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2002

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Noam Chomsky
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AVRIL N°70
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MAI N°71
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JUIN N°72/73
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SEPTEMBRE N°74
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OCTOBRE N°75
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NOVEMBRE N°76
Anne-Marie Pascoli
The Jon Spencer Blues Explosion

DECEMBRE N°77
Costes
CNAC
Charles Picq
Général Alcazar

  NOVEMBRE N°76  


Lionel Palun©

 

Anne-Marie Pascoli
Et Après ! ?

Chorégraphe et danseuse, Anne-Marie Pascoli nous présente sa création Et après ! ?, inspirée du travail de Samuel Beckett, Bram Van Velde et Buster Keaton. Mais la danse est ici bien au-delà des simples références. Elle soutient une réflexion d'artiste, d'une chorégraphe, sur le sens et la naissance d'un mouvement, comme elle accompagne la recherche d'un peintre, d'un écrivain et d'un comédien, sans savoir si le mot pause existe vraiment.

Ce spectacle est inspiré du travail de Samuel Beckett, Bram Van Velde et Buster Keaton, qu'est-ce qui vous lie à ces 3 artistes ?
Depuis des années, ces trois artistes bouleversent ma vie; Beckett par sa profondeur tourmentée, son regard angoissé sur l'existence, Bram Van Velde parce qu'il me donne des chocs picturaux infinis et d'une grande puissance et Keaton par ce mélange constant de tristesse et de pulsion de vie. En les aimant chacun, en découvrant leurs œuvres, je me suis également rendue compte qu'ils se connaissaient, qu'il y avait un lien entre eux. Beckett était l'ami de Bran Van Velde et admirait son travail, Beckett est allé chercher Keaton alors qu'il était sur sa fin, pour le faire jouer une dernière fois dans un film appelé Film. Et implicitement, ce qui me lie à eux, c'est ce qu'ils avaient en commun, leur élan de vie en contradiction constante avec l'élan de mort, la lucidité implacable qu'ils avaient sur la vie, sur les êtres humains et leurs comportements. Je me sens appartenir à cette famille de gens, avec ce regard double et radical, tant dans ma vie que dans ma démarche artistique.
Qu'est-ce que vous avez pris de fondamental, chez chacun, pour construire votre spectacle ?
J'ai pris du tangible, par exemple chez Beckett, il y a des phrases, des mots récurrents, que j'ai retrouvés au moins dans une dizaine d'œuvres et je me suis demandée quel sens cela avait d'une œuvre à l'autre et dans sa recherche de l'écriture ? Chez Bram Van Velde, qui a énormément travaillé la couleur, c'est la scénographie qui ressort. On a pris des toiles, on a gardé les négatifs, de ces négatifs on a gardé les reliefs qui s'impriment, comme des empreintes un peu grises, sur des panneaux suspendus. De keaton, j'ai gardé le travail avec les chutes, des poursuites en duos, la notion de ratage avec une gestuelle qui se casse souvent la figure...
Et vous avez ajouté une contrainte supplémentaire, sur une partie du spectacle, qui est l'absence de bras pour les danseurs ?
En fait, je travaille souvent avec une contrainte physique, cela m'ouvre des espaces d'inventions gestuelles nouveaux. Un danseur a très vite des habitudes pour danser et ce qui m'intéresse c'est de créer des situations nouvelles pour bouleverser ses habitudes, de comprendre comment le corps danse en relation à l'autre. Quand le bras est là, on se rend compte que son prolongement est la main et que tout cela est par exemple, le prolongement du cœur, qui lui est le moyen de s'exprimer, d'exacerber les moyens de dire. Sans bras et "sans cœur", il faut inventer d'autres moyens pour affirmer les désirs.. Et là, je reviens à Beckett qui se demande comment arriver à dire ce qu'il est impossible de dire, à Bram Van Velde qui se demande comment arriver à peindre ce qu'il est difficile de peindre... De tout cela naît une gestuelle particulière, il a fallu trouver une fluidité autre, une manière de bouger différente. Lorsqu'un danseur chute et qu'il n'a plus de bras, c'est la tête qui le fait se lever, c'est la tête qui dégage une énergie folle et c'est extraordinaire de voir ce corps, cette danse à l'état larvaire s'envoler grâce à la tête, je trouve la symbolique très forte. Dans la deuxième partie, les danseurs retrouvent l'usage de leurs bras, mais ça n'est ni plus facile de danser, ni libérateur...
La scénographie donne aussi tout son sens au spectacle ?
Oui. Sur la scène, il y a quatre panneaux qui dessinent un espace large. Il y a quatre interprètes dont un comédien. Au départ, c'est l'indifférence, comme si ces quatre corps ne faisaient qu'un seul corps… La mobilité des panneaux va faire que l'espace, le champ visuel, la construction même de la pièce rétrécissent. De quatre danseurs, on passe à trois, puis deux, puis un... à la fin on est dans l'intime, le solo... Et après ! ?
Vous êtes basée à Grenoble, avec aussi des résidences dans d'autres villes, et vous êtes à l'origine de CitéDanse, un lieu qui prend son importance ?
J'ai créé CitéDanse avec d'autres chorégraphes, il y a trois ans parce que nous voulions sur Grenoble un vrai lieu de création, de formation, de sensibilisation du public, qui mélange les disciplines artistiques. Nous voulions qu'il fonctionne en tenant compte du désir des artistes mais aussi de celui du public. Nous sommes quatre chorégraphes associés et nous faisons en sorte que tous les arts se croisent, pour arriver à décloisonner les publics. Nous organisons ainsi des soirées danse/musique, danse/littérature… de façon à provoquer des questionnements artistiques dans les deux sens, du public à l'artiste et inversement. La formation y a bien sûr sa place et des travaux de recherche également. La salle est petite, les moyens encore discrets mais nous faisons salle comble à chaque soirée, ce qui commence sérieusement à poser problème, tant il est vrai qu'à Grenoble le public est preneur de ce genre d'échanges.
Vous présentez votre spectacle dans le cadre d'une résidence au Théâtre de Vénissieux et qui donnera lieu à une autre programmation en 2003, qu'est-ce que signifie cette résidence pour vous ?
En fait, j'avais déjà travaillé avec le Théâtre de Vénissieux et une connaissance mutuelle existait. Gisèle Godard, qui est quelqu'un de fidèle avait fait confiance à Denis Plassard, tout naturellement en se rencontrant, nous savions qu'une autre rencontre était possible. Cette résidence est un formidable moyen de montrer une bonne partie de mes créations, de les retravailler, d'en montrer la cohérence et leur évolution. Ici, il s'agit de présenter deux des trois dernières créations de la compagnie. Après ! ?, en novembre et La Stratégie de la taupe en février, avec un spectacle où la contrainte est cette fois-ci d'empêcher les danseurs de voir
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Martine Pullara