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Attrapé
entre deux dates, quelque part sur une route de France, Dominique A
livre quelques-uns uns des secrets de fabrique de son dernier album,
Auguri. 14 titres mélodiques et fluides, entre chanson et parler,
marqués du sceau du Nantais. Le revoilà toujours fidèle
à lui-même. Sans concession, franc-tireur et tellement
serein.
De quoi parle Auguri ?
Sur Remué j'avais vraiment besoin d'évoquer la paternité,
les villes de province, la vie des gens, leur comportement
Avec
Auguri, je n'avais pas vraiment d'ambition si ce n'est de parler un
peu de sexe, de considérer les relations physiques sous un certain
angle. Telles Pour la peau, Le Commerce de l'eau ou la reprise des Polyphonic
Size (Je t'ai toujours aimée)
Je voulais être le
plus clair possible sans discours ni métaphores pourries à
la Bashung et Murat, éviter aussi un langage cru qui convient
plus à un Miossec. C'est un peu le seul sujet imposé.
Je parle aussi d'amour, de souvenirs d'enfance
mais toujours sur
le registre des relations.
La musique comme psychothérapie ?
Ce n'est pas nouveau ! Du moment qu'on se plante devant des gens avec
un micro et qu'on chante des trucs perso ! Comme cela ne m'excite pas
"des masses" de penser que j'étale mes petites misères,
je fais en sorte de ne pas être autobiographique dans mes textes.
Mais effectivement, cela me fait du bien. Surtout dans l'énergie
qui se dégage de l'ensemble. Ce que je dis n'a pas tant d'importance
pour moi.
Alors, un Dominique A mieux dans ses baskets ?
Je pense que c'était déjà le cas à l'époque
du précédent, mais j'étais dans un autre état
d'esprit. On va dire peut-être moins fréquentable ! J'étais
alors dans la peau du chanteur pop tout en refusant ce rôle-là.
En tout cas, je me sens un peu plus réconcilié avec mon
métier tel qu'on le pratique dans notre pays. Je suis peut-être
plus en accord avec ce que les gens peuvent entendre sur le disque.
C'est vrai que, musicalement, et dans ma façon de chanter, Auguri
est plus accessible. Alternant chansons au format pop très classique,
puis d'autres plus sombres (Evacuez, Où conduit l'escalier ?).
Peut-être cet album fait-il la jonction ?
Tu as cette fois-ci travaillé avec un producteur ?
Je voulais n'être que le chanteur-guitariste dans l'histoire.
Je souhaitais me laisser porter par le cours des événements.
Ne travailler que sur la musique. Même si ce que j'entendais et
la façon de produire me laissaient parfois un peu sur la défensive
!
Le choix de John Parish ?
J'avais pensé à lui; il connaissait les disques de Françoiz
(Breut). Ensuite, la rencontre a été facile. Je suis arrivé
en studio avec mes chansons guitare/voix; Sacha (le batteur) et Parish
les ont découvertes. J'avais une trentaine de chansons, j'en
ai écartées certaines pour garder un équilibre.
Parish était très efficace et plein de bonnes idées
sur les morceaux qu'il appréciait. Les morceaux que je préfère
aujourd'hui sont peut-être ceux dont je n'attendais pas grand
chose !
Et tu repars sur scène ?
Avec un rock band de quatre personnes. J'ai déjà joué
avec eux : Sacha Toorop, Olivier Mellano et Gaëtan des Little Rabbits
(les deux ont joué avec Françoiz). J'ai toujours du plaisir
à tourner. J'y vais assez sereinement. Je pense que ce sont des
chansons qui vont bien passer sur scène. Mais tout dépendra
aussi de l'accueil du public ! A quatre, cela devrait donner quelque
chose d'assez solide.
Propos
recueillis par Anne Huguet
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