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Mimi
est un festival fort sympathique qui se veut nomade mais persiste,
et cest là son principal défaut, dans le sud de
la France. Pas loin de la mer et donc très près des
moustiques, infâmes bestioles qui après les orgies promises
ces dernières années à Arles se frottent frénétiquement
les ailes maintenant que Mimi a déménagé sur
les îles du Frioul. Traquenard absolu, aucune échappatoire
possible. Après une nuit blanche passée à la
belle sur lîle : pathétique combat perdu davance,
on débarque, vaguement honteux et très énervé
devant tant dinjustices (les hommes ne sont pas tous égaux
face aux moustiques
) pour la soirée électronique
du festival. Le 28 juillet dernier, la gueule refaite façon
Elephant Man, il sagit avant tout déviter le plus
possible toutes ces vieilles connaissances venues écouter Pan
Sonic. Tout ça pour dire que le concert nétait
pas gagné davance.
Monstrueux. Pas dautre mot, pas les moustiques mais bien Pan
Sonic. Dès les premiers sons, pas les premières notes,
car cest une musique faite dondes électriques brutes,
il ne faut pas y chercher une quelconque mélodie, juste des
rythmes, une pulsation, un entrelacement de vibrations. On sy
abandonne totalement, il ny a pas plus dansant et pourtant ça
na rien à voir avec la techno. Presque lessence
de la musique, ce mystère qui réveille à la fois
ce quil y a de plus primitif et de plus intellectuel en nous.
Irrésistible. Quelques bourrins en manque de hardcore voudraient
que ce soit plus fort. Erreur, la musique (on a envie de dire la théorie
du son : dailleurs idéalement illustré sur scène
par la projection dun oscilloscope) improvisée par Mika
Vainio et Ilpo Vaisanen na pas à être violente
ou douce, mais juste audible, pour le cerveau comme pour le ventre.
Aller aux concerts de Pan Sonic, tellement plus puissant que les disques
mais écouter quand même Vakio (96) Kuma (98) et Aaltopiiri
(00).
Après ça on a toujours un moment de doute : à
quoi bon tout le reste finalement ? Et puis comme à chaque
fois, on découvre lexact opposé, pile poil ce
quil fallait pour se remettre. Ce coup-ci cest Christian
Fennesz avec son dernier album chez Mego : Endless summer. Une merveille
de ritournelles, simples et jouées en boucles avec ces sonorités
inouïes, tellement parasitées quelles en deviennent
lumineuses. Le rayon qui traverse les branches est toujours plus touchant
quun soleil aveuglant. Titre en hommage aux Beach Boys, cest
peut-être bien cette musique que ferait Brian Wilson aujourdhui,
on y retrouve lambiance étrange, teintée de joie
triste qui planait sur Pet sound. Car Fennesz ancien guitariste, sait
bien quune bonne chanson est faite de trois accords et se débarrasse
de tous ces tics typiques de grateux qui polluaient encore son précédent
album : plus de démonstrations ici, plus cette virtuosité
obscène qui mine la musique électronique actuelle, après
avoir rendu la drum & bass aussi vide que le jazz-rock. Juste
un disque de pop music. Juste quelques mélodies à écouter,
encore et encore.
Vincent
Domeyne
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