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L'hydre
à six têtes belge vient de frapper un grand coup avec
Blow (Atmosphériques) -voir chronique 491 de septembre- ébouriffant
deuxième album qui les propulse sans façon dans la cour
des grands. Ghinzu (pour la petite histoire, du nom d'une marque de
couteau japonais dont le slogan disait dans les 70's "plus on
coupe, plus ils s'aiguisent !" ) vient du plat pays (Bruxelles
pour être précis), souffle le froid et le chaud, s'insurge,
tempête, pose avec ses perruques et surtout sidère avec
ses envolées lyriques, ses montées vertigineuses et
ses contre-plongées démesurées. En 12 titres,
les Belges écrivent une nième page à l'histoire
du rock'n'roll, prouvant qu'il n'est pas mort, ils nous rabibochent
avec le genre maudit et nous laissent pantelants. Chapeau.
Si tu devais définir votre musique ?
John Stargasm (chanteur et tête réfléchie du groupe)
: Une musique qui mélange toutes nos références.
On prend les choses du passé, on se sert de diverses influences,
on les met ensemble, et on essaie d'en faire des morceaux le tout
dans une attitude assez rock. On aime le rock.
Le rock, justement, ça évoque quoi ?
Pour moi, c'est comme si tu devais condenser toute ta vie en une seule
soirée. La consommation ultime, avoir tout vécu en une
soirée.
Et Ghinzu là-dedans ?
On s'engage à faire tout notre possible pour que celui qui
écoute notre musique se sente brusquement dans une liberté
sauvage qu'il ne soupçonnait pas. Pour moi, le rock c'est aussi
l'impression d'être sans contrainte. Lorsque tu écoutes
certains albums, tu as la sensation que rien ne peut t'atteindre,
tu es invincible. J'aime l'idée de délier des pulsions
chez les autres, leur donner la sensation de se sentir sans complexe,
dans une liberté liée à la rage.
Y a-t-il un esprit Ghinzu ?
Je crois d'abord qu'il y a un son. A partir de là, Ghinzu a
un certain caractère. Quand on compose, chacun des musiciens
amène ce dont il a envie. Nous sommes un groupe avec des caractères
très forts et différents.(
) Nourris aux Pink Floyd
pour les guitaristes, Diwo pour le bassiste, The Strangler; moi j'adore
le début des Queen, tous les trucs trashbilly genre Meteors;
je suis fou d'Elvis Presley. Black Sabbath pour le son sur scène,
les Melvins pour ce côté indépendant malgré
tout. Dans chaque groupe, il y a quelque chose à tirer, cela
peut être lié à la musique, au son, à l'attitude,
au show, à leur dégaine, à ce qu'ils dégagent
à tout.
Comment avez-vous travaillé sur Blow ?
Il y a chez nous une certaine spontanéité à travailler
à fond chaque morceau, puis aussi un certain recul pour en
jeter d'autres. Là, on ne voulait pas d'un album surproduit,
on avait envie de plages bourrées d'énergie, de désinvolture
et d'un certain détachement.
Et qu'en est-il des textes ?
Comme on voulait un album avec des couleurs différentes (passer
d'un morceau très intimiste à quelque chose de très
rock, des ambiances 80's, punk
), les paroles nous permettaient
d'avoir un fil conducteur entre les morceaux, de créer un certain
univers. Elles parlent d'une certaine post-rébellion. Le rock
est une musique qui parle de rébellion. (
) Notre univers
est très imagé. Cinématographique. Avec des histoires
extrêmement ambiguës, le fantasme ? la réalité
? ça parle de décadence, d'un certain dandysme vénéneux,
de sexe, d'excès
Quel sens donnez-vous au mot dandysme ?
Une sorte d'insouciance par rapport au fait d'avoir une certaine satisfaction
matérielle. Vénéneux, parce qu'on le veuille
ou pas on est des dandys.
La scène est importante pour vous; qu'aimez-vous y trouver
?
La scène, c'est l'essence d'un groupe; le groupe y vit. Lorsqu'on
arrive sur scène, on essaie de mettre une claque à l'espace
temps; que les gens ne comprennent pas ce qui leur arrive, qu'ils
sortent de leur quotidien. On joue vraiment très fort (enfin
un peu difficile en France car vous avez des normes sévères
!), on crée une espèce de montée, une spirale
Il y a une folie, une énergie hystérique qui se crée.
Ghinzu fait donc son show ? (ndla, ils portent sur scène perruques
afro et lunettes)
Ça fait partie du jeu. Dans le rock, il doit y avoir un minimum
d'images derrière. Il ne faut pas oublier qu'on fait de l'entertainment,
on n'est pas des artistes ! On ne se prend pas au sérieux.
Trois bonnes raisons de venir vous voir ?
On est beau comme des dieux, on danse bien et accessoirement on fait
de la bonne musique !
(+ Déportivo et Maczde Carpate)
Anne
Huguet
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