|
En
fait, c'est très simple", assure Philippe
Vincent, metteur en scène de la Compagnie Scène
et principal instigateur de l'affaire. Simple, oui, il est
bien tentant de le croire. Simple comme Rudimentaire,
la pièce d'August Stramm, auteur allemand du début
XXème, qui offre la trame, enfin, une première
trame, à Système rudimentaire, présenté
du 27 janvier au 5 février 2006 dans une vingtaine
de lieu aux Etats-Unis, au Canada, en Algérie, en
Allemagne ou en France (Bistrot de Vaise, Théâtre
de Vénissieux, NTH8, Comédie de Saint-Etienne,
Théâtre de Sartrouville
) ? L'affaire
est donc internationale et simple.
Rudimentaire est un drame naturaliste court qui met
en scène trois personnages plutôt misérables,
un couple et leur "copain", autour d'un bébé
mort. Comment ? "C'est à partir de ce mystère
que nous avons décidé de construire un spectacle
comme une reconstitution judiciaire", avoue Philippe
Vincent. Et c'est là que l'affaire se complique,
puisqu'avec ce dessein, le metteur en scène et ses
compagnons ont fabriqué un objet "théâtrable"
qui s'appuie sur des comédiens et des musiciens en
chair et en os, mais aussi sur la vidéo et l'Internet.
Explications : le drame naturaliste est joué dans
un studio par trois comédiens -Anne Ferret, Gilles
Olen, Rémi Rauzier- qui sont filmés comme
dans Fenêtre sur cour, par la fenêtre.
Ces images sont retransmises via Internet dans les deux,
trois ou quatre lieux de spectacle impliqués chaque
soir. Là, sur une scène face à des
spectateurs et devant l'écran vidéo, un comédien
lit des indications qu'il a au préalable téléchargées
et qu'une voix lui désigne en direct par des nombres
: "N°13, N° 17..." Commentaires, analyses
de la pièce ou directives, ces indications ont un
lien direct avec le drame à l'écran. Mais
qui dirige qui et pourquoi dans l'affaire : les comédiens
à l'écran ? Les comédiens sur scène
? Philippe Vincent qui annonce les numéros et orchestre
quand même cet "objet théâtrable"
? "Qui dirige qui, c'est vraiment la question que
nous posons, en particulier par rapport aux médias
d'aujourd'hui et à l'utilisation qu'on en fait. Suite
à ce qui s'est passé récemment dans
les banlieues, par exemple, on peut se vraiment se demander
qui donne l'ordre de mettre le feu ? Est-ce le présentateur
? Les gens en train de filmer ? Ceux qui agissent ? Les
gens chez eux en train regarder?
" La manipulation
est d'autant plus grande que face à l'écran,
on se sent impuissant. Qu'en sera-t-il dans les théâtres
?
Présenté du 27 janvier au 5 février
2006 dans une vingtaine de lieu aux Etats-Unis, au Canada,
en Algérie, en Allemagne ou en France, à Lyon.
http://scenes.free.fr
Florence
Roux
|