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En
résidence depuis cinq ans à l'Esplanade de Saint-Etienne,
formé à la danse classique, danseur chez kilian puis
chez Larrieu, Lionel Hoche a un parcours étonnant de danseur
mais aussi de chorégraphe invité par de nombreuses compagnies
internationales dont, la Batsheva Dance Company et le Nederlands Dans
Theater. Le public lyonnais va le découvrir avec Verska, à
l'Opéra de Lyon. Mais comment se fait-il quon ne l'ait
pas vu plus souvent dans notre ville ? Sa gestuelle est vive, relâchée,
inattendue, son écriture chorégraphique est originale,
portée par le plaisir de la lecture et de la construction...
Il faut courir le voir pour l'aimer et surtout avant qu'il ne quitte
la région !
A Lyon, capitale de la danse, on vous connaît peu et pourtant
vous avez un parcours extraordinaire, à la fois de danseur
et de chorégraphe, mais aussi parce que vous êtes passé
d'une formation très classique à une autre très
contemporaine.
Oui, c'est exact. A la base, mon parcours est très classique,
très académique puisque j'ai fait l'école de
danse de l'Opéra de Paris. Par la suite, je suis rentré
dans une danse plus libre en allant travailler chez Jiri kilian, au
Nederlands Dans Theater, pendant six ans comme interprète et
comme chorégraphe invité un peu plus tard. En 1989,
j'ai eu très envie de retourner en France, notamment à
Paris, alors je suis venu danser chez Daniel Larrieu et c'est aussi
à partir de cette période que j'ai commencé à
faire des chorégraphies pour de nombreuses compagnies internationales,
au total cela doit faire une trentaine de pièces pour vingt
compagnies avec par exemple, le Zurich Ballet, la Compagnie Nationale
de Madrid, le Ballet National de Finlande, le Ballet de l'Opéra
de Rome. Devant toutes ces propositions et aussi parce que je souhaitais
plus chorégraphier que danser, j'ai laissé un peu de
côté mon travail d'interprète. Le travail de chorégraphe
me plaît énormément car il me permet d'approfondir,
de découvrir une dimension plus créative. Les possibilités
sont plus importantes que lorsque lon est uniquement interprète,
et puis on est vraiment à la base d'un projet, on est plus
riche, plus investi, on porte une énergie, on provoque des
rencontres. Aujourd'hui, avec ma compagnie, je retrouve le plaisir
de danser même si je consacre la plupart de mon énergie
à chorégraphier.
Est-ce que l'on peut définir votre travail ?
Mon travail est contemporain, avec une éducation très
classique et il est évident que cela a certainement influencé
mon physique, ma technique, un certain nombre de choses que je ne
renie pas d'ailleurs, mais maintenant je préfère danser
avec des danseurs de formation contemporaine. Ma danse est certainement
influencée par la "release technic", mais je n'ai
pas fait le choix de rester sur une seule technique, je ne veux pas
m'enfermer dans un style, une lignée. Je pense que l'on peut
très bien assumer à la fois, le classique, Graham, Cunningham,
la release technic, la danse contact, je suis persuadé qu'à
certains moments toutes ces techniques peuvent se croiser. Au niveau
de mon travail d'écriture, du vocabulaire et de la proposition,
il y a une évolution, il y a des choses que l'on retrouve d'une
pièce à l'autre, avec une dimension poétique
et humaine qui reste très présente même si très
souvent mes pièces sont assez abstraites. Le travail est relativement
écrit, je considère qu'une fois qu'elle est dépassée
et maîtrisée, la technique peut avoir une dimension qui
va au-delà de ce que l'on voit d'elle dans un premier temps,
pour devenir plus proche de l'individu, d'un questionnement, du sens..
Vous présentez Verska, votre dernière création,
à l'Opéra de Lyon dans le cadre de Service à
tous les étages, c'est une pièce différente des
précédentes ?
C'est une pièce un peu plus légère que les précédentes,
d'un format plus court avec sept danseurs et une musique électronique
du groupe Bosco. J'ai simplement voulu essayer de parler de la relation
en général, des rencontres possibles, des chemins qui
se croisent de façon aléatoire, de façon accidentelle
ou au contraire de façon très impliquée, sans
traiter cela de manière théâtrale ou émotionnelle,
mais dans une forme relativement abstraite, géométrique
voire presque architecturale. J'ai voulu suggérer tous ces
chemins, construits avec sept danseurs, sept personnes en regardant
la manière dont elles peuvent se heurter, se fondre, se croiser,
s'oublier, j'ai voulu suggérer une espèce de tourbillon
humain, de montrer comment ces trajets peuvent rebondir les uns par
rapport aux autres. Les rencontres sont traitées dans le mouvement
mais elles sont quand même à dimension humaine, avec
toute sorte de composition, de recomposition, de décomposition,
c'est pour moi la mise en abîme d'une matière chorégraphique...
Martine
Pullara
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