JANVIER
N°56
Tiken Jah Fakoly
Eugène Chadbourne
Pierre Alain Jaffrenou
Mouche de là
Antigone
Josette Baëz
Guy Alloucherie
Stanislas Nordey
FEVRIER
N°57
Les Têtes Raides
Aurélia Picot
Compagnie Kâfig
At The Drive In
Françoiz Breut
Mouche de là
Pita, Peter Rehberg et Ritornell
MARS
N°58
Le Pez Ner
James Ellroy (1ère partie)
Anne Teresa De Keersmaeker
Jean-Luc Godard
Mouche de là
AVRIL
N°59
Expérience
Laure Adler
Blonde Redhead
Mouche de là
Nième Compagnie
MAI
N°60
Yan Tiersen
Mouche de là
Robert Ménard
James Ellroy (2ème partie)
Kat Onoma
JUIN
N°61/62
Mendelson
Nick Cave
Le droit des étrangers
Neil Young
SEPTEMBRE
N°63
Chronique Express
Galerie le Réverbère
Gwenaël Morin
Lia Rodrigues
Ohad Naharin
Babylone's Burning
Guy Walter
Pan Sonic, Christian Fennesz
OCTOBRE
N°64
Jean-Marc Durou
Meï Teï Shô
Catherine Delaunay, Bruno Tocanne
Dominique A
Jeff Wall
Doc en courts
Joe Strummer, Paul Weller
Brigitte Giraud
NOVEMBRE
N°65
Pierre Carles
David Lynch
Amin Zaoui
DECEMBRE
N°66
Dominique Boivin
Gwenaël Morin
Pierrick Sorin
Aleksandar Hemon, Rafael Torres
Japanese Independent Music
Colum McCann |
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Blonde
Redhead
New York en héritage
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Hit
me big head/Dance with my big face/Blonde RedHead/I got a snake in
my mind/And it's not my spine
quelques mots lâchés
au tout début des années 80 sur fond de guitare bruyante
et d'incohérence rythmique par Arto Lindsay et les mythiques
DNA. La no-wave new-yorkaise née de l'urgence punk et de la
fringale de bruit était déjà morte : des groupes
à profusion mais à l'existence éphémère,
de l'invention à chaque plage de microsillon, de l'underground
sans lendemain, une explosion musicale pour apparemment pas grand
chose. L'influence de ces groupes parmi lesquels on peut citer Mars,
Teenage Jesus, DNA et les Contorsions (les quatre figurant sur la
fameuse compilation No New York produite par Brian Eno en 1978) est
pourtant considérable. Depuis, Live Skull, les Swans et surtout
Sonic Youth sont passés par-là et plus personne ne s'étonne
de l'entrée du bruit et de la dissonance dans le vocabulaire
de la guitare rock. Finis -au moins pour un temps- les jolis soli
qui dégoulinent, place à l'envie de faire au moment
où on a envie de le faire sans s'empêtrer dans les leçons
de solfège. Aujourd'hui, alors que Sonic Youth a atteint la
consécration et cultive soigneusement (et parfois encore avec
talent) son image de groupe rock expérimental, que reste-t-il
de l'héritage no-wave ? A ma gauche, les extrémistes
de service : Melt Banana et leur furie hardcore, japonais comme il
se doit. Au milieu quelques hurluberlus décalés (US
Maple, Zulu As Kono ). A ma droite, la faction la plus pop avec 90
Day Men, Bisybackson, Unwound et finalement BLONDE REDHEAD...
Ils viennent tout droit de Big Apple et depuis leurs débuts
la formation du groupe n'a pas changé : les frères Pace
(Simone à la batterie et Amédéo à la guitare/voix)
ainsi que Kazu Makino elle aussi au chant et à la guitare.
Pas de place pour la basse chez Blonde Redhead, à l'exception
notoire du troisième album, enregistré avec l'aide de
Vern Rumsey d'Unwound, clôturant la première période
de la discographie du groupe : une série de disques où
plane l'ombre des grands frères Sonic Youth. On le leur a d'ailleurs
suffisamment reproché mais l'inverse est aussi vrai, Blonde
Redhead était montré comme l'exemple de ce qu'aurait
pu devenir Sonic Youth (notamment à l'époque de l'immonde
Washing machine). Il n'empêche que ces trois enregistrements
(étalés entre 1993 et 1997) recèlent quelques
perles mémorables comme le Pier Paolo sur Fake can be just
as good ou I still get rocks off sur La Mia vita violenta, et qu'ils
ont permis au groupe de s'affranchir de leurs aînés,
de s'affirmer et le résultat est des plus probants : In an
expression of the inexpressible, leur meilleur album à ce jour.
Blonde Redhead a su développer son côté pop et
la voix très aiguë et très émouvante de
Kazu Makino y est pour beaucoup : il suffit d'écouter In particular
sur Melody of certain damaged lemons, l'album le plus récent,
pour se convaincre de la juste évolution d'un groupe qui continue
à amplifier des guitares et à taper sur une batterie
tout en incluant de ci de là quelques lignes au synthétiseur.
Certes, rien de révolutionnaire ni de super novateur en soi
dans tout cela mais l'avenir est toujours devant eux.
Guillaume. |
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