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Le
compagnonnage
ou l'insertion par l'alternance
A
l'occasion du troisième Forum du compagnonnage, jusqu'au
18 février au Nouveau Théâtre du Huitième,
à Lyon, retour sur une expérience rare et
exemplaire en France : la formation de jeunes comédiens
en alternance dans le cadre du Geiq-Théâtre.
Ce Groupement d'Employeurs pour l'Insertion et la Qualification
a été créé en 2001 par la Cie
des Trois-Huit, Maccoco Lardenois et Cie et, alors, Françoise
Maimone.
Entretien avec Sylvie Mongin-Algan, metteur en scène
des Trois-Huit, et Virginie Bouchayer, coordinatrice du
Geiq. |
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Comment et quand est né le compagnonnage ?
Sylvie Mongin-Algan : l'idée est née
en 1995, à la fois d'un désir de travailler
avec de jeunes comédiens et de la volonté de
leur apporter une formation, sans qu'ils soient obligés
d'avoir un job en dehors. C'est pourquoi nous nous sommes
associés à la Compagnie Maccocco-Lardenois pour,
d'abord, mettre en place une formation en alternance par des
contrats de qualification de deux ans. Le premier compagnonnage
est né avec ces contrats, en 1997-1998. Pour les jeunes
comédiens, c'était l'opportunité, sur
deux ans, de consacrer un tiers de leur temps à la
formation, et deux tiers au travail sur le plateau, avec les
compagnies. Cela permet de les associer à notre travail
dans la continuité. Et pour eux, je crois qu'il est
essentiel de comprendre comment vit une compagnie de théâtre
de l'intérieur.
Virginie Bouchayer : Dès le début,
les deux compagnies ont créé l'Association Compagnonnage,
qui rémunère les formations, grâce à des fonds de l'Afdas (organisme de financement de la formation
pour les artistes du spectacle, ndlr) et de la Région.
Le Geiq, lui, n'a été créé qu'en
2001 sur les conseils de l'Afdas, avec Maccocco-Lardenois
et Cie et avec Françoise Maimone. Grâce à
la structure du groupement d'employeurs, les jeunes compagnons
allaient pouvoir travailler indifféremment pour l'une
ou l'autre des compagnies adhérentes, selon les projets.
Cela offrait plus de souplesse et cela a clarifié les
rôles : l'Association Compagnonnage gère la formation,
le Geiq-Théâtre salarie les jeunes sous contrat
qui sont, selon les projets, mis à disposition des
compagnies adhérentes
Depuis la création
du groupement en 2001, il y a eu deux "générations"
de douze compagnons, en 2002-2003, puis en 2004-2005. C'est
cette dernière génération, la troisième
depuis 1997, qui présente aujourd'hui le Forum du Compagnonnage.
Comment sont "recrutés" les compagnons
?
SMA : C'est un exercice important et pas facile
! On ne leur demande pas d'être déjà comédiens,
bien sûr, mais il faut vraiment qu'ils s'engagent dans
le travail. Qu'ils soient déterminés. Nous recevons
en général 200 lettres, dont nous retenons environ
160. Ces personnes préparent alors deux travaux de
dix minutes, qu'elles présentent devant tout le monde,
les responsables des compagnies et les candidats. Une quarantaine
d'entre eux est invitée à participer à
un stage d'une semaine. La durée est importante parce
que nous avons aussi besoin de trouver des personnes avec
qui nous allons travailler pendant au moins deux ans
Nous cherchons donc à la fois à tester leur
aptitude à faire du théâtre, mais aussi
notre capacité à faire du théâtre
avec eux.
Quand sont les prochains tests ?
VB : A l'automne prochain, afin que les prochains
contrats en alternance, des "contrats de professionnalisation",
(qui remplacent les contrats de qualification, ndlr) démarrent
au 1er janvier 2007. D'ici là, nous allons réfléchir
à d'éventuelles évolutions, mais aussi
chercher de nouveaux partenaires. Ce dispositif reste très
lourd financièrement pour de petites compagnies, même
s'il est soutenu par l'Afdas et la Région, par les
administrations culturelles et de l'emploi (Drac et DDTEFP,
ndlr)
SMA : c'est lourd et en même temps, très
dynamisant ! Travailler avec de jeunes comédiens, en
permanence, cela crée une vitalité particulière.
Il y a à la fois plus de dépenses et plus de
projets. Les compagnons ont une grande disponibilité,
plutôt joyeuse. Ils sont à 100 % dans le théâtre.
Des projets comme Les dix Phèdre, créés
l'an dernier, n'auraient pas pu se monter sans eux. On espère,
pour la prochaine "génération", trouver
un projet comparable, un axe fort dans leur parcours et dans
la relation avec le public.
Troisième Forum du Compagnonnage, jusqu'au
18 février, NTH8. Le 11 février, grand débat
sur les dispositifs de formation et la création, 04
78 78 33 30
Florence
Roux |