ARCHIVES
2002

JANVIER N°67
Albert Agostino
Laurent Vercelletto
Denis Plassard
Abou Lagraa
Nième Compagnie
Les Sans-papiers
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FEVRIER N°68
Edward Bunker
La Tribu Hérisson
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MARS N°69
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Les Trois-huit
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Noam Chomsky
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AVRIL N°70
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MAI N°71
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High Tone
Le Tigre
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The Jon Spencer
Blues Explosion

JUIN N°72/73
Bruno Meillier
Sonic Youth
Le Peuple de l'Herbe
Lo'Jo
Lionel Hoche
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SEPTEMBRE N°74
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OCTOBRE N°75
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NOVEMBRE N°76
Anne-Marie Pascoli
The Jon Spencer Blues Explosion

DECEMBRE N°77
Costes
CNAC
Charles Picq
Général Alcazar

  JUIN N°72/73  



 

Lionel Hoche
“Service à tous les étages”

En résidence depuis cinq ans à l'Esplanade de Saint-Etienne, formé à la danse classique, danseur chez kilian puis chez Larrieu, Lionel Hoche a un parcours étonnant de danseur mais aussi de chorégraphe invité par de nombreuses compagnies internationales dont, la Batsheva Dance Company et le Nederlands Dans Theater. Le public lyonnais va le découvrir avec Verska, à l'Opéra de Lyon. Mais comment se fait-il qu’on ne l'ait pas vu plus souvent dans notre ville ? Sa gestuelle est vive, relâchée, inattendue, son écriture chorégraphique est originale, portée par le plaisir de la lecture et de la construction... Il faut courir le voir pour l'aimer et surtout avant qu'il ne quitte la région !

A Lyon, capitale de la danse, on vous connaît peu et pourtant vous avez un parcours extraordinaire, à la fois de danseur et de chorégraphe, mais aussi parce que vous êtes passé d'une formation très classique à une autre très contemporaine.

Oui, c'est exact. A la base, mon parcours est très classique, très académique puisque j'ai fait l'école de danse de l'Opéra de Paris. Par la suite, je suis rentré dans une danse plus libre en allant travailler chez Jiri kilian, au Nederlands Dans Theater, pendant six ans comme interprète et comme chorégraphe invité un peu plus tard. En 1989, j'ai eu très envie de retourner en France, notamment à Paris, alors je suis venu danser chez Daniel Larrieu et c'est aussi à partir de cette période que j'ai commencé à faire des chorégraphies pour de nombreuses compagnies internationales, au total cela doit faire une trentaine de pièces pour vingt compagnies avec par exemple, le Zurich Ballet, la Compagnie Nationale de Madrid, le Ballet National de Finlande, le Ballet de l'Opéra de Rome. Devant toutes ces propositions et aussi parce que je souhaitais plus chorégraphier que danser, j'ai laissé un peu de côté mon travail d'interprète. Le travail de chorégraphe me plaît énormément car il me permet d'approfondir, de découvrir une dimension plus créative. Les possibilités sont plus importantes que lorsque l’on est uniquement interprète, et puis on est vraiment à la base d'un projet, on est plus riche, plus investi, on porte une énergie, on provoque des rencontres. Aujourd'hui, avec ma compagnie, je retrouve le plaisir de danser même si je consacre la plupart de mon énergie à chorégraphier.
Est-ce que l'on peut définir votre travail ?
Mon travail est contemporain, avec une éducation très classique et il est évident que cela a certainement influencé mon physique, ma technique, un certain nombre de choses que je ne renie pas d'ailleurs, mais maintenant je préfère danser avec des danseurs de formation contemporaine. Ma danse est certainement influencée par la "release technic", mais je n'ai pas fait le choix de rester sur une seule technique, je ne veux pas m'enfermer dans un style, une lignée. Je pense que l'on peut très bien assumer à la fois, le classique, Graham, Cunningham, la release technic, la danse contact, je suis persuadé qu'à certains moments toutes ces techniques peuvent se croiser. Au niveau de mon travail d'écriture, du vocabulaire et de la proposition, il y a une évolution, il y a des choses que l'on retrouve d'une pièce à l'autre, avec une dimension poétique et humaine qui reste très présente même si très souvent mes pièces sont assez abstraites. Le travail est relativement écrit, je considère qu'une fois qu'elle est dépassée et maîtrisée, la technique peut avoir une dimension qui va au-delà de ce que l'on voit d'elle dans un premier temps, pour devenir plus proche de l'individu, d'un questionnement, du sens..
Vous présentez Verska, votre dernière création, à l'Opéra de Lyon dans le cadre de Service à tous les étages, c'est une pièce différente des précédentes ?
C'est une pièce un peu plus légère que les précédentes, d'un format plus court avec sept danseurs et une musique électronique du groupe Bosco. J'ai simplement voulu essayer de parler de la relation en général, des rencontres possibles, des chemins qui se croisent de façon aléatoire, de façon accidentelle ou au contraire de façon très impliquée, sans traiter cela de manière théâtrale ou émotionnelle, mais dans une forme relativement abstraite, géométrique voire presque architecturale. J'ai voulu suggérer tous ces chemins, construits avec sept danseurs, sept personnes en regardant la manière dont elles peuvent se heurter, se fondre, se croiser, s'oublier, j'ai voulu suggérer une espèce de tourbillon humain, de montrer comment ces trajets peuvent rebondir les uns par rapport aux autres. Les rencontres sont traitées dans le mouvement mais elles sont quand même à dimension humaine, avec toute sorte de com
position, de recomposition, de décomposition, c'est pour moi la mise en abîme d'une matière chorégraphique...

Martine Pullara