JANVIER
N°67
Albert Agostino
Laurent Vercelletto
Denis Plassard
Abou Lagraa
Nième Compagnie
Les Sans-papiers
Noam Chomsky
FEVRIER
N°68
Edward Bunker
La Tribu Hérisson
Richard Brunel
Sylvie Lindeperg
MARS
N°69
Arno
The Strokes
Femi Kuti
Goran Bregovic
Dominique A
Michel Del Castillo
Compagnie Käfig
Yorgos Loukos
Les Trois-huit
Philippe Mangenot
Noam Chomsky
Olivier Cadiot
AVRIL
N°70
Patrick Eudeline
Charlie Haden & Dave Holland
Dominique Lardenois
MAI
N°71
Tarmac
High Tone
Le Tigre
Christian Bourigault
The Jon Spencer
Blues Explosion
JUIN
N°72/73
Bruno Meillier
Sonic Youth
Le Peuple de l'Herbe
Lo'Jo
Lionel Hoche
Jo Lansley & Helen Bendon
SEPTEMBRE
N°74
Pierre Astier
Guy Darmet
Party A Ground Zero
Sayag Jazz Machine
OCTOBRE
N°75
Alexandre Varlet
Red
Little Bob
André Julliard
Will Self
NOVEMBRE
N°76
Anne-Marie Pascoli
The Jon Spencer Blues Explosion
DECEMBRE
N°77
Costes
CNAC
Charles Picq
Général Alcazar |
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The
Jon Spencer Blues Explosion
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Après
lExit en '94 et le C.C.O en '96, Jon Spencer revient à
Lyon quasiment en superstar du rock & roll, échappée
d'une Amérique plus texane que jamais (pas glups !). La bête
de scène est attendue pour faire vaciller le Transbo dans l'extase
le 12 novembre prochain; un concert selon toute vraisemblance à
tomber sur les genoux (glups !).
Bourges 2002 : le trio new-yorkais ouvre pour les "pseudo-grunge(s)"
de Garbage dans un poulailler en forme de chapiteau (6 000 gâches
sous une bâche, censée préserver de tout sauf
de la douche froide) et renvoie l'auditoire aux B.A. BA de la turbo
musique en version punk & roll & blues déjanté
Au sein de l'assistance, on en vient rapidement à craindre
le pire pour une armada de "bab-loches" à deux doigts
de la syncope anachronique. Si l'ambition du festival s'accommode
plutôt facilement de l'animation in situ des bacs à sable;
Jon Spencer Blues Explosion n'en a visiblement que faire et crucifie
sauvagement "jésus l'élektro" avec des riffs
de cow-boy irradié, dans un hangar pourtant totalement inadéquat
au niveau de l'acoustique et donc de la sonorisation. Côté
"beau monde" plus occupé par les apparats que les
dernières nouvelles du front des guitares, on déguste
de mauvaises bières en discutant du dernier album des Strokes,
de bien gentils garçons en définitive.
Le printemps balbutiant, on était néanmoins en droit
de s'interroger sur l'état de fraîcheur du Spencer band
après quelques escapades discographiques plus ou moins réussies
(Acme, Acme-plus), sans parler de l'hiver de cendres à la pointe
de Manhattan, au bas mot déconcertant, même pour les
plus fondus de la blues explosion. Sauf que le front man du combo
a justement pour patronyme Jon Spencer
Et après l'avoir
vu gesticuler comme un pantin désarticulé, trépigner
comme un iench devant un bol de croquettes, faire valdinguer son pied
de micro à la manière d'un Lux Interior (I'm cramped
définitivement), tenter le grand écart comme une bête
de cirque, suer comme viking en Andalousie, beugler comme un troupeau
devant un loup enragé, taquiner sa six cordes comme le diable
en personne
nul ne peut encore douter aujourd'hui que le chanteur
guitariste - bien épaulé en la matière par l'intrépide
et impassible second couteau Judah Bauer - serait du genre à
se préserver lorsqu'il monte sur une scène
Rouflaquettes
au vent dans toute la splendeur du rocker à papa, l'homme est
sur les planches comme un dauphin dans les vagues, tant qu'il lui
reste un soupçon d'énergie à revendre et à
emballer dans son costard en jean-cuir trois pièces. Et les
deux autres larrons qui l'accompagnent sont pas du genre à
traîner en queue de peloton; Russell Simins assurant même
le show du martèlement sourdingue sur sa batterie minimaliste.
Ainsi dopé à un je-ne-sais-quoi, le trio n'a pas hésité
à matraquer devant un parterre de néophytes quelques
anciennes chansons à la sauce pimentée (principalement
extraites du monumental LP Orange), savamment mixées avec les
titres de son dernier album (Plastic Fang chez Labels) qui scelle
définitivement leur retour aux sources du "croon' &
roll". Un concert alchimique de plus, avec la puissance de vrais
jeunes premiers débarqués de la planète Big Apple
pour terroriser le monde, grâce à une avalanche de riffs,
de décibels et de hurlements. Résultat des courses,
Bruno P himself devenu incontrôlé et incontrôlable
face au vrombissement des tubes; des tubes à "hululer-ler"
jusqu'à la fin de la nuit berrichonne
Vraiment le genre
de set live comme on n'en voit plus souvent et que nos oreilles auront
du mal à oublier (surtout au niveau des médiums). Comme
les précédents du reste ! et plus particulièrement
lorsque la bête avait terrassé de surprise dans une orgie
extra sonique, le public de la clandestine salle des pentes X Rousse,
L'Exit. Scotchés au mur du son, on s'était retrouvé,
frémissant comme des vieilles apeurées et/ou des gardons
d'eau douce. Et puisque le concert suivant au C.C.O avec RL Burnside
nous avait pratiquement mis dans le même état, on se
dit qu'il n'est finalement pas si difficile de faire du rock &
roll aujourd'hui; du rock sale, rouillé, énervé,
psycho punk parfois et surtout largement héritier des vieux
bluesmen américains qui ont conçu l'explosion bien avant
l'heure. & it's a long way to the top if you wanna rock &
roll
Depuis, il nous semble totalement inepte d'imaginer manquer
un gig de la blues explosion quand bien même Jon Spencer serait
en privé, un loustic parfois quasi insupportable, voire radical
hystérique
"Personnellement, j'ai toujours été
très en colère. Je ne pense pas avoir changé
depuis, seulement en être un peu plus conscient au point de
pouvoir écrire sur le sujet. J'ai toujours fonctionné
sur la colère" (Rock & Folk, avril 2002).
Le côté immodéré du personnage sied parfaitement
tant à la bête de scène, qu'au beau gosse ténébreux
paré pour déchirer sa chemise en lambeaux. Place donc
au déraillement des guitares jusqu'à ce que blues explosion
s'en suive.
Et quand le "train-train" déraille, c'est peut-être
que "tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes"
??
Laurent
Zine
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