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Finalement
nous y étions au festival de (bouh !) Bourges avec le diablotin
qui hulule habituellement dans son fauteuil de rédacchef,
livrés à nous-mêmes vers les confins berrichons
de la France
profonde, coincés entre les champs de maïs et les stands
de gaufres; nous y étions et spécialement pour revoir
la bête
quelques années après son
passage hémorragique à Villeurbanne (un concert Pez
Ner au C.C.O), souvenir tenace dune ultime razzia sur les
décibel(le)s.
Et puis la bête fut lâchée ! et tout le reste nest
que littérature comme disait monsieur V. Pourtant au départ
cétait pas gagné niveau environnemental : le public
venait principalement pour voir ces mollassons de Garbage et dans
le hangar à moutons qui servait de salle (un chapiteau pour
6000 âmes perdues), il était quasi impossible (parole
de sonoman recueillie en situation) de faire correctement du son et
je ne parle pas des lights
Quimporte, Jon Spencer est arrivé, sans se presser, sur
son grand cheval
de bataille, la guitare en bandoulière,
les rouflaquettes au vent et fatalement, la rage au ventre. Je parle
de celle qui caractérisait, en des temps pas si lointains,
le rock & roll, tout simplement. Bientôt entre nos oreilles,
la blues explosion, au 1er degré et jusquà la
dernière note. Dans son élément, le Jon sen
est alors donné à cur joie, en vrai dingo de planches,
à faire tournoyer son pied de micro, à jouer au crooner,
à se rouler dans ses flaques de sueur, à déchirer
sa 6 cordes, à tenter des grands écarts et à
hurler à la pleine lune
la bête de scène
par excellence.
Et si, en guise de chronique, je me suis appesanti dans lextase
sur ce concert qui nous a scotchés comme les précédents,
cest aussi parce que lénergie live du trio new-yorkais,
on la retrouve sans limage au fil des 12 titres de ce nouvel
album, brut de rock & roll, psychopunkabilly et de blues explosion
! !
Toutes les influences musicales du groupe suspendues aux riffs des
guitares, à fleur de peau des tomes et au timbre sublime de
la voix de la bête
La fièvre du retour aux sources
She said, et je ne vois pas bien ce que je pourrais ajouter tant ce
que she said est irrésistible.
Laurent
Zine
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