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FEVRIER N°79
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AVRIL N°81
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Les Diaboliques
Naftule's Dream
Les Burning Heads
En attendant la Biélorussie
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MAI N°82
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Maguy Marin
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JUIN N°83/84
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SEPTEMBRE N°85
Intermittents
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L'Ensatt
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Compagnie Käfig
Don Delillo
Jim Murple Memorial
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Katsuhiro Otomo
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OCTOBRE N°86
Gnawa Diffusion
Tanger
Kid 606
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Olivier Rey
Colum McCann
Chili, Luis Sepulveda
NOVEMBRE N°87
Philippe Squarzoni
Avatarium
P Dror Endeweld
Mekech Mouchkin
Varlam Chalamov |
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R. Moonfourny©
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Don
Delillo
40
ans de solitude...
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Don
DeLillo, un des derniers géants outre-Atlantique de la littérature
selon James Ellroy et/ou Bret Easton Ellis (!), rendra visite à
la Villa Gillet le 18 septembre prochain pour une conférence
qui s'annonce d'ores et déjà passionnante, tant l'auteur
aurait tendance à conserver un caractère d'exception à
chacune de ses apparitions. Homme rare et solitaire depuis 1963 dans
son face à face avec l'histoire complexe des Etats-Unis, l'écrivain
italo-américain a écrit une bonne dizaine de romans jusqu'à
celui qui l'amène aujourd'hui en tournée promotionnelle
en Europe : Cosmopolis (Babel / Actes Sud), le récit d'une épopée
métropolitaine complètement atypique, dans un futur proche
et surtout chaotique. Faut-il y voir d'emblée un clin d'il
au fabuleux film d'anticipation de Fritz Lang ? (Metropolis, 1927);
rien n'est moins sûr, mais force est de constater que DeLillo
joue également les "prophètes" dans sa description
méthodique voire machiavélique d'un avenir sombre et incertain.
Une démarche qui n'est pas sans rappeler les penchants visionnaires
du réalisateur autrichien confronté aux vicissitudes de
son époque, lui qui fut rapidement amené à s'exiler
d'Europe, un continent alors en proie à une affligeante marée
brune.
Sans aller trop loin dans l'interprétation de l'espace laissé
libre entre les lignes de Cosmopolis
on peut en l'espèce
logiquement s'imaginer que c'est le marché qui prend symboliquement
la place de la marée; un marché économique globalisé
avec ses règles impitoyables et ses flux d'informations ininterrompus
auxquels personne ne saurait échapper. " Ces gens (ndlr
: les contestataires) sont un fantasme créé par le marché.
Ils n'existent pas en dehors du marché. Il n'y a nulle part où
ils puissent aller pour être en dehors. Il n'y a pas de dehors".
Ou comment l'auteur intègre les sphères de la philosophie
politique sans en avoir l'air : la dérive du monde capitaliste
est ici poussée au paroxysme de l'absurdité (et du totalitarisme
?), englobant au besoin sa remise en question comme un mal nécessaire
au même titre que son pendant sécuritaire. Et comme souvent
chez DeLillo, c'est New York qui sert de toile de fond, à l'instar
de son précédent roman (Outremonde / Actes Sud), un pavé
de 900 pages pour raconter à sa manière un demi siècle
d'histoire américaine.
Un New York à peine travesti dans Cosmopolis et traversé
par un grand patron de la finance internationale au sein de l'habitacle
renforcé de sa limousine
Il appréciera au passage
le "spectacle" de Manhattan ainsi offert (une émeute,
une rave ou un enterrement
), en scrutant sur une multitude d'écrans
l'action filmée en permanence par des caméras de vidéo-surveillance
!
A ce niveau d'anticipation, la question est de savoir si l'humanité
existe réellement en dehors des images retransmises à
tous les coins de rue sur des récepteurs de télévision
: un semblant d'apogée pour la société du spectacle.
"Les gens passaient vite, ces autres de la rue, anonymes à
l'infini, vingt et une vies par seconde".
En quelques 200 pages, DeLillo semble avoir construit le scénario
idéal pour une sorte de road movie politique navigant entre science
fiction et réalité friction. Reste à savoir si
les descendants hollywoodiens de Fritz Lang obtiendront les droits d'adaptation
cinématographique ?! Et de transformer le synopsis en une énième
suite de New York 1997 (
). Mais que l'on se rassure immédiatement,
si l'action est bien présente en terme de pérégrinations
les plus folles, c'est avant tout le monde intérieur de ses personnages
qui intéresse l'écrivain.
"Les gens songent à ce qu'ils sont dans les heures les plus
silencieuses de la nuit
je ressens cette immensité dans
mon âme chaque seconde de ma vie".
Des personnages profondément oppressés, parce que pris
dans la tourmente d'un combat sans merci entre l'ordre établi
et le chaos inexorable. Une chose et son contraire, la sempiternelle
quête de la vérité au beau milieu. Une humanité
de solitude en quelque sorte
celle d'un romancier atypique qui
fera escale entre Rhône et Saône; une fois n'est pas coutume.
Laurent
Zine
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