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Christian Ganet©
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Annick
Charlot
Annick
Charlot avait créé la surprise avec Résistancia,
lors de la dernière Biennale de la Danse. Avec Résilience,
nos manières d'aimer, elle passe de la résistance à
la résilience, avec ce lien qui se fait de la souffrance à
la réparation. Une façon de dire que la danse peut parler
de notre quotidien, en donnant à la vie, une force retrouvée.
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Avec ce nouveau spectacle, vous passez de la résistance
à la résilience, est-ce qu'il y a un lien d'un mot à
l'autre ?
D'abord, il faut dire que la résilience est un thème qui
m'a toujours intéressé et le lien est devenu évident
avec toutes les rencontres que j'ai faites dans le cadre de la Biennale
de la Danse, sur les pays d'Amérique latine. La résilience,
c'est la capacité qu'a un être humain à se reconstruire
après avoir vécu un traumatisme, une déchirure,
une blessure. Quand j'ai rencontré ces réfugiés
qui m'ont raconté leurs parcours de résistants, leurs
angoisses permanentes de se faire arrêter, la torture, la clandestinité,
j'ai compris qu'ils étaient véritablement traumatisés
et qu'ils avaient plus ou moins bien réussi à se réparer.
Après avoir vécu l'inimaginable, il s'agit de régénérer
de l'espoir, du positif et travailler sur la résilience devenait
évident. Mais dans ce spectacle, on est dans un autre contexte,
qui n'est pas celui de l'Amérique latine, ni celui de la dictature.
On est dans la vie quotidienne, avec l'évocation de traumatismes,
de chocs que chacun d'entre nous peut subir comme un accident ou un
deuil.
Vous avez utilisé des thèmes précis pour construire
la chorégraphie ?
Oui, au début je trouvais passionnant de chercher un petit peu
dans le corps, dans la danse, cette idée de déchirure,
de dislocation. Un traumatisme provoque un événement qui
fait que l'esprit se sépare du corps. Je trouvais intéressant
de chercher la gestuelle qui évoquait cette idée de dislocation,
de cabossé, de fractures, de blessures. C'était vraiment
une recherche de matière corporelle et puis après il y
a des choses très positives qui arrivent, parce que la résilience
c'est justement trouver du positif, c'est vraiment un espoir et c'est
ça que je trouve intéressant par rapport à l'humain.
Je suis certaine que personne n'est jamais vissé à son
malheur, on peut toujours s'en sortir. Le positif, la réparation
passent par la relation aux autres. En fait, c'est vraiment l'autre,
qui dans ses manières d'aimer, va nous reconstruire ou nous aider
à nous reconstruire.
Et la résilience passe par diverses façons d'aimer
?
Oui, par nos manières d'aimer, et il y a plein de façons
d'aimer : l'amour entre deux personnes, l'amour d'une mère à
un enfant, d'un ami, d'un frère. J'ai voulu des thèmes
précis pour que mes propos soient lisibles. Je suis quelqu'un
qui aime rendre les choses lisibles, créer du sens. J'ai envie,
même s'il n'est pas un connaisseur de danse, que le spectateur
soit touché par des émotions proches de sa vie. Je veux
faire en sorte que la danse soit un langage qui parle à tout
le monde. Les mouvements de la chorégraphie commencent par la
"cabossure" et puis on passe à l'altérité,
à l'autre qui est à côté de nous et qui va
nous réparer. Il y a beaucoup de duos pour évoquer ce
rapprochement. Petit à petit, la danse devient plus douce, on
rentre dans la tendresse, avec aussi des moments très joyeux
Martine
Pullara
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