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Man
Man,
c'est un duo. Ce n'est pas de la chanson française,
pas du rock, pas du folk, ni de l'électronique,
Helping Hand, c'est simplement de la très
bonne musique qui s'écoute comme une bande-son chargée
d'émotion. Les deux Man jouent des musiques qui doivent
autant à Arvo Pärt qu'à Pascal Comelade,
entre ces deux-là il y a pléthore d'influences
et de digestions pour accoucher d'une musique élégante
et raffinée.
Helping Hand (Man Music/Sub Rose) vient de
voir le jour, enregistré pendant l'été
2003 dans un bunker nantais, la musique de Rasim Biyikli
et de Charles-Eric Charrier appartient au champ de l'indicible. |
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INTERVIEW
Il
y a plusieurs Man, pouvez-vous vous présenter en
quelques mots ?
Rasim : Je suis le plus jeune et Charles le plus vieux
Il y a des invités sur ce disque, c'est un peu
une grande famille, celle que l'on peut qualifier des "chercheurs
de sons". Qu'en est-il exactement ?
R : Notre famille de musiciens se comporte de toute sorte
de personnes et pas forcément que des chercheurs.
Nous n'avons pas de limite ou de critère trop musical
dans nos collaborations. Chaque rencontre est une source
de bonheur bien suffisant pour que lon se mette à
la censurer par des critères de peu d'importance.
Ch : Ce sont de réelles rencontres, certaines
s'étalent dans le temps... d'autres sont plus fulgurantes.
Mais, dès le début de Man nous voulions ces
rencontres et souhaitions rester ouverts.
Vous avez travaillé avec des plasticiens, tel
Pierrick Sorin, dans le cadre d'installations sonores, c'est
une exploration musicale très différente.
R : Nous collaborons avec beaucoup de monde et de milieux
différents (art-plastique, littérature, art
graphique, danse, théâtre, film
). La
rencontre est pour nous un moteur formidable. Les processus
de mise en uvre sont à chaque fois différents.
À l'inverse de l'aventure de groupe que nous avons
eue dans notre groupe Dreta. Ici tout est en variation constante.
Ch : Pour Dreta c'est devenu sclérosé car
avec le temps nous nous sommes renfermés sans faire
attention, il ne s'agit pas de refaire les mêmes bêtises.
Il y a aussi votre travail avec le cinéma. Y a-t-il
une parenté entre ces deux formes ?
R : Ce n'est pas tant l'art qui fait la méthode
mais plutôt les individus; nous travaillons avec plusieurs
réalisateurs (Bart Manlay, Lisa Bresner, Pierrick
Sorin, Marc Ponnet, Jacques Stang
), chacun d'eux a
une approche différente de nos collaborations. Cette
variété de rapport nous enchante.
Ch : Il y a une parenté car nous sommes là
dans les deux cas et je ne pense pas que nous soyons très
différents suivant les situations. Mais comme dit
Rasim la variété de rencontres est très
riche, ouverte et sans méthode établie, quand
je dis très riche j'inclus aussi le fait de quand
cela ne marche pas.
Votre musique est très cinématographique
?
R : Je ne suis pas sûr qu'elle soit véritablement
cinématographique. Son unique rapport au cinéma
est qu'elle est dramatique, son aspect instrumental la rend
également plus apte à se lover sur des images.
Ch : je suis sûr qu'elle n'est pas cinématographique,
elle ne s'adresse pas aux filtres des yeux...
Et très mélancolique ?
R : Je ne saurais trop quoi dire à ce sujet.
Ch : Oui, mais pas seulement.
Un peu plus électronique aussi sur Helping Hand
R : Nous avons toujours utilisé de l'électronique
sur nos disques. Peut-être que HH est plus électronique
effectivement, mais cela n'était pas une volonté
de production. Çest arrivé ainsi
Comment s'est passé l'enregistrement de ce disque
puisque le lieu et le climat étaient inhabituels
?
Ch : L'enregistrement s'est passé dans un climat
de catharsis dans un blockhaus durant la canicule tueuse
et estivale. C'était assez étrange et jouissif.
Quels ont été vos disques de chevet pour
l'année 2005
Rasim : Nimbo d'Olivier Douzou !!!! *
Charles: Yoshimi battles pink robot des Flaming Lips.
*Nimbo d'Olivier Douzou aux Editions Memo
Propos
recueillis par Bruno Pin
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