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Vous n'êtes pas fan de C. Jérôme ? Lui si, et il le dit ouvertement. Il invoque même sur scène le chanteur des seventies dans un inconsolable accès de tristesse. Lui, il a le droit : il s'est enfariné la gueule de blanc pour faire le clown. Il s'est planté au milieu d'une forêt de lampes de chevet de tous poils - l'une d'entre elles est la sienne - et, pendant un peu plus d'une heure, il joue avec le ridicule, du genre celui qui "a le cœur dans les genoux" et qui s'oublie dans son pantalon.
Alors, il serait sûrement facile d'ironiser sur la dernière fanfaronnade de Philippe Faure, directeur du Théâtre de la Croix-Rousse, cabotin majeur, qui présente en octobre Naissance d'un clown : un one man show à lui tout seul, inspiré de lui-même, écrit par lui et qu'il joue et met en scène avec entrain. Mais le bateleur ne se contente pas de se montrer, il s'expose. Il va chercher en soi l'être le plus modeste et dévasté par la vie.
L'une des belles trouvailles du spectacle est d'avoir cerné le personnage d'une forêt de lampes de chevet, comme infime parmi les âmes mortes. Il ne demande qu'à ce qu'on l'aime.
Du 16 au 26 octobre au Théâtre de la Croix-Rousse, 04 72 07 49 49
9 et 10 janvier à l’Espace des Arts à Chalon/Saône -
28 janvier au Théâtre Jean Vilar à Bourgoin-Jallieu
Florence Roux |