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Notre
part de féminin et de masculin, le couple homme et femme, la
femme orientale au sein du groupe
Ce sont trois pièces
qui composent Où Transe, la dernière création
d'Abou Lagraa dont le fil conducteur est un questionnement sur l'identité,
à travers la transe et l'envahissement des corps. Aux bords
d'une sensualité tendue, le spectacle traverse notre propre
corps pour y laisser, indélébile, la sensation d'avoir
partagé avec le chorégraphe un chemin intérieur
identique.
Il y a le solo d'Abou Lagraa, Transe forme. Il danse, lui. Qui arrache
l'énergie. Corps qui se laisse pénétrer par la
musique, les sons, les vibrations, les mouvements. La transe. Dans
une musique électrisante et africaine, le corps bat comme le
cur, dans la lenteur, puis dans la violence. Le corps d'Abou
Lagraa devient deux. Corps en spirale, qui tourne avec le bassin,
balancé de hanches, ondulations, corps qui séduit de
ses impulsions, de ses points d'énergie que sont le ventre
ou l'épaule. Homme et femme à la fois
Il y a le
duo, Transcende. Qui dit la violente solitude entre l'homme et la
femme. Corps éloignés l'un de l'autre, ou ignorants
côte à côte. Corps désarticulés,
submergés par l'extérieur, déstabilisés
par l'espace qui les sépare, les sectionne, les isole. C'est
dans un enchevêtrement de petits mouvements que le fluide de
la danse enveloppe le saccadé de ces corps qui, sans se regarder,
se rejoindront au sol. Et puis, il y a le quatuor La Transe suffit.
Un souffle magnifique qui nous porte vers cette femme au cur
de la vie et de ces 3 hommes. On retrouve le blanc, cher au chorégraphe.
Les danseurs sont vêtus de blanc. Le blanc de la vie et la mort,
symbole de toutes les couleurs à la fois, le blanc de l'Algérie.
Sur des percussions très orientales, puis sur une musique hypnotisante
aux rythmes soufis, la danse se partage de l'un à l'autre et
la femme est à l'origine de cette transmission. Alors que ses
reins, sa nuque, sa poitrine s'appuient sur les corps masculins, on
entend au loin des voix, prières dans les mosquées et
qui excluent le féminin. Peu à peu, elles perdent cette
puissance retrouvée à nouveau dans ce corps de femme
et les hommes la prendront pour construire la leur
En écho
à ses 2 dernières pièces, Abou Lagraa convoque
l'intime et retrouve la danse de son enfance, ces hommes qui dansaient
en transe, les femmes à l'écart dans les fêtes,
les pleurs, la joie. Et c'est la transe qui rend lisible l'enfoui
et le culturel
Restent le charnel, le ventre, le sexe comme
centre de la danse
et de la vie !
Martine
Pullara |