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JANVIER N°133
Daniel Cohn-Bendit
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Les Innatendus
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Béatrice Massin

FEVRIER N°134
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Turak Théâtre
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Chaos Danse
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Chronique Québécoise

MARS N°135
Têtes Raides
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AVRIL N°136
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Shaker
Maison d'Izieu
Ça tchache !
Lady in the dark
Philippe Delaigue
Territoires singuliers
Impemanence

MAI N°137
Assises Internationales du Roman
Peter Csaba
Claudia Stavisky
Nuits Sonores

JUIN/JUILLET
N°1
38/139
Les Intranquilles
Jazz à Vienne
Michel Tremblay
Festival des 7 collines

SEPTEMBRE N°140
Septembre de la photographie
Riddim Collision
Emilie Valantin
Guy Darmet

OCTOBRE N°141
Mathurin Bolze
Lola Lafon
Don Quichotte
Jazz à Rive-de-Gier

NOVEMBRE N°142
Traces
Idem
Denis Plassard
Les larmes d'Ulysse

DECEMBRE N°143
Notre Cerisaie (NTH8)
Galeries O.Houg et G.Verney Caron
Dave St-Pierre
Yokohama Zen Rock



  Septembre de la photographie  


Des identités flottantes

En unisson avec la Biennale de la danse, Lyon Septembre de la photographie inaugure cette nouvelle saison culturelle lyonnaise. Divers lieux de l’agglomération sont investis d’artistes choisis cette année pour leur approche de la notion d’identité. Fort d’une thématique porteuse, l’exercice peut pourtant s’avérer risqué, tant il est difficile de traiter d’un tel sujet sans tomber dans une galerie de portraits et dans l’accumulation de stéréotypes. Car la question de l’identité contemporaine est complexe. Sous le déclin des autorités liées aux croyances, aux traditions ou au politique, face au développement des technologies et du marché, la pratique de soi n’est pas propre à l’art mais une préoccupation socialement élargie. L’ouverture des territoires technologiques comme géographiques aurait pu permettre d’entrevoir une généralisation des singularités. Mais l’aspiration du libéralisme de masse a davantage construit une société molai re que moléculaire. En donnant une place importante aux pays de l’Est entrant dans l’Europe, cette édition nous montre comment, au cœur de ce contexte globalisant, des artistes photographient comme ils se construisent eux-mêmes, dans une forme de résistance. La rapidité de cette marche vers l’Europe s’accorde en dissonance avec le vécu de ces artistes, qui adoptent alors souvent dans leurs œuvres une position de repli dans l’ordinaire, documentant leur quotidien et leur propre filiation. Sans mise en scène ou artifice, se dessinent les contours d’un contexte familial et historique à travers les portraits de Paula Muhr et de Daniela Kapralova.Dans la nostalgie ou le refoulement, ces artistes deviennent, via l’objectif, les observateurs de mondes porteurs d’illusions et de désillusions, en rupture avec leur réalité contemporaine. Les photographies de Vesselina Nikolaeva confirment la cassure. L’appel de l’ailleurs résonne dans les commentaires qui accompagnent ces images de générations d’étudiants de l’après-baby-boom : “Nous sommes dans l’idéologie du matérialisme…”, “Je ne resterai pas en Bulgarie, je n’ai rien à y faire.”Ils ne se projettent plus en l’autre, mais ils sont l’autre, figurant d’un monde communément rêvé, standardisé à l’époque des héros médiatiques. Krassimir Terziev se réapproprie des photographies de casting, prises par un inconnu d’une agence de figurants. Décontextualisés, ces portraits donnent libre cours à l’imagination. Dans ses séries, Pavel Maria Smejkal se livre à un jeu plastique de défiguration et de détournement plus mordant. Il se sert d’images historiques de camps de concentration de la seconde guerre mondiale et y insère les visages de célébrités, donnant une tout autre signification à l’image. Ce qui constituait un socle commun, une mémoire collective, devient ainsi le matériau que ces artistes manipulent. Les 2 jeunes artistes bulgares Stefan Nikolaev et Kamen Stoyanov jouent de la désuétude des symboles par leur transposition. Les grandes représentations s’étiolent pour ces générations, en même temps que s’affirme confusément un avenir dans un monde éclaté, au sein duquel le fantasme d’une indépendance identitaire se confondàl’assimilation au même. Les séries de portraits de Dita Pepe mettent en scène l’artiste tchèque dans différentes ambiances propres à l’univers de celui ou celle qu’elle accompagne. Au cœur d’un territoire géographique en construction, ces artistes affirment le territoire de leurs identités. S’ils réactivent et reformulent ainsi autant le quotidien que les grands symboles, ce n’est pas par seule nostalgie ou dérision, mais pour s’y inventer et affirmer que dans l’ouverture, l’identité est désormais une affaire de choix, complexes et incertains.

Lyon Septembre de la photographie, divers lieux, du 16 septembre au 31 octobre, www.9ph.fr

Florence Meyssonnier