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Laurent Combe©
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Cie
La Cordonnerie
Après
La Barbe bleue, créé l'an dernier, Samuel
Hercule et la Cie La Cordonnerie poursuivent leur exploration
des mythes enfantins avec Ali Baba et les quarante voleurs.
Le spectacle, qui sera présenté à l'automne
à Vénissieux, s'inspire autant des Mille
et une nuits que du western, mais d'un western transposé
dans une station service au milieu de nulle part. D'ici
là, la compagnie présente au théâtre
de Vénissieux, du 15 au 17 mars, Juste avant les
coups de feu, une étape de son travail. Avec,
toujours, sur scène,
la même mécanique de choc : un film, des comédiens,
des bruiteurs et des musiciens.
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Samuel
Hercule raconte.
Pourquoi avez-vous associé sur scène le
cinéma, le théâtre et la musique ?
En 1997, nous avons commencé à mélanger
le cinéma et le théâtre. Puis, la musique
est arrivée, comme celle qu'on jouait en direct,
devant l'écran, pour accompagner les grands classiques.
En fait, le cinéma et le théâtre sont
deux univers qui me passionnent. J'aime bien la frontière
entre eux : le cinéma où tout est balisé
et le théâtre, en direct, plus dans la fragilité.
Nous tournons d'abord un film muet, en jouant d'une manière
assez théâtrale. Une fois le film monté,
nous le passons à Denis Mignard et Timothée
Jolly, qui composent la musique. Puis, sur scène,
le film muet est diffusé sur un écran, pendant
que les comédiens racontent l'histoire, font les
voix et bruitages et que les musiciens jouent. Ce qui me
plait, c'est que les gens sachent qu'on est là mais
nous oublient aussi, se laissent prendre par l'histoire.
Le cadre de l'écran, sur scène, c'est aussi
une mise en abyme, de même qu'il y a souvent d'autres
cadres à l'intérieur du film. J'aime bien
multiplier les narrations, faire qu'elles s'éloignent
et se croisent par moments.
Après Barbe bleue, comment avez-vous choisi
Ali Baba ?
Avec Métilde Weyergans, avec qui j'ai écrit
le scénario, nous avions d'abord cette histoire de
station-service. Puis on s'est dit que ce serait bien de
lui apporter une trame narrative forte. Ali Baba, comme
Barbe bleue, ça fait partie des histoires qui m'ont
vraiment marqué dans l'enfance. Sauf qu'avec Barbe
bleue, nous étions restés assez fidèles
à l'histoire, alors que là, nous sommes très
infidèles. Nous avons essentiellement conservé
le récit de la découverte d'une cache de bandits.
Sinon, Ali Baba et Cassim sont deux frères, deux
jeunes vieux garçons, qui tiennent une station-service
au milieu de nulle part. Leurs journées sont rythmées
par les rares véhicules qui s'arrêtent pour
faire le plein. Chaque soir, ils regardent à la télé
le feuilleton des Aventures de Miss Oakley et Buffalo Bill.
Jusqu'au jour où il va se passer quelque chose
Est-ce qu'on en saura plus avec Juste avant les
coups de feu, que vous présentez en mars à
Vénissieux ?
Juste avant les coups de feu va montrer une étape
du travail. Comme nous sommes en résidence depuis
quatre ans au Théâtre de Vénissieux,
c'est aussi une manière d'être présents
sur la saison. Ça se passera en deux temps. Le public
pourra d'abord assister au tournage d'un plan, comme en
vrai, avec les caméras, les éclairages. Puis,
nous diffuserons ce plan séquence sur écran,
avec les voix, les bruitages et la musique. Comme la jauge
est toute petite et que le spectacle est court, il y aura
deux groupes de spectateurs : ceux qui verront le tournage-spectacle
et ceux qui verront un making-off du tournage, avec, aussi
un comparatif des scènes d'ouvertures de caverne
dans le cinéma. Nous avons notamment retrouvé
des versions indiennes et russes.
Que raconte donc le plan séquence qui sera
diffusé ?
Ali et son frère regarde Les Aventures de Miss Oakley
et Buffalo Bill à la télé, quand la
neige se met tomber
Je ne peux pas en dire plus.
Florence
Roux
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