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2002

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DECEMBRE N°77
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  OCTOBRE N°75  



 

Little Bob
& la story en quelques lignes

Peu de musiciens français peuvent se gargariser d'être un pionnier en matière de rock. Petit Bob fait partie de ceux-là. Pourtant, en toute simplicité, l'homme dévoile son histoire, raconte avec son propre enthousiasme les tournées des mid 70's en Angleterre devant un parterre de futur Clash, Generation X, Sex Pistols, Pretenders et autres consorts. Bob lui n'est ni nostalgique ni aigri par le temps; il poursuit sa quête du Saint Graal à son rythme et au gré de ses humeurs. Il avoue avoir fait du chemin depuis Les Apaches -première formation des 60's avec laquelle il jouera au Golf Drouot- mais "Grand Petit Homme" considère l'histoire comme un fait et fourmille de projets pour l'avenir.

Qu'est-ce qui t'a le plus manqué lorsque tu es venu habiter en France en 1958 ?
La première chose, un truc con, c'est le soleil. Je suis originaire d'Alessandria, une petite ville de 100 000 habitants, un gros centre ferroviaire entre Gêne, Turin et Milan. C'est le début du Piémont. L'esprit est un peu province, genre avoir toujours des belles fringues pour Pâques par exemple. En Italie au printemps il fait déjà beau et avec les copains on jouait au foot sur la place. Quand je suis arrivé au Havre, j'ai chopé le blues tout de suite. Les pavés mouillés, le ciel gris et en plus il a neigé quelques jours après.
Comment s'est formé Little Bob Story et pourquoi avoir choisi ce nom ?
Les choses ont découlé les unes des autres. Quand j'ai démarré tout jeune presque en culottes courtes, avec mon premier groupe : Les Apaches, c'est parce que j'entendais de la musique soit dans le juke-box, soit à la télévision. De fil en aiguille c'est devenue LBS après pas mal de temps. Pour les musiciens, je les connaissais déjà parce qu'ils jouaient tous dans d'autres formations et un jour un de mes amis m'a dit que j'avais une longue histoire dans la musique, d'où La Strory.
Un mot sur le premier album High Time qui reste un très bon disque même s'il est teinté 70's.
L'album est sorti en mai 1976 pour mon anniversaire. Nous l'avons enregistré live dans un studio du sud de la France. Il est produit par l'ingénieur du son et le groupe. A l'époque on a mis dedans tout ce que l'on savait faire. J'aime bien le son brut, presque punk, et puis la photo de la pochette représente une vue de nuit des industries du Havre, notre ville.
Premier album live en 1979; pourquoi ce disque et que représente-t-il pour toi maintenant ?
Ce disque est un peu charnière dans la carrière de La Story. C'est la fin d'une époque. Guy George (le guitariste) était mal en point et il fallait qu'il fasse une pause. Nous avons enregistré trois soirs de suite au Greyhound Cafe et au Music Machine de Londres pour en tirer les neuf titres de l'album. Un soir l'un des musiciens avait un peu trop forcé sur le Jack Daniels, donc certaines notes de morceaux que je voulais voir figurer sur le disque étaient fausses. Même si je n'aime pas faire ça, nous avons dû rejouer quelques parties. Il est dommage que RCA n'ait pas souhaité le ressortir en compact à l'époque où ils ont réédité Come see me et Light of my town.
Pourquoi avoir entamé une carrière solo à partir de 1989 ?
C'est simple, je pense que nous étions arrivés à la fin de La Story. Le groupe changeait tout le temps et je souhaitais pouvoir mieux diriger ma carrière, être un peu plus libre de mes envies.
Après avoir un peu parlé du passé, quels sont tes projets pour l'avenir ?
Pour l'avenir proche c'est la tournée de Libero mon nouvel album. On fait trente-cinq dates en France et j'aimerais bien retourner jouer en Angleterre aussi. J'ai envie d'enregistrer un nouveau disque live, ce sera peut-être en acoustique parce que tout le monde me le demande.

F. Pogo