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2003

JANVIER N°78
Jean-Marc Roberts

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FEVRIER N°79
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MARS N°80
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AVRIL N°81
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Les Diaboliques
Naftule's Dream
Les Burning Heads
En attendant la Biélorussie
Mats Ek
Noam Chomsky,
Edward S. Herman
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MAI N°82
Jean-Luc Cipière, ATTAC
Maguy Marin
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JUIN N°83/84
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SEPTEMBRE N°85
Intermittents
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L'Ensatt
Enzo Cormann
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Don Delillo
Jim Murple Memorial
Eric Aldéa
Katsuhiro Otomo
Alain Mabanckou, Yambo Ouologuem

OCTOBRE N°86
Gnawa Diffusion
Tanger
Kid 606
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Olivier Rey
Colum McCann
Chili, Luis Sepulveda

NOVEMBRE N°87
Philippe Squarzoni
Avatarium
P Dror Endeweld
Mekech Mouchkin
Varlam Chalamov

  AVRIL N°81  



 

Les Burning Heads
dans le super monde moderne

Après quelques escapades réussies dans les sphères fumeuses du reggae dub (un disque + une tournée); les "têtes brûlées" du punk rock hexagonal remettent le couvert avec un 7e album époustouflant de maîtrise et d'énergie : Taranto (Opposite Productions / Yelen Musiques). Une avalanche de mélodies accrocheuses conjuguées sur le mode hardcore, qui devrait assurément dérider les oreilles d'une foule en délire, lors de ce concert retour de flammes prévu le 16 avril prochain à la MJC d'Oullins. Entretien avec Thomas, gourou ès frappe du gang orléanais, avant une mix party au Bistroy début mars en compagnie de ses compères de High Tone.

15 ans de carrière et toujours pas une ride…

Ben non, le punk rock ça conserve… mais c'est un combat de tous les jours, d'essayer de rester jeune (rires) !
L'actualité à chaud des têtes brûlées ?
La tournée du nouvel album dès le début du mois d'avril, suivie dans la foulée par un Electro punk tour de 17 dates en bus, avec Unlogistic (groupe parisien d'electro grind core ou presque…) et Alif Sound System (savant mix de hip-hop, de drum'n'bass et de paroles assassines en provenance d'Albi) : quelque chose comme les Bérurier Noir de l'an 2000 à mon humble avis. L'idée étant de pérenniser l'état d'esprit qui avait caractérisé le Punky reggae tour de l'année dernière avec High Tone et NRA, basé sur la mixité des groupes et des publics.
Des passerelles entre le reggae et le punk rock que vous avez remis au goût du jour avec l'album précédent… Et vous persistez dans ce registre en reprenant aujourd'hui Babylon's burning des Ruts, groupe de la punky reggae party par excellence.
Babylon's burning au goût du jour et de sa triste actualité mondiale, considérant la toute puissance du roi dollar de la grande Babylone qui dicte sa loi à l'ancienne Babylone et au reste de la planète… pour une sombre et sempiternelle histoire de business.
Vos textes semblent de plus en plus "engagés" ou pour le moins à vif ?
Pas spécialement plus qu'hier mais peut-être que les choses qui nous effraient et/ou nous révoltent sont davantage mises en évidence aujourd'hui, d'où la nécessité de gueuler encore plus fort.
En demandant expressément à certains : "apprenez à votre chien à ne pas mordre…"
Exactement et surtout si ce chien est un pit-bush…
Image pour image, vous parlez aussi de ceux qui "construisent les rapports humains sur la peur."
C'est un hymne à la testostérone ! dans lequel pourront se reconnaître toutes les personnes qui abusent de leur pouvoir, physique ou autre.
Crois-tu que vos paroles puissent avoir une quelconque portée ?
Je crois que la majorité de celles et ceux qui écoutent du punk rock déchiffre également l'état d'esprit qui va avec, c'est aussi une histoire d'environnement et d'adéquation entre pensée et mode de vie qui nous tient particulièrement à cœur; j'ai en revanche quelques doutes concernant le public "néo-metal" qui semble se rassasier de boys bands à grosses guitares en cuir-paillettes, mais c'est justement une autre histoire.
Comment apprécies-tu l'évolution des structures en France depuis que le groupe a démarré en '88 ?
De notre point de vue de campagnards isolés du reste du monde… je n'ai pas eu l'impression que les choses aient vraiment changées. Si l'arrivée des cafés-concerts puis des SMAC - ndlr : Scène des Musiques Actuelles, appellation du Ministère de la Culture labellisant certaines salles de concerts - a souvent permis aux groupes de jouer dans de meilleures conditions techniques; en ce qui concerne la motivation des organisateurs, c'est toujours un peu la roulette russe, entre certaines associations dans le vent niveau feeling et d'autres à la limite de la fonctionnarisation. Il semble en revanche que beaucoup de gens se sentent à nouveau concernés aujourd'hui par la défense d'une vraie culture alternative, mais je ne sais si dans ce cadre, la réaction épidermique est due au renouveau du rock ou au retour de la droite au pouvoir... ? Il n'empêche qu'à Orléans par exemple, la scène est actuellement très active et les structures non institutionnelles refleurissent.
Une ville qui vit une expérience pilote en matière de politique sécuritaire…
Une ville où les gyrophares doivent obligatoirement tourner en permanence ! Ainsi les flics sont en perpétuelle démonstration quand bien même il n'y a jamais eu plus de merdier qu'ailleurs dans les banlieues à Orléans, ni même de faits divers scabreux en pagaille… Alors il y a effectivement des képis de partout, qui interdissent désormais aux prostituées de travailler sur les quais de la Loire; ces dernières se retrouvent donc 500 mètres plus loin, à l'abri des regards et du centre ville. Une manière de dire que le problème n'est pas réglé mais qu'il est juste déplacé. Quant aux crimes et aux délits, il n'y a pas eu de hausse ou de baisse spectaculaire; ce qui est certain c'est que la police et la préfecture communiquent nettement plus dans les médias locaux. "Monde de merde !" comme disait Georges Abitbol (ndlr : dans ce "flim sur le cyclimse" qu'est La Classe américaine).
Pour en revenir à des notes plus joyeuses, cet album marque un retour aux racines de Burning Heads avec une recherche mélodique éloquente ?
C'est la critique qui le dira… mais nous avons effectivement essayé de jouer à fond la carte des guitares sans rajouts ni machines… Des machines qui nous servent surtout pour les expériences à venir en parallèle au groupe.
Peux-tu nous parler de la légende du concert (amplifié) le plus haut d'Europe ?
Ce n'est pas une légende : nous avons vraiment joué au sommet du glacier des Deux-Alpes à 3400 mètres d'altitude ! Un concert à midi avec un soleil de plomb alors que la veille au soir, nous étions en Vendée… et qu'il a fallu dès 7h du mat', monter le matos tout en haut, tels des ouvriers égyptiens à l'assaut d'une pyramide ! La scène était de glace, le groupe électrogène… et ce fut un moment fabuleux; à 13h elle fondait, et nous sommes vite redescendus…
Redescendus dans la vallée pour jouer les abominables punks des neiges.

Laurent Zine