienne et moi qui danse de mon côté. Nous sommes tout le temps ensemble, côte à côte. Elle parle et bouge et je la suis, en permanence, je reproduis ses gestes. Je suis comme un double d’elle-même. Ça crée une étrangeté, puis, tout à coup, une amplitude dans le mouvement. C’est une pièce qui m’a marqué. J’ai toujours eu la tentation du théâtre. Je m’en éloigne parfois, mais j’y reviens toujours d’une façon ou d’une autre. Bizarrement, Le Terrier n’a pas été une conclusion, mais plutôt un point de départ. Et si je le reprends aujourd’hui, ce n’est pas pour rien. Dans les projets suivants, il y a aussi un retour au théâtre.
Et donc, après ?
J’ai déjà une création prévue pour la Biennale 2010. C’est un roman-photo en live, où les danseurs ne bougent que dans le noir et s’immobilisent dès que la lumière revient, comme dans les poses de roman-photo, avec des bulles où seront projetées les répliques…
Pas tout seul !, les 13 et 14 octobre au Théâtre Astrée, 04 72 44 79 45 Le Terrier, les 11 et 12 janvier au Théâtre du Point du Jour, 04 78 150 180
Florence Roux
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