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Experience
Focus
sur lesex-Diabologum, n'en finit pas de sortir des sentiers
battus et de surprendre. Leur 3ème opus est un album
de reprises (Positive Karaoke with a gun) plein de
tension et d'urgence qui envoie du texte et des versions
plutôt bruitistes, de NTM à Costes, en passant
par Public Image Limited, Bonnie Prince Billy ou Mendelson.
Improbable mix d'une bibliothèque musicale idéale
(la leur) revue, relue et ré-inventée à la sauce Experience. Puissant ! |
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Qu'est-ce
qui vous a excités dans ce projet ?
Alors qu'on avait déjà deux albums au compteur,
ça permettait de faire autre chose et de casser la
routine de l'album qu'on écrit et qu'on enregistre.
Ce qui nous excitait ? Se dire qu'on allait travailler différemment
sur ce projet qu'on avait initié nous-mêmes.
C'était aussi un challenge d'arriver à faire
un album de reprises qui se tienne, en tout cas, dans l'idée
qu'on en avait. Puis ça nous excitait pas mal cette
idée de fonctionnement en autarcie, de travail en totale
indépendance.
Comment s'est fait le choix des reprises ?
Comme on était en tournée au moment de l'enregistrement,
on écoutait beaucoup de musique dans le bus
j'ai
pioché aussi dans ce qu'on écoutait, notre bibliothèque
commune.
J'ai ensuite été obligé de faire une
sélection pour des critères vocaux. Après,
effectivement, on a aussi pas mal fonctionné à
l'instinct. On a fait ça un peu comme un jeu, pour
pousser le truc ludique à fond. De façon générale,
on choisissait une reprise le matin, et en fin de journée
l'enregistrement était terminé. L'idée
étant aussi de garder un maximum de spontanéité.
Comment avez-vous abordé ces reprises ?
En enregistrant d'abord une 1ère fournée de
titres à l'issue de laquelle on a eu plus ou moins
la direction de l'album. On voulait éviter de tendre
vers un système huilé de reprises qui soient
identiques. On a décidé d'explorer le fait de
faire une reprise, en essayant de faire des choses différentes
sur chaque titre. Ainsi on a des morceaux très proches
des originaux, on en a d'autres qui s'en éloignent
pas mal vocalement ou musicalement. Et à la suite de
ça pour aller au bout de la reprise, on s'est dit qu'il
fallait traduire et réadapter les textes en anglais.
Ensuite, pour ce qui est des morceaux hip-hop : exception
faite de NTM, ce sont plutôt des interludes. Parce qu'on
tenait à ce qu'il y ait du hip-hop mais qu'on n'est
pas un groupe de hip-hop. On ne se sentait pas de reprendre
des morceaux vraiment chantés.
Le choix de tous ces titres qui, au final, ne sont
pas anodins : c'est un acte militant ou un peu le fruit du
hasard ?
En fait on ne réfléchit pas tant que ça
au moment où on fait l'album. C'est ensuite qu'on réalise.
On s'est un peu laissés aller sans trop réfléchir,
en se préservant un maximum de spontanéité.
Un album qui reflète certainement nos envies mais il
n'y a pas non plus ni grande discussion ni grands concepts
derrière. Tout ça se fait de manière
très naturelle, ça vit comme ça. De toute
manière, il y a de quoi s'énerver et être
en colère.
Il y a des choses rares comme Moonshake, vous aviez
envie d'aller sur des chemins de traverse ?
On ne souhaitait ni sortir un album complètement obscur
avec des groupes inconnus, ni faire un album de reprises avec
des groupes très connus. Comme on a pas mal d'influences
dans, ce que tu appelles, les chemins de traverse, ça
nous intéressait de mettre ça en évidence.
Puis il y a un petit côté revanchard. Moonshake,
par exemple, groupe anglais des 90's précurseur d'une
espèce de dub froid avec beaucoup de machines, a complètement
disparu de la circulation. C'est plutôt injuste. Alors
oui, sur certains titres, il y a cette envie de montrer du
doigt ce qui nous a vachement marqués, tous ces groupes
oubliés.
Avec NTM et Costes, votre volonté c'était
de donner votre propre vision des textes ?
NTM est un morceau au départ très groove, très
funky hip-hop. Or je trouve que c'est un très grand
texte de rock, très fort, comme il y en a peu dans
le rock français. L'idée c'était de se
le réapproprier au maximum et d'en faire une version
très rock. L'intérêt était vraiment
d'explorer une autre piste. C'est aussi ce qu'on a fait pour
le Bonnie Prince Billy en le traduisant en français.
Une grosse base punk rock : c'est Experience depuis toujours
?
Oui si on veut. Du bruit, de l'énergie. Il y a sur
cet album une approche plus spontanée, plus rentre-dedans.
Sur nos autres albums, on était sur quelque chose de
plus réfléchi. Là on avait envie d'une
tonalité plus brute, que ce soit dans le son, l'enregistrement
ou l'essence même des morceaux. On avait envie de faire
à notre sauce.
Avec Alec Empire. Oreilles sensibles s'abstenir car ça
va être bruyant, très bruyant. On aura pour une
fois l'autorisation de jouer fort !
Anne
Huguet |