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Jan
Lauwers & Needcompany /
Eveline Vanassche©
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Danse
la Ville
Avec
Danse la Ville comme thème central, la 12ème
Biennale de la Danse invite à Lyon, 46 compagnies
de 29 villes des 5 continents
De Sydney à New
York, de Montréal à Buenos Aires, en passant
par Paris, Rio de Janeiro, Tokyo, Dakar, Madrid, elle propose
de nombreuses créations dont 15 premières
mondiales, laissant ainsi une place à des compagnies
inconnues ou des chorégraphes qui viennent pour la
première fois à Lyon, tout ceci aux côtés
de valeurs sûres, sans oublier le défilé,
le Septembre de la Photographie, les bals et un lieu de
rencontres avec les artistes, ouvert pour la première
fois au public, le Café de la Bourse, au Palais de
la Bourse. Tour dHorizon avec son directeur artistique
Guy Darmet !
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La
première Biennale était en 1984; 22 ans après,
à quoi sert encore une Biennale de la Danse à Lyon ?
Il y a peu de rendez-vous mondiaux pour la danse et en
France, la danse a besoin dévénements
phares réguliers qui soient loccasion de faire
le point sur sa situation, sur le problème de la
création et de la diffusion, de multiplier les rencontres,
de rappeler que la danse française existe, de parler
avec les journalistes de la quasi disparition de la critique
dans le monde aujourdhui, du peu despace consacré
à la Culture en général et à
la danse en particulier, déchanger avec des
créateurs sur leurs difficultés à créer
et à diffuser leurs spectacles. On voit des spectacles
du monde entier et pourtant leur durée de vie est
de plus en plus courte. Il y a des grands sujets qui ne
peuvent être évoqués au cours dune
saison normale et qui trouvent leur place dans cet événement.
La danse a besoin de référence, tel quil
y a Avignon pour le théâtre, Aix-en-Provence
ou Bayreuth pour la musique ou Cannes pour le cinéma
sans entrer dans un marché et une industrie. Je pense
quau fil des années, la Biennale de Lyon peut
être un de ces points de rencontres essentiels. Cest
aussi pour cela quon a développé cette
année une programmation faisant une part encore plus
importante à la création, et à la création
coproduite par la Biennale, de manière à proposer
au public mais aussi aux professionnels, un choix plus large
de spectacles avec des prises de risque et des découvertes.
Si lon excepte la danse urbaine dont lorigine
est évidente, on peut se dire que toutes les compagnies
du monde appartiennent à une ville, quest-ce
qui, dans le travail de celles que vous avez choisies, est
véritablement caractéristique du thème
Danse la Ville ?
Je lai constaté dans mes nombreux voyages
à travers le monde, Lyon sest imposée
comme une ville de la danse et cest elle qui va accueillir
dautres villes du monde où la danse a une place
particulière. Tunis (avec la Cie Chatha) parce quon
y a créé le Festival de Danse Contemporaine
de Tunis et cétait un pari insensé;
on va parler de Johannesburg (avec le chorégraphe
Boyzie Cekwana) parce quil y a une femme à
lInstitut Français qui a fait un travail formidable
en faisant venir en France toutes les compagnies Sud-africaines
que lon connaît; Montréal aussi (avec
la Cie Marie Chouinard) parce que pendant des années,
il y a eu le plus grand festival de la nouvelle danse au
monde, mort aujourdhui
Il y a aussi pour moi
les villes qui ont la danse au cur du quotidien, souvent
au détour dune rue, de moments inattendus et
improvisés comme le flamenco à Séville
(Cie Farruquito y familia), la samba à Rio et le
tango à Buenos Aires (Cie Union Tanguera). Après,
on peut entrer par plusieurs portes dans le thème
Danse la Ville. La première, cest la danse
urbaine en montrant celui qui en a été le
pionnier Storm, le travail des Lyonnais, les Pockemon Crew,
dont le parcours est exemplaire ou en faisant venir pour
la première fois en Europe la Companhia Urbana de
Dança, composée de jeunes issus des favelas
de Rio, et qui vont pouvoir échanger avec des jeunes
de nos banlieues. Il y a la danse et larchitecture
avec un projet évident, celui de Frédéric
Flamand qui fait une recréation de Metapolis avec
larchitecte Zaha Hadid, qui a reçu léquivalent
dun prix Nobel de larchitecture. Le troisième
point important, était de développer la place
de la danse dans la ville, avec des projets qui sintègrent
à lintérieur de la cité et qui
vont concerner des spectateurs de hasard. Bernard Menaut
va travailler sur les pentes de la Croix-Rousse, dans des
files dattentes de cinéma, à la sortie
du métro et tous ces rendez-vous nauront pas
été programmés. Un autre travail encore
différent, celui qui sera fait à Villeurbanne
par la chorégraphe Julie Desprairies à lintérieur
du quartier des Gratte-Ciel, qui sera entièrement
revisité par la danse avec la complicité des
habitants. Dans cette Biennale, beaucoup de spectacles sont
marqués par leur environnement. Le spectacle de la
Cie Selenographica est vraiment lillustration de ce
que peut être la vie à deux dans une ville
du japon, Kyoto et ce nest pas transposable dans une
ville latine parce que les comportements humains sont différents.
Lespace qui est dans la pièce de la Cie australienne
Force Majeure, cest celui de lAustralie, cest
la place du corps dans lespace avec une dimension
des gestes contraire à ceux des Japonais. Après
la Biennale 2000, faire venir Kim Itoh était un désir
absolu, avec un duo sur la pièce fondatrice du Butoh
et le regard contemporain quil a de ce mouvement aujourdhui,
pour moi cest louverture de Tokyo sur la danse.
On attend avec beaucoup dimpatience de découvrir
les compagnies africaines; quelle est la situation de la
danse en Afrique ?
On assiste à une irruption de propositions de
danse contemporaine sur lensemble des pays africains,
sans doute développées par les plateformes
de lAFAA. Tous ces danseurs étaient des danseurs
traditionnels et cest en venant en France, en étant
aidés par la France quils ont pu rencontrer
dautres chorégraphes, montrer leurs créations,
danser avec dautres chorégraphes, dautres
compagnies. Les compagnies qui viennent à Lyon sont
connues comme celle de Salia nï Saydou ou peu connues
comme celle de Serge-Aimé Coulibaly, tous les deux
viennent du Burkina Fasso. Jean Tamba que lon ne connaît
pas puisquil nest jamais venu en France, vient
de Dakar, tout comme Germaine Acogny, aujourdhui véritable
porte-parole de la danse et de la culture africaines dans
le monde entier. Mais à leurs côtés,
on pourra aussi revoir la Compagnie brésilienne,
Mimulus qui fait un travail dune grande intelligence
à partir de la danse populaire; le Belge Jan Lauwers
vient à Lyon pour la première fois avec son
grand succès dAvignon; Alain Platel sera présent
à nouveau et puis on va découvrir Edgardo
Mercado, un chorégraphe de Buenos Aires que personne
ne connaît et qui fait un travail remarquable avec
la vidéo
Biennale de la Danse, du 9 au 30 Septembre, tel 04 72
00 21 70
Martine
Pullara
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