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2007

JANVIER N°122
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FEVRIER N°123
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JUIN N°127/128
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Carine Pauchon
Biennale d’Art Contemporain 07
Laurent Mulot

  JANVIER 2007 N°122  

© Richard Bellia
 

Jérôme Margotton
Développement du positif

Jérôme Margotton, ancien clavier du groupe Mo Jazz Beat, devenu chef de file du trio lyonnais Moko, est revenu à la musique classique comme on revient à la source : par nécessité. Depuis, il compose une musique “fondu enchaînée” étroitement liée à l’image, toujours calée sur une mélodie originelle, oscillant entre classique et jazz. Un style propre qui, à défaut d’être figé dans le marbre, est gravé sur 2 CD d’une même série intitulée 24 préludes/seconde et sous-titrés Une BO live. Le premier, peu étoffé mais jalonné de belles mélodies rondes, est sorti en 2002 sans nom de baptême. Le second, d’une puissance rythmique incontestable, titré Le Voyage immobile, vient de paraître. Et le périple ne fait que commencer.

 

Pourquoi cette double référence à la musique classique et au cinéma dans vos albums ?
L’idée de départ était d’écrire des partitions pour les écoles de musiques et conservatoires. Je me suis donc donné un cadre assez strict : celui des 24 tonalités. Mais au fur et à mesure que j’écrivais, les gens m’ont fait remarquer que cela ressemblait à de la musique de film, sans le film ! La comparaison entre les 24 images/seconde et les 24 tonalités est venue comme cela. C’est également pour cette raison que nous avons inscrit BO live sur les CD.
S’agit-il de préludes au sens d’introduction d’une œuvre à venir ?
Pas vraiment. Un ami m’a effectivement dit un jour : “il ne te reste plus que les fugues à écrire”. Mais ce n’est pas du tout dans ce sens-là que je l’entends. Dans ces albums, peu de morceaux sont des vrais préludes, peut-être Le Scherzo des jumeaux dans le premier CD. Prélude est plutôt à prendre au sens donné par Chopin ou Debussy : ce sont des morceaux à part entière. L’idée était surtout de donner une petite référence classique.
En parlant de classique, vous y êtes revenu après des périodes new wave puis acide jazz. C’est le retour du refoulé ?
J’ai eu un petit passage à vide à la fin du groupe Mo Jazz Beat. Pendant une année, j’ai travaillé comme backliner aux Nuits de Fourvière et cela m’a permis de m’acheter ce dont je rêvais depuis un bon moment : un piano à queue. Là, j’ai été rattrapé par tout ce que j’avais fait étant gamin : mon grand-père, qui travaillait dans une banque, jouait aussi du violon au sein de l’Orchestre National de Lyon et puis, j’avais également étudié le piano classique, 4 à 5 années, avant d’arrêter un bon moment pour reprendre à la création du groupe L’Enfance éternelle en 83. Je me suis donc inscrit en fac de musicologie et c’est là que j’ai vraiment replongé dans le monde du classique. Aujourd’hui je travaille avec des musiciens qui viennent du jazz, avec qui je joue une musique qui n’est ni du jazz, ni du classique, en raison des rythmiques et des harmonies utilisées. C’est un mélange des deux.
Que s’est-il passé entre le premier album, enregistré en trio, et le second où Moko invite une douzaine d’autres musiciens ?
Le groupe a beaucoup évolué. Avant l’enregistrement du premier album, je ne pensais même pas jouer les morceaux que j’avais écrits, parce que je croyais ne pas avoir le niveau pour le faire. C’était une amie pianiste à Paris qui devait jouer mais elle n’en a jamais eu le temps. Alors j’ai commencé à les travailler et à les enregistrer, seul, sur mon piano. Comme ce n’était pas si mal, on a rajouté les percussions avec Magen Devarajen Mooken et la contrebasse avec Patrick Maradan. Le premier album n’a donc pas vraiment été enregistré en trio. Du coup, le second n’a plus rien à voir avec le précédent : le trio existait déjà, et l’enregistrement a eu lieu en “live” au Transbordeur, après plus de 2 années de concert. Entre temps, il y a eu des rencontres. L’une des plus belles a sans doute été celle avec Christine Ott qui joue des ondes Martenot. Et puis, certains musiciens invités comme Mikio Kawahara (euphonium, trombone) font désormais complètement partie du groupe. J’ai aussi commencé à intégrer du chant à mes compositions, avec la Japonaise Yoko Higashi.
Côté concert, qu’est-ce qui est aujourd’hui programmé ?
Je n’ai pas encore de dates précises, mais des projets. Nous travaillons sur une soirée, au Transbordeur, qui s’appellera du Rififi à la Lyonnaise où le cinéma et la musique seront mélangés. Des concerts de Moko y sont prévus mais aussi d’autres. Dans ce cadre, nous allons également travailler avec Tanibis, éditeur de la revue de bande dessinée Rhinocéros contre éléphant, pour proposer une exposition toujours sur le même thème. Ce projet-là, nous souhaiterions aussi le faire exister dans d’autres salles, notamment au Comédia, sous une forme un peu moins développée. Nous avons également le projet de travailler avec l’orchestre Synaxis, dirigé par Guillaume Bourgogne pour lequel j’orchestrerai 6 ou 7 titres de Moko, dans l’idée de le proposer au festival Les Invites à Villeurbanne et d’autres encore. Le projet qui me prend aujourd’hui le plus de temps, ce sont les Contes du Piano-Caméra, contes musicaux que j’ai écrits. Je serai en résidence à l'Elysée du 29 janvier au 3 février pour “dégrossir” le travail du récitant, Stéphane Cayrol, peaufiner la mise en scène, et minuter précisément le spectacle. Toutefois, l’objectif premier de Moko est la tournée, pour donner une vie "live" au nouvel album et pourquoi pas trouver le graal des temps modernes, le sacro saint "contrat de distribution"…

Rens : www.moko.fr

Caroline Faesch