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To my american readers
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America,
America !
Pour
la deuxième édition du festival de littérature
internationale World Voices, initié par le
Pen American Center (P.A.C) et qui se tiendra à New
York du 25 au 30 avril; la Villa Gillet associée
aux services culturels de l'Ambassade de France et en partenariat
avec
491, édite sur place un journal gratuit
: To my american readers, destiné à
présenter directement au public américain
nombre d'auteurs français contemporains, qu'ils soient
romanciers ou essayistes en sciences sociales.
Fruit d'une collaboration active avec le P.A.C, ce condensé
d'extraits de livres et de lettres ouvertes aux lecteurs
d'outre-Atlantique (en anglais dans le texte), symbolise
aussi l'espoir d'ouvrir les portes de l'Amérique
à toute la littérature française, somme
toute rarement traduite actuellement dans la langue de Faulkner
Directeur de la Villa Gillet et partisan des échanges
culturels au-delà des océans, Guy Walter nous
éclaire sur ce projet pour le moins désiré
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Comment
a germé l'idée de ce projet et quelle logique
a gouverné sa réalisation ?
Il se trouve qu'au sein de la Villa Gillet, nous travaillons
depuis de nombreuses années au développement
des échanges culturels avec les Etats-Unis, en relation
directe avec le Ministère des Affaires Etrangères
à Paris, ainsi que les services culturels de l'Ambassade
de France à New York. Dans ce cadre, j'ai ainsi pu
assister à la première édition de World
Voices et j'ai été simplement conquis par
l'énergie que déployait le P.A.C pour ouvrir
un espace de dialogue international autour de la littérature.
Comme bon nombre des conférenciers présents
durant le festival étaient passés par la Villa
Gillet, j'ai immédiatement pensé que nous
travaillions dans le même esprit et j'ai pu le vérifier
d'emblée lors des premières discussions que
j'ai eues avec Michael Roberts (directeur exécutif
du PAC) et Esther Allen (co-directrice du festival). Ensemble,
nous avons depuis mis en place un programme de traductions
avec justement, l'accueil en résidence ici à
Lyon de nombreux traducteurs anglais et américains.
Suivant cette logique, nous avons réfléchi
avec Fabrice Rosié (attaché culturel de l'ambassade)
à la possibilité de prolonger ce travail en
commun et de matérialiser cette communauté
d'esprits lors de la prochaine édition du festival.
Nous avons finalement pensé que présenter
des écrivains était la façon la plus
simple de concrétiser le projet.
Quels sont les principes qui ont présidé
au choix des auteurs et à la configuration du journal
?
Il s'agissait de présenter un panorama de la production
littéraire française actuelle, forcément
partiel parce que réduit à dix-huit auteurs
et subjectif parce que nous devions également tenir
compte de la réceptivité du public américain,
selon la connaissance que nous avions du "terrain".
Il nous semblait crucial d'incarner ce goût de l'échange
et pour ce faire, il était nécessaire de donner
la parole aux écrivains ! Nous leur avons ainsi demandé
de faire surgir l'identité de leur travail d'une
parole très personnelle; une lettre adressée
aux lecteurs américains esquissant une relation très
vivante à venir.
En lisant précisément ces lettres, on
se rend compte que, quoi que l'on en dise, l'Amérique
exerce toujours une sorte de fascination ?
Même s'il existe chez nous une critique très
virulente de la culture américaine, les Etats-Unis
restent un territoire imaginaire pour la grande majorité
des écrivains français, qu'ils soient philosophes,
romanciers ou chercheurs en sciences sociales, et je crois
honnêtement qu'ils rêvent d'être traduits
là-bas; sans parler de l'aspect économique
non négligeable puisque nous avons affaire à
un vivier de lecteurs gigantesque. J'ai pensé que
nous devions avoir la naïveté et le courage
(!) de ce rêve américain encore très
présent en chacun de nous. Parce que les relations
franco-américaines sont et ont toujours été
complexes, il y a encore comme un "horizon d'attentes"
entre nos deux pays. Ce magazine peut justement représenter
cette idée du "bridge" (ndlr : pont, passerelle)
entre nos cultures, et c'est à ce titre que je crois
sincèrement qu'il est attendu.
On imagine que pour un auteur français qui
rêve d'être publié aux USA, c'est un
peu la croix et la bannière
Effectivement, et l'objectif premier de ce journal est bien
d'éveiller la curiosité du public américain;
si ensuite cela aboutit à des traductions, nous serons
évidemment comblés. Il est néanmoins
incontestable que la littérature traduite occupe
là-bas une place minoritaire. A contrario, la France
reste aux yeux des écrivains américains une
sorte de "république des lettres" et il
est encore aujourd'hui primordial pour un auteur, même
célébrissime, d'être traduit en français.
Ne serait-ce parce que le livre occupe ici une place prépondérante
et que la culture est totalement intégrée
à l'identité. Le français s'offre comme
une langue d'accueil pour les langues étrangères,
alors qu'aux Etats-Unis, la question de la traduction est
culturellement absente : quand vous entrez dans une grande
librairie à New York, vous avez le choix entre fiction
et non fiction
Il n'y a simplement pas de rayon pour
les littératures étrangères.
New York réinvesti par des intellectuels
lors d'un festival de littérature internationale,
n'est-ce pas la meilleure des réponses aux tragiques
événements qui ont fait l'histoire récente
de la ville ?
Absolument. Quand Salman Rushdie décide avec le PAC
de créer ce festival, c'est aussi pour renouer le
dialogue avec les cultures mondiales, et pour montrer que
non, New York n'est pas une ville qui s'isole, malgré
ses traumatismes. Il y a une vraie remise en question, mais
aussi un grand courage à choisir des sujets de discussion
loin d'être consensuels, et les débats ne manqueront
pas d'être vifs sur des questions pas faciles
A l'aube d'une aventure transatlantique, quels sont
vos souhaits ?
J'attends de connaître la réaction des lecteurs
américains auxquels on s'adresse mais je sais dès
à présent que j'aimerais bien pouvoir pérenniser
cette expérience dans le temps. C'est-à-dire
réinventer à terme un magazine de ce type,
dont l'idée même a été formidablement
accueillie tant par les éditeurs français
que par les collectivités territoriales. A cette
aventure, il y aura de toute façon une suite et je
pense que l'on peut d'ores et déjà annoncer
que pour les vingt ans de la Villa Gillet au printemps 2007,
nous organiserons Les Assises Internationales du Roman.
Aussi parce que vivre dans cette institution, cela veut
dire inviter constamment l'ailleurs ! Un peu comme si à
l'intérieur des murs de la Villa, il y avait un espace
extraterritorial. Ce journal gratuit procède de la
même idée et en s'adressant aux lecteurs américains,
il s'adresse également à nous-mêmes.
Festival
World Voices à New York du 25 au 30 avril.
To my american readers, journal gratuit disponible sur place
et bientôt à la Villa Gillet.
Laurent
Zine
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