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Voici la nouvelle production de Bill Plympton, attention dérapage contrôlé d'un des plus impertinent dessinateur de dessins animés qui après Mondo Plympton et Les Mutants de l'espace va nous régaler un moment avec Hair high.
Ce que l'on aime dans les dessins de Bill Plympton, c'est la façon dont il aborde le graphisme, trempé une bonne fois pour toutes dans un bain d'humour noir et de mauvais goût, les corps se contorsionnent, c'est un peu gore, un peu rock'n'roll, complètement foutraque, et assez irrévérencieux.
Libre et audacieux, Hair high se regarde un doigt dans le nez.
Etait-ce une expérience agréable de se replonger dans les années 50, dans cette mythologie américaine, dans vos souvenirs ?
Oui. J'ai fait appel à pas mal de souvenirs, c'était assez plaisant. Le personnage de Mr. Snerz vient d'un de mes professeurs qui crachait ses poumons de la même manière en classe. A cette époque, on pouvait fumer pendant les cours. Le moment où il vomit ses organes est l'un de ceux qui marchent le mieux sur le public.
Il y a dans tous vos films un héros naïf qui combat les méchants qui détiennent le pouvoir. Vous sentez-vous proche de ce personnage, et de Spud en particulier ?
Il y a en effet beaucoup de moi dans Spud. Je conduisais le même scooter que lui, je n'étais pas le garçon le plus populaire du collège. J'étais l'artiste. C'est-à-dire quelqu'un d'insignifiant comparé à l'athlète. Spud est le nouveau du collège et il essaie de s'adapter à ses règles. Ceci dit, je n'étais pas si seul, j'avais des amis. J'étais plutôt le type de gars entre les deux.
On peut d'une certaine façon voir dans ce personnage récurrent une illustration de votre situation de cinéaste indépendant travaillant en dehors des grands studios. Vous êtes le seul réalisateur à faire si régulièrement des longs métrages de cette façon, produits par vous-même, et surtout financés avec les recettes de vos autres films, sans aucun apport extérieur.
C'est un parallèle intéressant. Si on prend le collège comme image de l'industrie du cinéma, en effet, je serais le petit nouveau. J'adorerais bosser pour Disney ou Dreamworks, qu'ils me donnent un million de dollars pour faire un film, mais je crois qu'ils ont peur de mes idées folles, ils les trouvent trop crues, ils doivent penser que je suis un pervers.
Il y a dans Hair High moins de scènes érotiques que dans vos précédents films.
C'est moins explicite mais il y a beaucoup de sous-entendus. Un article me le reproche déjà. Ils ont écrit que j'étais un obsédé du pénis. Sûrement à cause de la scène du garage qui est une de mes préférées.
Comment avez-vous travaillé la narration ? Avez-vous volontairement changé votre façon de raconter une histoire, généralement très éclatée, ou est-ce venu naturellement ?
Écrire cette histoire m'a pris beaucoup de temps. Il y a eu deux ou trois versions du script que j'ai montré à des amis cinéastes et scénaristes. Ils m'ont rendu des pages de commentaires. Nous avons travaillé sur les motivations des personnages, sur leur personnalité, nous avons changé la fin par rapport au story-board que j'ai publié sous forme de bande dessinée. Faire un long métrage est quelque chose de très compliqué, car il y a beaucoup de personnages.
Je n'ai pas essayé de faire quelque chose de différent. Je me suis juste dit que c'était une histoire intéressante. J'aime les films d'horreur, je voulais en faire un qui soit en relation avec la mythologie et l'univers gothique. Et faire un tour dans mes souvenirs de jeunesse au lycée pour en ramener des histoires.
Pourquoi avoir choisi des acteurs connus pour faire les voix ?
Je déjeunais avec Martha Plimpton qui est une parente et qui est assez connue aux Etats-Unis, elle joue dans des films indépendants et connaît beaucoup de monde. Je lui disais le mal que j'avais à faire distribuer les films aux Etats-Unis du fait qu'il n'y a pas de noms important au générique. Elle a alors passé quelques coups de téléphone pour voir ce qui était envisageable et voilà David Carradine qui fume énormément est une voix parfaite pour Mr Snerz. Il y a également Keith Carradine, Beverly d'Angelo et bien sûr Matt Groening, le créateur des Simpson, qui ne fait jamais de voix habituellement. Travailler avec des acteurs Professionnels a été une expérience passionnante.
Vous nous avez parlé d'un livre que vous écrivez
Ça s'appelle Sky high, c'est un roman qui se passe lors d'un vol entre New York et Paris où un type passe de la drogue dissimulée dans son estomac. Durant le vol la drogue commence à se répandre et il se met à avoir des hallucinations, à voir des trucs bizarres. Il y aura une illustration toutes les dix pages. Ce sera fini cet été et qui sait combien de temps il faudra pour le publier.
Régis Laurin |